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BILLET : Cinquante ans de «Mort à l’Amérique» — et c’est nous qui nous excusons
Crédit: Adobe Stock

Le slogan institutionnalisé

Il faut comprendre ce que «Mort à l’Amérique» représente dans la République islamique d’Iran. Ce n’est pas une métaphore. Ce n’est pas une hyperbole politique comparable à un discours enflammé en période électorale. C’est une institution. Le slogan est enseigné dans les écoles, scandé lors des prières du vendredi, imprimé sur des banderoles lors des cérémonies officielles, répété par des ministres, des généraux, des dignitaires religieux. Il traverse les présidences — qu’elles soient dites «modérées» ou «conservatrices», parce que la distinction n’a aucun sens pratique dans un régime où le Guide Suprême détient le pouvoir réel. Ali Khamenei lui-même, dans des discours officiels enregistrés et accessibles publiquement, a affirmé que «la mort à l’Amérique» n’était pas une formule creuse mais une politique. Ce n’est pas une rumeur. Ce n’est pas une interprétation hostile. Ce sont ses mots, dans ses discours, disponibles en archives.

Pendant ces cinquante ans, l’Occident a tenté à peu près toutes les approches imaginables. Les sanctions. La levée des sanctions. La diplomatie directe. L’isolement. Les accords multilatéraux. Les incitations économiques. Les gestes de bonne volonté. Le résultat : le programme nucléaire iranien est plus avancé qu’il ne l’a jamais été, la rhétorique anti-occidentale n’a pas faibli, les proxies iraniens contrôlent au moins partiellement le Liban, le Yémen, l’Irak et une bonne partie de la Syrie, et les ayatollahs n’ont jamais payé le prix politique de leur expansionnisme. On appelle ça un bilan d’échec. On l’appelle aussi la politique occidentale au Moyen-Orient depuis un demi-siècle.

On me dira que la situation est complexe. Bien sûr qu’elle est complexe. Tout l’est. Mais il y a une différence entre la complexité qui mérite d’être analysée et la complexité qui sert à ne jamais conclure. Cinquante ans de «complexité», c’est un choix. Et ce choix a eu des conséquences bien réelles pour des millions de personnes — dont les Iraniens eux-mêmes, qui ont payé de leur corps le prix de ce régime que certains ici s’entêtent à traiter comme un interlocuteur légitime.

La rhétorique qui dure

Ce qui rend la situation particulièrement révélatrice, c’est la constance. On peut pardonner une déclaration excessive dans un moment de tension. On ne peut pas ignorer cinquante ans de constance idéologique. Les dirigeants iraniens n’ont jamais retiré ce slogan. Jamais nuancé. Jamais contextualisé. Quand des journalistes occidentaux posent la question — ce qui arrive rarement — la réponse est toujours la même : «vous ne comprenez pas le contexte culturel» ou «c’est une expression symbolique». Non. Un appel à la mort d’une nation prononcé officiellement par un chef d’État lors d’une cérémonie publique n’est pas symbolique. C’est une position politique. Et une position politique appelle une réponse politique. Laquelle a été, à quelques exceptions près, le silence diplomatique suivi de nouvelles négociations.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Ce billet exprime une opinion engagée et assumée sur des sujets de géopolitique, de politique étrangère et de sécurité internationale. Il ne prétend pas à la neutralité — la neutralité face à des faits clairement documentés n’est pas une vertu analytique, c’est une posture. Mes analyses sont fondées sur des sources vérifiables, mais les conclusions et les jugements de valeur qui en découlent sont les miens et n’engagent que moi.

Ce texte ne constitue pas une incitation à la haine envers une population — ni le peuple iranien, ni le peuple chinois, dont la grande majorité n’est pas responsable des politiques de leurs régimes respectifs. Il distingue explicitement les régimes de leurs populations. La critique adressée dans ce billet vise les systèmes de pouvoir, les dirigeants qui les incarnent, et les politiques qu’ils mènent — pas les individus qui les subissent.

Méthodologie et sources

Les affirmations factuelles contenues dans ce texte s’appuient sur des sources primaires et secondaires vérifiables : déclarations officielles de dirigeants iraniens disponibles en archives publiques, données de l’Agence américaine d’information sur l’énergie sur le Détroit d’Ormuz, rapports de Human Rights Watch et d’Amnesty International sur la répression en Iran, couverture de presse internationale sur l’accord sino-iranien de 2021 et sur les exportations pétrolières iraniennes vers la Chine. Les éléments liés aux capacités nucléaires iraniennes se fondent sur les rapports publics de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Les analyses, jugements et positions exprimées dans les passages éditoriaux — signalés par les passages en italique — constituent des opinions du chroniqueur et non des faits établis. Toute évolution ultérieure de la situation géopolitique pourrait modifier les perspectives présentées.

Nature de l’analyse

Ce billet est un texte d’opinion engagé, qui assume une position claire sur des questions débattues. Il n’est pas exhaustif — un sujet d’une telle complexité mériterait plusieurs volumes. Son objectif est de contribuer à un débat public sur des questions stratégiques qui méritent d’être posées avec clarté plutôt que de continuer à être noyées dans des nuances qui paralysent l’action. Les lecteurs qui souhaitent approfondir ces sujets trouveront dans les sources ci-dessous des points de départ solides.

Sources

Sources primaires

Strait of Hormuz — World Oil Transit Chokepoints — U.S. Energy Information Administration — 2023

«Shoot to Kill» — Iran’s Crackdown on November 2019 Protests — Human Rights Watch — 2020

Iran : les femmes un an après le soulèvement Mahsa Amini — Human Rights Watch — 2023

AIEA — Déclaration du Directeur général sur le programme nucléaire iranien — mars 2024

Sources secondaires

China and Iran sign 25-year cooperation agreement — Reuters — 27 mars 2021

Iran’s regional influence and proxy network — Associated Press — 2024

Iran — Country report — Amnesty International — 2023

The China-Iran Axis in the Middle East — Foreign Affairs — 2023

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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