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ENQUÊTE : Drogues dans les tranchées russes, le secret le mieux gardé de cette guerre
Crédit: Adobe Stock

Telegram, cryptomonnaies et boîtes aux lettres mortes

La logistique de la drogue fonctionne avec une efficacité que l’armée peine à atteindre pour ses munitions. Les soldats commandent via Telegram, paient en cryptomonnaies, récupèrent dans des boîtes aux lettres mortes. Certains ramènent leur stock lors de permissions, achetant de la méphédrone à Rostov-sur-le-Don et Bataïsk, où ces substances sont disponibles sans ordonnance. D’autres cultivent du cannabis et des pavots à opium dans les zones occupées.

En avril 2024, soixante-cinq kilogrammes de tropicamide et de prégabaline ont disparu des pharmacies de Krasnodar. L’enquête a révélé un réseau impliquant des agents de la lutte antidrogue eux-mêmes. Des officiers détournent les stocks médicaux pour les revendre à leurs soldats. La chaîne de commandement ne combat pas le fléau — elle en profite.


Il y a quelque chose de profondément révélateur dans le fait qu’une armée capable de déployer des missiles hypersoniques est incapable d’empêcher ses propres soldats de se droguer dans les tranchées. Ce paradoxe dit tout sur les priorités réelles du Kremlin : la puissance de feu compte plus que les vies humaines.

Les salaires de la destruction

Leur solde représente près de quatre fois le salaire moyen russe. Cet afflux de liquidités, dans un environnement où il n’y a rien à acheter sauf la mort ou l’oubli, crée un marché captif idéal. Les résidents locaux ont même organisé des services de transport, conduisant les soldats en ville pour leurs achats de substances illicites.

Et pourtant, le commandement russe ne manque pas de moyens coercitifs quand il le veut. Les soldats pris en flagrant délit sont affectés aux unités Storm-Z, ces bataillons d’assaut envoyés dans les missions les plus meurtrières. C’est, dans les faits, une condamnation à mort déguisée. D’autres sont attachés à des arbres jusqu’à ce qu’ils dessaoulent, puis exécutés sommairement. La réponse de l’armée russe à la dépendance aux drogues n’est pas médicale. Elle est létale.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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