Skip to content
ANALYSE : Zelensky aux députés ukrainiens — le Parlement ou le front, il faut choisir
Crédit: Adobe Stock

Des mandats périmés et une légitimité fragile

La Verkhovna Rada n’a pas été renouvelée depuis les élections de 2019. Sept ans. Sept années pendant lesquelles les députés siègent sur un mandat dont la date d’expiration est passée depuis longtemps, mais que la loi martiale rend impossible à renouveler. L’Ukraine ne peut pas organiser d’élections en temps de guerre. C’est constitutionnellement verrouillé, logistiquement impensable. Des millions de citoyens ont fui le pays. Des territoires entiers sont occupés.

Cette impasse constitutionnelle crée une situation unique en Europe. Un parlement dont les membres n’ont plus de légitimité électorale fraîche, mais qui détient toujours le pouvoir législatif suprême. Des députés qui ne peuvent être remplacés, mais qui peuvent partir. Et quand ils partent, personne ne prend leur place. Chaque démission affaiblit le quorum. Chaque départ paralyse un peu plus l’appareil législatif ukrainien.


Il y a quelque chose de vertigineux dans cette équation démocratique. Des élus sans mandat frais qui refusent de légiférer, dans un pays où légiférer est une question de survie nationale. La démocratie ukrainienne fonctionne en mode dégradé, et ceux qui devraient la maintenir en vie choisissent de débrancher la machine.

La fragmentation politique qui paralyse tout

La faction Serviteur du peuple, le parti de Zelensky, n’a plus la majorité absolue. Les départs et les réalignements politiques ont érodé sa base parlementaire. Pour faire passer des lois cruciales, le président a besoin de coalitions. Mais les partis d’opposition — Voix européenne, Solidarité européenne, Batkivchtchyna — ont leurs propres calculs. Certains voient dans le blocage législatif un levier de négociation. D’autres anticipent l’après-guerre.

Et pourtant, ces mêmes députés siègent dans les commissions de défense, votent les budgets militaires, et se présentent devant les caméras comme des patriotes. Le décalage entre le discours et l’action est devenu un gouffre. La Coalition d’unité nationale devait signifier une action substantielle, pas des manœuvres politiques en temps de guerre.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu