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BILLET : La Russie vend un avion qui n’existe pas et l’Inde fait semblant d’y croire
Crédit: Adobe Stock

Vingt appareils en vingt ans, le miracle russe

Les faits ont cette fâcheuse habitude de gâcher les belles présentations. Le Su-57, réponse russe au F-22 Raptor américain, est en développement depuis le début des années 2000. Premier vol en 2010. Seize ans plus tard, la Force aérienne russe aligne environ vingt exemplaires opérationnels. Vingt. Pour la deuxième puissance militaire autoproclamée du monde, le chiffre est cruellement révélateur.

La production en 2025 parle d’elle-même : sur trente chasseurs neufs, quatorze étaient des Su-34 et douze des Su-35S. Le Su-57 reste le parent pauvre. L’objectif de soixante-seize unités d’ici 2027 est qualifié de précaire : la Russie n’a ni les composants, ni la main-d’oeuvre qualifiée, ni la capacité industrielle pour tenir ce rythme. Et pourtant, c’est exactement ce pays qui propose de construire une version encore plus complexe, biplace, pour un client étranger.


Je regarde ces chiffres et je me demande sincèrement qui, dans la chaîne de commandement russe, a validé cette offre commerciale. Promettre un avion biplace quand on n’arrive même pas à produire le monoplace, c’est soit de l’audace stratégique, soit un aveu de désespoir emballé dans du papier cadeau diplomatique.

Le moteur fantôme : l’Izdeliye 30 et ses promesses éternelles

Le coeur du problème se trouve sous les ailes. Le moteur AL-51F1, baptisé Izdeliye 30, est censé donner au Su-57 ses capacités de cinquième génération. Supercruise, poussée vectorielle avancée. Sur le papier, impressionnant. Dans la réalité, ce moteur vient tout juste d’entrer en phase de test. Il n’équipe aucun appareil en service. Son calendrier de production en série reste indéfini. Et c’est précisément ce moteur que la Russie propose de transférer à l’Inde.

Proposer le transfert technologique d’un moteur inachevé revient à offrir la recette d’un gâteau qu’on n’a jamais réussi à faire lever. Alekseï Zakharov, chercheur à l’Observer Research Foundation, note que la Russie joue sur l’accès technologique et le coût compétitif. Sauf que l’accès à une technologie inachevée n’est pas un argument de vente. C’est une invitation à partager les risques de développement, sans garantie de résultat.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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