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CHRONIQUE : Ukraine — la reconquête de Dnipropetrovsk qui change les équilibres de la guerre
Crédit: Adobe Stock

Un objectif stratégique de premier ordre

La région de Dnipropetrovsk n’est pas un territoire quelconque dans la logique de la guerre russe en Ukraine. Elle représente le cœur industriel et logistique de l’est ukrainien — un nœud ferroviaire majeur, un bassin minier historique, une concentration d’industries de défense héritées de l’ère soviétique. Pour les planificateurs de l’état-major russe, la prendre ou même la menacer durablement avait une valeur double : affaiblir la capacité de production ukrainienne et créer un corridor terrestre vers la Crimée consolidant les gains du sud. Moscou n’a jamais annoncé cet objectif publiquement, mais les mouvements de troupes et les concentrations de feu entre 2023 et 2025 l’ont rendu lisible pour quiconque analysait la guerre avec rigueur.

Les forces russes avaient, au cours de l’automne 2025, poussé sur plusieurs axes convergents vers les districts périphériques de Dnipropetrovsk. Elles avaient établi des positions défensives profondes, creusé des tranchées en trois lignes selon le modèle dit de défense en profondeur, et amené des réserves d’infanterie motorisée depuis les régions de Belgorod et de Rostov. L’objectif documenté dans les communications interceptées : tenir ces positions au moins jusqu’au printemps 2026, quand de nouvelles offensives étaient planifiées. Ce plan avait une cohérence militaire réelle — et c’est précisément pour cela que sa mise en échec est si significative.


Moscou avait un plan. Ce plan était cohérent, documenté, défendable militairement. C’est précisément pour cela que sa mise en échec est si lourde de sens — l’Ukraine n’a pas gagné par chance, mais par supériorité tactique réelle.

La logique du corridor méridional fracturée

Le projet russe d’un corridor méridional continu reliant le Donbass occupé à la Crimée via Zaporizhzhia et les marges de Dnipropetrovsk constituait la clé de voûte de la stratégie à long terme de Poutine en Ukraine. Sans ce corridor, les lignes d’approvisionnement de la Crimée restent précaires et exposées. Avec lui, la Russie aurait pu revendiquer une continuité territoriale défendable lors d’éventuelles négociations. Les gains territoriaux en Dnipropetrovsk avaient été présentés en interne à Moscou comme des avancées décisives vers cet objectif. La reconquête ukrainienne de ces mêmes territoires fracture cette logique à son point le plus vulnérable.

Les rapports de l’ISW et des analystes du Royal United Services Institute (RUSI) à Londres avaient identifié dès l’été 2025 que le corridor méridional était surestimé dans sa faisabilité. Les lignes d’approvisionnement russes étaient étirées, les rotations de personnel insuffisantes, et les positions en Dnipropetrovsk particulièrement exposées aux frappes d’artillerie à longue portée ukrainienne. Ces analyses, ignorées par les commentateurs les plus pessimistes sur l’Ukraine, se sont avérées correctes avec une précision qui mérite d’être soulignée.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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