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ANALYSE : La Slovaquie capitule sur les sanctions russes, et personne ne devrait applaudir
Crédit: Adobe Stock

Qui est Alisher Ousmanov et pourquoi Fico le défend

Alisher Ousmanov, né en Ouzbékistan, naturalisé russe, fortune estimée à plusieurs milliards. L’UE l’a sanctionné en 2022 pour ses liens étroits avec Vladimir Poutine. Le dossier européen est explicite : Ousmanov est l’un des rares individus à qui le Kremlin a confié la gestion de flux financiers sensibles. En septembre 2025, le tribunal de l’UE a rejeté sa demande de retrait. La justice a confirmé ce que les renseignements savaient déjà : cet homme est un rouage du système Poutine. Il contrôle le quotidien Kommersant, dont la ligne éditoriale est devenue ouvertement pro-Kremlin.

Et pourtant, c’est cet homme que Robert Fico a choisi de défendre. Le 2 mars 2026, le président turc Recep Tayyip Erdogan a envoyé une lettre personnelle à Fico pour soutenir le retrait d’Ousmanov. L’Organisation des États turciquesTurquie, Azerbaïdjan, Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan — avait déjà fait pression dans le même sens. La demande de Fico n’était pas slovaque. Elle était le relais d’un réseau d’influence international dont les ramifications s’étendent d’Ankara à Tachkent, en passant par Moscou.


Quand un premier ministre européen relaie les demandes du président turc pour protéger un oligarque russe sanctionné par ses propres institutions, on ne parle plus de diplomatie. On parle de sous-traitance géopolitique. Et le fait que personne à Bratislava ne trouve cela embarrassant en dit long sur l’état de la démocratie slovaque.

Mikhail Fridman, l’autre nom dans l’ombre

Le second oligarque est Mikhail Fridman, cofondateur d’Alfa-Bank, la plus grande banque privée de Russie. La Hongrie poussait pour son retrait aux côtés de cinq autres noms. Cette convergence entre Bratislava et Budapest dessine un axe pro-Moscou utilisant les mécanismes européens comme levier. Orbán maintient un veto sur quatre-vingt-dix milliards d’euros de fonds destinés à l’Ukraine et sur le vingtième paquet de sanctions. Deux fronts, deux blocages, une seule direction : celle de Moscou.

Le schéma est récurrent. En mars 2025, Budapest avait déjà levé son veto à moins de quarante-huit heures de la date limite. Un jeu de poker dont les enjeux se mesurent en vies humaines. Chaque fois que les sanctions vacillent, c’est un signal au Kremlin : l’Europe se fissure. La vraie question que personne ne pose : à quel moment ces blocages cessent-ils d’être de la négociation et commencent-ils à ressembler à de la collaboration ?

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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