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ANALYSE : L’Ukraine reprend plus de terrain que la Russie en février 2026 et personne n’en parle
Crédit: Adobe Stock

DeepState et la cartographie du réel

Les analystes du groupe DeepState — des cartographes ukrainiens dont la rigueur est reconnue même par les observateurs occidentaux les plus sceptiques — ont dressé un bilan sans appel du mois de février 2026. L’augmentation totale du territoire sous contrôle russe s’est établie à 126 kilomètres carrés. Pour mettre ce chiffre en perspective, c’est deux fois moins qu’en janvier 2026. C’est le total mensuel le plus faible enregistré depuis juillet 2024. La tendance est claire, nette, indiscutable. L’offensive hivernale russe, celle que les experts de salon annonçaient comme la grande percée qui allait tout changer, s’est enlisée dans la boue de ses propres ambitions démesurées. La ventilation par secteur est encore plus révélatrice. Le front de Pokrovsk concentre 32 pour cent des avancées russes. Le front de Sloviansk en représente 23 pour cent. Le front de Kramatorsk pèse 16 pour cent. Et le front de Kostiantynivka atteint 21 pour cent. Mais voici le détail qui tue : les trois fronts les plus actifs ne représentent que 9 pour cent du total des attaques tout en concentrant 39 pour cent des avancées. Autrement dit, la Russie attaque partout mais n’avance nulle part, sauf là où elle concentre un effort disproportionné — et même là, l’avancée se mesure en centaines de mètres, pas en kilomètres.

J’observe ce conflit depuis son premier jour. Je n’ai jamais vu un tel décalage entre la perception médiatique et la réalité du terrain. On nous vend une Russie triomphante alors que ses gains mensuels fondent comme neige au soleil. Quelqu’un ment. Et ce n’est pas le cartographe.

La loi de l’attrition inversée

Ce que les chiffres de DeepState révèlent en filigrane, c’est un phénomène que les stratèges militaires connaissent bien : le point de culmination de l’offensive. Quand une force attaquante dépense plus d’énergie, de ressources et de vies humaines qu’elle n’en récupère par ses conquêtes, elle atteint un seuil au-delà duquel chaque avancée supplémentaire la rend plus faible, pas plus forte. La Russie semble avoir atteint ce seuil. Les pertes russes sur la période hivernale — environ 92 850 soldats tués ou blessés en trois mois, soit une moyenne de 1 031 par jour — sont astronomiques. Et Syrskyi a lâché un chiffre qui devrait faire réfléchir tous les analystes sérieux : sur cette période, les forces ukrainiennes ont tué ou blessé plus de soldats ennemis que l’ennemi n’en a mobilisé dans ses rangs. Le réservoir se vide plus vite qu’il ne se remplit. C’est la définition même de l’attrition insoutenable.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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