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RÉCIT : Un pétrolier grec frappé par un drone en mer Noire, la guerre dévore les océans
Crédit: Adobe Stock

Un pipeline qui nourrit la planète

Pour comprendre pourquoi le Maran Homer naviguait vers Novorossiysk, il faut remonter le fil du pétrole. Le terminal CPC, le Consortium du pipeline caspien, relie les champs pétroliers géants de Tenguiz, Kachagan et Karachaganak au Kazakhstan jusqu’à ce port russe. Chaque jour, près de 1,4 million de barils de brut y transitent, soit environ un pour cent de l’approvisionnement pétrolier mondial. Des géants comme Chevron, ExxonMobil, Shell et Eni y ont des participations massives. Le Maran Homer devait charger du CPC Blend, ce brut léger que les raffineries européennes et asiatiques s’arrachent.

C’est un pétrole kazakh, pas russe. Mais il transite par la Russie, s’exporte depuis un port russe, voyage à travers une mer que la guerre a transformée en terrain miné. Le Kazakhstan, enclavé, dépend à quatre-vingts pour cent de ce seul pipeline pour ses exportations pétrolières. Un pays otage de la géographie, dont la richesse doit traverser une zone de guerre pour atteindre le monde.


Je mesure l’absurdité. Le Kazakhstan n’a rien à voir avec cette guerre. Ses citoyens ne tirent pas. Mais leur pétrole passe par le trou de serrure le plus dangereux de la planète. Chaque attaque contre un pétrolier en mer Noire est une attaque contre leur souveraineté énergétique.

L’asphyxie lente d’une route commerciale

Les primes d’assurance de guerre pour les navires en mer Noire ont explosé de deux cent cinquante pour cent. Les cotations sont passées de 0,4 pour cent de la valeur du navire à 0,6 voire un pour cent. Pour un pétrolier valant cinquante millions de dollars, cela représente des centaines de milliers de dollars supplémentaires par voyage. Les assureurs réévaluent le risque quotidiennement.

Les armateurs grecs, qui contrôlent la plus grande flotte marchande du monde avec plus de cinq mille navires, commencent à poser des questions que personne ne veut entendre. Combien vaut un chargement de brut kazakh quand le voyage coûte plus cher en assurance guerre qu’en carburant.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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