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CHRONIQUE : 760 soldats, un navire, un système antiaérien — la Russie saigne et personne ne regarde
Crédit: Adobe Stock

Le cimetière marin de Poutine

Le chiffre est passé à 33 navires et bateaux détruits depuis le début de l’invasion à grande échelle. Trente-trois. Pour une nation qui se rêvait puissance maritime, héritière de la tradition navale impériale, maîtresse de la mer Noire et des détroits, ce nombre est plus qu’une statistique — c’est un acte d’accusation. La flotte russe de la mer Noire, jadis instrument de projection de puissance et symbole de la domination régionale de Moscou, est devenue un objet de moquerie stratégique. Le croiseur Moskva, coulé en avril 2022, était le premier signal. Il a fallu du temps au monde pour comprendre ce que cet événement signifiait réellement : qu’une nation sans marine de haute mer, armée de missiles antinavires et de drones navals bricolés avec une ingéniosité désespérée, pouvait mettre à genoux la flotte d’une prétendue superpuissance. Et pourtant. L’Ukraine l’a fait. Encore. Et encore. Trente-trois fois.

Ce trente-troisième navire n’a même pas fait les gros titres. Pas de breaking news. Pas de bandeau rouge sur les chaînes d’information en continu. Un navire russe coule — et le monde bâille. C’est peut-être là que réside la victoire la plus perverse de la normalisation : quand la destruction d’un bâtiment de guerre ennemi ne provoque même plus un haussement de sourcil. Quand l’extraordinaire devient ordinaire. Quand le courage insensé des forces ukrainiennes en mer se dissout dans le flux infini des notifications push.

Il y a quelque chose de profondément troublant dans notre capacité à absorber l’inimaginable. Un navire de guerre est au fond de la mer. Des hommes sont morts dedans. Et nous, on passe à la notification suivante. À quel moment avons-nous accepté que la guerre devienne un fond d’écran ?

La stratégie navale ukrainienne ou l’art de réécrire les manuels

Ce que l’Ukraine a accompli en mer Noire constitue l’un des chapitres les plus stupéfiants de l’histoire navale contemporaine. Un pays sans marine depuis l’annexion de la Crimée en 2014 a réussi, grâce aux missiles Neptune, aux drones marins et au renseignement satellitaire allié, à repousser la flotte russe loin de ses côtes. Les corridors céréaliers ont rouvert. Et la Russie a dû reculer — chassée de sa propre zone d’influence par un adversaire qu’elle considérait comme négligeable.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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