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ANALYSE : Les pertes russes en chars chutent brutalement — que cache ce silence blindé
Crédit: Adobe Stock

Une armée qui a tiré les leçons sanglantes de 2022

La première hypothèse pour expliquer la chute des pertes est celle d’une réforme doctrinale profonde de l’emploi des blindés russes. Depuis les débâcles de 2022, où des colonnes entières de T-72B3 et de T-80BVM ont été anéanties par des missiles antichar ukrainiens et des drones FPV, l’armée russe aurait tiré les leçons qui s’imposaient. Moins d’engagements frontaux. Plus d’appui indirect. Des chars utilisés comme artillerie mobile plutôt que comme fer de lance d’assauts mécanisés. Cette évolution doctrinale expliquerait mécaniquement la chute des pertes confirmées : si les chars ne percent plus, ils ne brûlent plus devant les caméras des drones, et les bases de données OSINT restent vides de nouvelles entrées douloureuses.

Des éléments de terrain corroborent partiellement cette lecture. Les rapports ukrainiens des derniers mois de 2025 décrivent une infanterie russe progressant en petits groupes, sans couverture blindée lourde visible, dans des zones urbanisées où les chars sont de toute façon vulnérables. Le groupe Wagner avait popularisé cette tactique d’assaut humain lors des combats de Bakhmout. Ses héritiers — les différentes formations qui ont absorbé ses méthodes — semblent avoir généralisé l’approche à l’ensemble du front est, transformant ce qui était une exception tactique en doctrine opérationnelle à grande échelle sur l’ensemble des axes russes.


Une armée qui apprend de ses erreurs est une armée plus dangereuse. Je ne sais pas si cette pensée devrait me rassurer ou m’alarmer davantage.

L’infanterie comme substitut calculé aux blindés exposés

Cette substitution de l’infanterie aux blindés n’est pas une décision prise par défaut — c’est un choix stratégique délibéré qui reflète une réévaluation des coûts et bénéfices de l’engagement des chars en terrain moderne. Un char T-90M perdu coûte des années de production industrielle et des dizaines de millions de dollars. Un soldat d’infanterie — aussi tragique que soit la formulation — coûte incomparablement moins en termes de ressources matérielles. La Russie a calculé que dans les conditions du front ukrainien de début 2026, préserver ses blindés précieux au prix de pertes humaines supplémentaires était un arbitrage acceptable selon sa propre logique brutale de guerre industrielle.

Cette logique a des précédents historiques bien documentés. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’Union soviétique avait parfois utilisé des vagues d’infanterie pour saturer les défenses ennemies avant d’engager ses blindés. La brutalité de ce calcul n’en efface pas la cohérence opérationnelle. Ce que l’on observe en Ukraine en 2026, c’est une armée russe qui applique des principes opérationnels vieux de décennies, adaptés aux réalités d’un champ de bataille saturé de drones et de capteurs modernes omniprésents — une adaptation que les planificateurs de 1945 n’auraient pas pu anticiper dans leurs pires cauchemars stratégiques.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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