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ÉDITORIAL : Trump promet de réimposer les sanctions russes « après la crise » et personne n’y croit
Crédit: Adobe Stock

Poutine n’a pas attendu l’invitation

L’émissaire de Poutine, Kirill Dmitriev, n’a pas perdu une seconde. Sa déclaration publique résonne comme un cri de victoire à peine déguisé : « Sans le pétrole russe, le marché énergétique mondial ne peut pas rester stable. » Le message est limpide. La Russie ne remercie pas. Elle exige davantage. Dmitriev a poussé pour un assouplissement supplémentaire des sanctions, publiant sur les réseaux sociaux un drapeau russe accompagné d’un appel à acheter du pétrole russe. La diplomatie du baril, sans filtre ni pudeur.

Et pourtant, personne à Washington ne semble mesurer ce que ce précédent signifie. Chaque trader, chaque armateur du golfe Persique à Singapour a compris la même chose : les sanctions occidentales contre la Russie ne sont pas un mur. Ce sont des portes avec un prix d’entrée. Dmitri, 42 ans, courtier pétrolier à Dubaï, résume avec la franchise brutale de ceux qui vivent des marges : « Le marché vient de comprendre que tout est négociable. » Trois années de pression économique pulvérisées par trente jours de licence temporaire.


Quand le pays qui impose les sanctions les suspend au premier soubresaut des cours, il ne suspend pas des sanctions : il envoie un faire-part de décès à la crédibilité de tout le système

Le price cap transformé en fiction

Le plafonnement à 60 dollars le baril, négocié en décembre 2022 entre le G7 et l’Union européenne, constituait la pièce maîtresse du régime de sanctions. Imparfait, contourné, mais symboliquement puissant. Avec le baril au-dessus de 100 dollars et la bénédiction américaine pour vendre, le pétrole russe s’écoule désormais bien au-dessus du plafond. Le mécanisme est mort. Pas officiellement. Pas dans les textes. Mais dans la réalité des flux commerciaux, il n’existe plus.

Les données du CREA sont implacables. Les revenus pétroliers russes ont bondi de 14 pour cent en deux semaines. Le budget militaire russe pour 2026 atteint 145 milliards de dollars. Trente-huit pour cent provient des hydrocarbures, selon le FMI. La corrélation entre barils vendus et missiles tirés n’est pas une métaphore. C’est une chaîne logistique documentée. Chaque tanker fantôme qui décharge sa cargaison alimente directement la machine de guerre russe.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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