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ENQUÊTE : La Suède arraisonne un pétrolier fantôme russe et expose le plus grand réseau de contrebande maritime du siècle
Crédit: Adobe Stock

Comment un pétrolier russe se déguise en navire comorien

Le système des pavillons de complaisance est aussi vieux que le commerce maritime. Des pays comme le Panama, le Liberia ou les Comores offrent leur immatriculation en échange de frais réduits et d’une supervision minimale. La Russie l’a compris immédiatement après l’imposition des sanctions occidentales. Il suffit de coller un pavillon des Comores sur un pétrolier russe. Sauf que dans le cas du Sea Owl I, même ce subterfuge n’a pas tenu. Les enquêteurs suédois ont rapidement déterminé que le pavillon comorien était probablement frauduleux.

Un navire sans pavillon légitime est, en droit maritime international, un navire apatride. Et un navire apatride peut être arraisonné par n’importe quel État côtier dans ses eaux territoriales. La Convention des Nations unies sur le droit de la mer autorise l’inspection de tout navire soupçonné de naviguer sans nationalité véritable. Le Sea Owl I est ainsi passé de pétrolier en transit à pièce à conviction en quelques heures. Et pourtant, combien d’autres navires identiques traversent ces mêmes eaux chaque jour sans être contrôlés ?

Il y a quelque chose de profondément révoltant dans cette mascarade maritime. Un pétrolier de 228 mètres qui prétend être comorien. C’est comme si un camion-citerne russe traversait la France avec une plaque d’immatriculation des Seychelles. Le grotesque de la situation ne diminue en rien sa dangerosité. Le fait que ce système fonctionne depuis des années démontre que la communauté internationale a choisi la complaisance face à la contrebande.

Le procureur suédois passe à l’action

Le procureur Adrien Combier-Hogg n’a pas perdu de temps. Il a ordonné le placement en détention du capitaine russe sur la base de soupçons probables d’utilisation de documents falsifiés et de violations graves du code maritime suédois. Les enquêteurs ont été chargés de fouiller le navire et de conduire des interrogatoires pour déterminer la navigabilité du bâtiment et son véritable propriétaire. Pas un simple contrôle de routine : une enquête criminelle pour violations de sanctions internationales.

Le ministre suédois de la Défense civile, Carl-Oskar Bohlin, a publiquement déclaré que le Sea Owl I était « soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe ». Cette déclaration transforme un incident maritime en acte politique. La Suède, membre de l’OTAN depuis 2024, ne se contente plus d’observer. Elle agit.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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