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ENQUÊTE : Comment la propagande russe a fabriqué des soldats qui ne voient plus les Ukrainiens comme humains
Crédit: Adobe Stock

Dix-huit récits pour effacer l’humanité de l’autre

La propagande du Kremlin fonctionne comme un système. Une architecture narrative composée de dix-huit récits distincts. Le taux moyen d’adhésion parmi les prisonniers atteint 47,61 %. Plus révélateur : 76,95 % adhèrent à au moins un récit. Trois prisonniers sur quatre ont intériorisé au moins une pièce du puzzle. L’Ukraine dirigée par des extrémistes. L’OTAN menaçant la Russie. Les russophones persécutés. Isolément, chaque récit ressemble à une opinion discutable. Assemblés, ils forment une machine à fabriquer du consentement au meurtre.

Parmi les soldats qui croient fortement à la propagande du Kremlin, 54 % déshumanisent les Ukrainiens. Parmi les sceptiques, 36 %. Dix-huit points d’écart — le prix exact de la propagande en humanité perdue. Et pourtant, même parmi les sceptiques, plus d’un tiers considère l’Ukrainien comme inférieur. La propagande n’a pas besoin de convaincre tout le monde. Elle a juste besoin de déplacer le curseur suffisamment pour que la violence devienne tolérable.


Je mesure le cynisme de cette ingénierie. Ce n’est pas de la persuasion politique. C’est de la programmation cognitive. Chaque récit est une brique dans un mur qui sépare le bourreau de sa victime. Et quand le mur est assez haut, on ne voit plus l’être humain de l’autre côté.

La fusion identitaire ou comment dissoudre l’individu

Parmi les 1 060 prisonniers, 47,2 % rapportent une fusion identitaire complète avec l’idéologie du « monde russe ». Près de la moitié ne se perçoivent plus comme des individus ayant fait un choix. Pour chaque point d’adhésion supplémentaire à la propagande, la probabilité de cette fusion augmente de 1,16 %. La corrélation est linéaire, prévisible, mécanique. Tant de propagande en entrée, tant de déshumanisation en sortie.

Cette fusion n’est pas une opinion politique qu’on peut changer par la discussion. C’est un état psychologique dans lequel l’individu ne distingue plus sa propre identité de celle du groupe. Le « je » disparaît dans le « nous ». Et quand le « nous » dit que l’ennemi n’est pas humain, le « je » n’existe plus pour objecter.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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