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CHRONIQUE : Moscou retourne aux bipeurs et aux cartes papier pendant que le Kremlin verrouille Internet
Crédit: Adobe Stock

Le retour spectaculaire des technologies mortes

Quand l’internet disparaît, les vieilles technologies ressuscitent. C’est une loi que l’on croyait théorique, réservée aux scénarios post-apocalyptiques des séries télévisées. Moscou vient de la transformer en réalité documentée. Selon les données de la plateforme de commerce en ligne Wildberries, les ventes de bipeurs ont bondi de 73 pour cent durant la première semaine de mars 2026 par rapport à la même période en février. Les ventes de talkies-walkies ont grimpé de 27 pour cent sur la même fenêtre temporelle. Les atlas routiers et les guides de voyage imprimés ont connu une hausse de 48 pour cent entre le 6 et le 10 mars.

Les Moscovites achètent aussi des téléphones fixes, des radios portables, des lecteurs multimédias hors ligne. Ils reconstituent un arsenal technologique que le vingt-et-unième siècle avait rendu obsolète. Non pas par nostalgie, mais par nécessité pure, parce que leur gouvernement a décidé que l’accès à l’information était un privilège.

Je trouve quelque chose de profondément tragique dans cette image d’un peuple qui se rue sur des bipeurs en 2026. Les bipeurs. Ces petits boîtiers qui bippaient dans les poches des médecins dans les années 1990. Le Kremlin a réussi ce que même les sanctions occidentales n’avaient pas accompli : ramener technologiquement sa population trente ans en arrière.

L’ironie mordante des bipeurs inutiles

Mais voici le détail le plus cruel de cette histoire : les analystes ont noté que les services de communication par bipeur ne fonctionnent plus en Russie. Les réseaux de radiomessagerie ont été démantelés il y a des années. Les Moscovites achètent donc des appareils qu’ils ne pourront probablement jamais utiliser. Ils les achètent par anticipation, par peur, par réflexe de survie numérique. Ils stockent des bipeurs comme on stocke des conserves avant une tempête, sans savoir si la tempête passera, sans savoir si les conserves seront encore comestibles quand elle frappera.

Cette panique d’achat révèle une population qui a compris que son gouvernement peut lui couper l’accès au monde extérieur du jour au lendemain, et que la seule protection réside dans des technologies suffisamment primitives pour échapper au contrôle de l’État.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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