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CHRONIQUE : L’Ukraine reprend l’initiative — 400 km² arrachés à la Russie pendant que Moscou se prépare au pire
Crédit: Adobe Stock

Des chiffres qui donnent le vertige

Parlons des pertes russes, parce qu’elles sont au cœur de la compréhension de ce retournement. Plus de 90 000 soldats russes tués au cours des trois mois d’hiver 2025-2026. Quatre-vingt-dix mille. Ce chiffre, avancé par des sources militaires ukrainiennes et recoupé par plusieurs analyses indépendantes, mérite qu’on s’y arrête un instant sans fuite vers l’abstraction. 90 000 hommes, c’est l’équivalent d’une ville de taille moyenne rayée de la carte humaine. C’est une génération amputée dans certaines régions de Russie — les régions pauvres, périphériques, ethniques, celles qu’on envoie se battre en premier parce qu’elles ont moins de voix pour protester. La stratégie ukrainienne était claire, formulée sans détour : infliger entre 50 000 et 60 000 soldats russes tués ou blessés par mois. L’hiver 2025-2026 a dépassé cet objectif. Cela signifie que la machine de guerre russe n’est pas invincible. Cela signifie que le prix de chaque kilomètre carré capturé par Moscou est devenu insupportable à moyen terme — même pour un régime qui ne compte pas ses morts.

La diminution de 18 % de l’utilisation des drones FPV russes en février confirme cette pression. Les drones FPV — ces engins téléguidés à première personne, devenus l’arme reine de ce conflit — consomment des ressources, des opérateurs formés, des composants que les sanctions rendent de plus en plus difficiles à obtenir. Une baisse de 18 % en un seul mois, c’est significatif. Cela signifie soit une pénurie de matériel, soit une pénurie de personnels qualifiés, soit les deux. Pendant ce temps, les forces ukrainiennes continuent d’innover, d’adapter, de déployer leurs propres essaims de drones avec une créativité que l’industrie russe peine à contrer. La guerre des drones, que certains pensaient tournée en faveur de Moscou grâce aux volumes produits, est en train de se rééquilibrer.

Il y a dans ces chiffres une violence que je ressens physiquement. 90 000 morts. Des mères qui n’auront pas de corps à enterrer. Des fils qui ne reviendront jamais. Et la machine qui continue, côté russe, parce qu’un régime autoritaire peut se permettre de sacrifier les siens tant que l’information est contrôlée.

Pokrovsk tient, Kostiantynivka résiste

L’autre signe du changement de dynamique : les échecs russes à atteindre leurs objectifs phares. Pokrovsk — ville dont la prise était présentée comme imminente par plusieurs analystes pro-Kremlin il y a encore trois mois — n’est pas tombée. Les forces russes n’ont pas réussi à y progresser de manière significative. Kostiantynivka non plus. Ces deux villes symboles résistent. Et leur résistance n’est pas anecdotique : elle révèle que l’offensive russe, malgré les moyens colossaux engagés, se heurte à des défenses ukrainiennes qui ont appris, adapté, durci. Le prix de chaque avancée russe a augmenté. Et la rentabilité militaire de ces avancées a diminué. C’est ce qu’on appelle, dans la froide langue de la stratégie, un épuisement offensif.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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