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ANALYSE : Lever les sanctions sur le pétrole russe, ou comment financer la machine de guerre de Poutine
Crédit: Adobe Stock

Ce que permet réellement la licence du Trésor

La licence autorise les transactions impliquant du pétrole brut russe et des produits pétroliers chargés avant le 12 mars. Concrètement, les cargaisons déjà en mer, appartenant à Lukoil et Rosneft, les deux plus grands producteurs russes, peuvent être achetées légalement pendant trente jours. Les 125 millions de barils flottant sur les océans représentent une valeur colossale. À 80 dollars le baril de brut Oural, ce stock vaut dix milliards de dollars. Exactement le chiffre avancé par Zelensky. Ce n’est pas de l’alarmisme. C’est de l’arithmétique.

Le mécanisme de plafonnement des prix du G7 repose sur l’assurance et le transport maritime occidentaux. Et pourtant, la Russie a développé une flotte fantôme de pétroliers d’occasion, immatriculés sous des pavillons obscurs, échappant au contrôle. La licence vient de transformer ces failles en portes ouvertes. Chaque dollar qui entre dans les caisses russes en sort sous forme de munitions, de drones Shahed assemblés à Alabouga, de missiles qui frappent les infrastructures énergétiques ukrainiennes.


Il y a quelque chose de profondément obscène dans cette licence. Ce n’est pas un document technique. C’est un permis de financer une guerre. Chaque signature sur ce papier est une garantie que des familles ukrainiennes continueront de se réveiller au son des sirènes.

La justification face aux faits

Bessent invoque la stabilité des marchés. La guerre entre Israël et l’Iran perturbe le détroit d’Ormuz, par où transite 20 pour cent du pétrole mondial. Les cours flambent. Mais le pragmatisme a un coût moral. Le pétrole et le gaz représentent entre 20 et 30 pour cent du budget fédéral russe. Et ce budget finance 1 400 drones d’attaque par mois.

L’analyste Simone Tagliapietra, du think tank Bruegel, tempère : la mesure ne change pas fondamentalement la structure des flux pétroliers russes. Sergei Aleksashenko, du centre NEST, ajoute que c’est davantage de la rhétorique et de la perception. Et pourtant, même si l’impact direct est débattu, le signal politique est dévastateur. Washington dit au monde que les sanctions contre la Russie sont négociables.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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