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ANALYSE : La Russie frappe l’Ukraine avec des missiles sortis d’usine — la chaîne de production ne s’arrête pas
Crédit: Adobe Stock

Le missile qui défie les sanctions occidentales

Pour mesurer la portée du rapport Beskrestnov, il faut d’abord comprendre ce qu’est l’Iskander — ou plus précisément le système 9K720 Iskander-M, désignation OTAN : SS-26 Stone. C’est un missile balistique quasi-balistique à courte portée, capable de frapper des cibles à 500 kilomètres avec une précision redoutable. Il vole à des altitudes variables, peut effectuer des manœuvres pendant son trajet, et sa trajectoire non prévisible le rend extrêmement difficile à intercepter. Il peut emporter une charge conventionnelle ou, en théorie, une charge nucléaire tactique — ce que le Kremlin ne se prive pas de rappeler régulièrement pour entretenir l’ambiguïté stratégique.

Ce qui distingue l’Iskander des autres missiles utilisés dans ce conflit, c’est précisément sa résistance aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement. Quand les sanctions occidentales ont commencé à frapper les importations russes de composants électroniques après 2022, beaucoup d’experts prédisaient un ralentissement de la production des systèmes d’armes sophistiqués. Ces prédictions se sont avérées partiellement erronées pour ce système précis. Le chiffre de 90% de composants russes rapporté par Beskrestnov indique que la Russie a réussi, au moins pour ce programme prioritaire, à substituer les importations critiques par une production nationale. Ce n’est pas un exploit technologique miraculeux — c’est le résultat de décisions industrielles prises sur plusieurs années, accélérées après 2022.

Et pourtant, en 2022, on nous promettait que les sanctions allaient briser la machine de guerre russe en quelques mois. Je me souviens de ces analyses confiantes, de ces experts qui traçaient des courbes d’épuisement. Quatre ans plus tard, soixante Iskander par mois sortent des usines russes. L’écart entre la promesse et la réalité est vertigineux.

Soixante unités par mois — ce que ce chiffre implique vraiment

La cadence de production de 60 Iskander par mois mérite qu’on s’y arrête longuement. Ce n’est pas un nombre abstrait — c’est une capacité de frappe concrète, mesurable, qui se traduit directement en termes de pression sur la défense aérienne ukrainienne. Si l’on suppose que même la moitié de ces missiles est déployée en opérations actives contre l’Ukraine, cela représente une pression constante de 30 frappes balistiques mensuelles rien que pour ce type de système. Et l’Iskander n’est pas le seul missile dans l’arsenal russe — les systèmes S-300 et S-400, détournés de leur usage défensif originel pour des frappes sol-sol, s’ajoutent à ce tableau déjà accablant.

Ce rythme de production place également l’Ukraine et ses alliés devant un dilemme mathématique brutal. Le système Patriot, seul capable d’intercepter efficacement les missiles balistiques de la classe Iskander selon le rapport de Beskrestnov, est produit en quantités limitées par les États-Unis et leurs partenaires. Pire encore : chaque interception d’un Iskander peut nécessiter le tir de plusieurs intercepteurs Patriot, selon la complexité de la trajectoire et les conditions opérationnelles. Le coût unitaire d’un intercepteur PAC-3 MSE dépasse largement celui d’un Iskander. La guerre d’usure prend ici une dimension économique très défavorable pour l’Ukraine.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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