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CHRONIQUE : Ukraine — 400 km² arrachés à l’occupant, la guerre bascule
Crédit: Adobe Stock

Un commandant forgé dans l’adversité des premières heures de l’invasion

Le général Oleksandr Syrskyi n’est pas un personnage facile à aimer. Dans les rangs ukrainiens, on lui reproche parfois une rigueur qui frôle la dureté, des décisions qui coûtent cher en vies humaines à court terme. Et pourtant, c’est précisément cette capacité à prendre des décisions difficiles, à refuser les compromis tactiques qui sacrifient la stratégie, qui fait de lui l’homme du moment. Nommé commandant en chef en février 2024 après la révocation de Valery Zaluzhny, Syrskyi a d’abord fait face à un scepticisme profond — à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Ukraine. Il a répondu par des actes. Sa gestion de la défense de Bakhmut en 2022-2023, bien que critiquée pour son coût humain, a immobilisé des forces russes considérables pendant des mois cruciaux.

Sa doctrine actuelle repose sur trois piliers : l’élasticité défensive, qui consiste à céder du terrain là où le coût humain serait trop élevé pour le reprendre ensuite dans de meilleures conditions ; l’exploitation des failles russes, identifiées par le renseignement ukrainien — particulièrement performant depuis son intégration avec les capacités de surveillance occidentales ; et la guerre de drones, domaine dans lequel l’Ukraine a développé une supériorité asymétrique remarquable. Ces trois piliers, combinés, expliquent la reconquête de 400 km² en quelques semaines — une opération qui n’a pas fait la une des journaux mais qui change les équilibres réels sur le terrain.


Il y a dans la personnalité de Syrskyi quelque chose qui dérange — cette froideur d’ingénieur face à l’horreur. Mais peut-être que c’est exactement ce dont une guerre nécessite à un certain stade : quelqu’un qui ne cède pas à l’émotion quand les décisions doivent être mathématiques.

La restructuration du commandement et ses effets concrets sur le terrain

Depuis sa prise de fonction, Syrskyi a opéré une restructuration profonde de la chaîne de commandement ukrainienne. Des généraux jugés trop conservateurs, trop attachés aux doctrines soviétiques héritées, ont été remplacés par des officiers plus jeunes, formés aux méthodes occidentales, capables d’intégrer rapidement les leçons tirées de chaque engagement. Cette révolution silencieuse au sommet de l’armée ukrainienne a produit des effets visibles : une meilleure coordination interarmes, une réactivité accrue face aux initiatives russes, et une capacité à exploiter les opportunités tactiques avec une vitesse que l’adversaire n’anticipait pas. Les brigades de réserve, longtemps mal utilisées, ont été repositionnées comme force de frappe mobile, prêtes à être engagées là où la percée devient possible.

La logistique, parent pauvre des armées dans les guerres de haute intensité, a fait l’objet d’une attention particulière. Les chaînes d’approvisionnement ont été raccourcies, les dépôts dispersés pour réduire leur vulnérabilité aux frappes russes, les rotations des unités optimisées pour maintenir un niveau opérationnel suffisant sans épuiser les combattants. Ce travail de fond, invisible depuis l’extérieur, est pourtant la condition sine qua non de toute reconquête territoriale durable. Sans logistique robuste, les 400 km² ne seraient qu’une avance sans lendemain, condamnée à être reprise dès la première contre-attaque sérieuse de Moscou.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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