Skip to content
COMMENTAIRE : Quand Moscou et Téhéran jouent les muscles sur l’eau pendant que Washington charge ses canons
Crédit: Adobe Stock

2025, l’année où tout a basculé une première fois

Pour comprendre la tension de février 2026, il faut revenir à l’année précédente. En 2025, un conflit de douze jours avait éclaté : les États-Unis avaient bombardé trois sites nucléaires iraniensFordow, Natanz et Isfahan. Ce précédent est capital. L’Iran sait désormais que Washington est prêt à passer à l’acte militaire. Mais Téhéran a également tiré des conclusions stratégiques précises : se rapprocher de Moscou et Pékin, développer des capacités de représailles asymétriques, disperser ses installations dans des sites moins identifiables et moins accessibles. La destruction partielle de ces trois sites n’a pas mis fin au programme nucléaire iranien. Elle l’a rendu plus urgent, plus diffus, et potentiellement plus dangereux.

C’est dans ce contexte que les négociations ont repris. Le 6 février 2026 à Oman, une première ronde de discussions indirectes s’est tenue entre représentants américains et iraniens. Le mot-clé ici est indirect : même parler directement reste politiquement délicat pour Téhéran. Le 18 février à Genève, les deux parties ont déclaré s’être entendues sur des principes directeurs. Non pas sur un accord, non pas sur des mesures concrètes — sur les fondements permettant théoriquement de discuter d’un accord futur. C’est la définition même d’une impasse masquée sous un vernis de progrès.


Ce qui me frappe dans ces négociations, c’est la simultanéité des gestes opposés : on négocie à Genève le matin et on déploie des porte-avions l’après-midi. Qui croit encore que ces deux mouvements peuvent coexister longtemps sans que l’un n’annule l’autre ?

Genève, le 18 février : une table de négociation sous les canons

La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a résumé la position américaine avec une franchise inhabituelle : «L’Iran serait très avisé de conclure un accord» avec le président Trump. Et d’ajouter que les deux parties restent «très loin l’une de l’autre sur certains points». La formulation «serait très avisé» appartient au registre de la menace contenue. La position américaine était claire : l’Iran doit cesser tout enrichissement d’uranium sur son territoire et les négociations doivent inclure les capacités balistiques iraniennes. L’Iran maintient que son programme est purement pacifique et refuse de placer ses missiles sur la table. Ces positions sont structurellement incompatibles.

La chercheuse Barbara Slavin du Stimson Center a résumé l’état réel des discussions avec lucidité : «Je ne vois pas encore de base pour un accord… nous avons cet énorme renforcement militaire. Je suis très préoccupée.» Quand des spécialistes reconnus disent publiquement ne pas voir de base pour un accord, pendant qu’une armada navale se positionne à 700 kilomètres des côtes iraniennes, il faut prendre ces mots au sérieux.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu