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CHRONIQUE : Un pétrolier grec frappé par un drone dans les eaux russes — quand le pétrole devient cible de guerre
Crédit: Adobe Stock

Un Suezmax flambant neuf

Pour comprendre l’ampleur de ce qui s’est joué au large de Novorossiysk, il faut d’abord mesurer ce qu’est le Maran Homer. Ce n’est pas une vieille carcasse rouillée naviguant sous pavillon de complaisance. C’est un pétrolier Suezmax construit en 2017, immatriculé sous le numéro IMO 9761372, d’une longueur de 274 mètres et d’une largeur de 48 mètres. Son port en lourd atteint 156 458 tonnes. Sa jauge brute : 82 995 tonnes. Autrement dit, un mastodonte capable de transporter l’équivalent de plus d’un million de barils de brut.

La classe Suezmax — dont le nom indique qu’il s’agit du plus gros gabarit capable de transiter par le canal de Suez — représente l’épine dorsale du transport pétrolier mondial. Ce sont ces navires qui assurent le lien entre les terminaux d’exportation du Moyen-Orient, de la mer Caspienne et de la Russie d’une part, et les raffineries européennes, indiennes et asiatiques de l’autre. Frapper un Suezmax, c’est frapper l’artère même du commerce mondial de l’énergie.

L’empire Angelicoussis derrière le pavillon

Le Maran Homer est géré par Maran Tankers Management, filiale du groupe Angelicoussis, le plus grand armateur privé de Grèce et l’un des plus importants au monde. Fondé en 1947 par Antonis I. Angelicoussis, le groupe opère aujourd’hui une flotte de 142 navires totalisant 23 millions de tonnes de port en lourd. Dirigé par Maria Angelicoussis, il emploie environ 300 professionnels à terre et plus de 3 700 officiers et membres d’équipage en mer. Maran Tankers, fondée en 1992, a été la première compagnie maritime grecque à obtenir la certification ISM, dès 1996.

Frapper un navire de cet armateur, ce n’est pas frapper un obscur opérateur. C’est viser le fleuron de la marine marchande grecque. C’est envoyer un message à l’ensemble de l’industrie du shipping mondial.


Quand un drone de quelques dizaines de milliers de dollars peut mettre en péril un navire valant plusieurs centaines de millions, on mesure l’asymétrie vertigineuse de la guerre moderne.

Sources et références

Sources primaires

Source principale : Kyiv Independent — Greek oil tanker in Russian waters hit in suspected drone strike

Mercury News — Greek oil tanker damaged in suspected Black Sea drone attack as wars disrupt global shipping

EADaily — The tanker attacked by the Ukrainian Armed Forces rushes empty from the Black Sea: Chevron was left without cargo

Sources complémentaires

GreekReporter — Greek-Owned Tanker Struck in Black Sea; Crew Unharmed

Euronews — Europe lost out on 3.8mn tonnes of Kazakh oil after Black Sea attacks

CNN — Oil prices stay high despite US temporarily lifting sanctions on Russian oil stranded at sea


Les sources sont la colonne vertébrale de toute chronique sérieuse. Sans elles, le texte n’est qu’opinion. Avec elles, il devient témoignage.


Quand on retrace le fil des événements, de la licence américaine du 12 mars au drone du 14 mars, on comprend que la géopolitique n’est pas une abstraction — c’est une chaîne de causes et de conséquences qui se mesure en milles nautiques et en tonnes de brut.


Le Maran Homer est reparti à vide. Mais ce vide, paradoxalement, est plein de sens. Il raconte un monde où le pétrole est devenu une arme, où les tankers sont devenus des cibles, et où la mer Noire est devenue le miroir sombre de toutes nos contradictions.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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