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COMMENTAIRE : Russie, 1,2 million de blessés et de morts — et Poutine ne peut toujours pas gagner cette guerre
Crédit: Adobe Stock

Des pertes sans précédent dans l’histoire moderne

Pour comprendre l’ampleur de ce que représente 1,2 million de pertes russes, il faut une mise en perspective historique. Les États-Unis ont perdu 58 000 soldats au Vietnam — sur dix ans de guerre. La France a perdu environ 27 000 militaires en Algérie sur huit ans. L’Union soviétique, lors de la guerre d’Afghanistan, a subi 15 000 morts en dix ans — et cette guerre-là a contribué à déstabiliser l’Empire. La Russie de Poutine, elle, absorbe des pertes quotidiennes qui ont dépassé les 1 000 hommes par jour à plusieurs reprises en 2025, avec des pics à 1 500. En un seul jour. Mille cinq cents êtres humains.

Les estimations les plus rigoureuses parlent de 243 000 à 352 000 morts russes depuis le début de l’invasion — soit potentiellement plus de morts en quatre ans que l’URSS n’en a connu en dix ans d’Afghanistan. Le reste des 1,2 million comprend les blessés graves, les invalides permanents, les prisonniers, les disparus. Chaque catégorie représente une fracture familiale, une communauté saignée, une région appauvrie en hommes jeunes et en âge de travailler. Les paiements d’indemnisation versés aux familles ont atteint 1 200 milliards de roubles en 2024, soit l’équivalent de 15,3 milliards de dollars. En une seule année. Pour compenser les morts. Ce seul chiffre dit tout de l’hémorragie humaine et financière en cours.

Quand les compensations financières pour pertes humaines dépassent les 15 milliards de dollars en un an, on n’est plus dans la guerre. On est dans l’industrie du deuil. Et une économie qui industrialise son propre deuil est une économie qui se prépare à quelque chose d’encore plus terrible.

La géographie sociale des pertes

Il y a une autre réalité que les chiffres bruts ne révèlent pas immédiatement : la carte sociale des morts russes. Les pertes ne se distribuent pas uniformément sur le territoire russe. Elles frappent massivement les régions les plus pauvres — la Sibérie, le Grand Nord, l’Extrême-Orient, les républiques minoritaires comme la Bouriatie, le Daghestan, la Tchétchénie. Et elles frappent les anciens détenus, recrutés en masse dans les prisons depuis le programme Wagner puis son absorption partielle par l’armée régulière. Ce n’est pas un hasard. C’est une architecture sociale délibérée : le pouvoir protège ses bases électorales urbaines, sa classe moyenne éduquée, ses oligarques et ses technocrates. Il envoie mourir ceux dont la disparition ne perturbera pas l’équilibre politique intérieur.

Sources

Sources primaires

19FortyFive — Putin’s Great Disaster: Russia Can’t Win the Ukraine War With 1.2 Million Casualties — février 2026

OTAN — Communiqué du Sommet de Washington sur les évaluations des forces russes — 2024

Sources secondaires

Reuters — Analysis: Russia’s mounting casualties and economic strain — 2025

Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) — Rapport sur les dépenses militaires mondiales 2025

Ministère de la Défense du Royaume-Uni — Bulletins de renseignement quotidiens sur le conflit ukrainien — 2025-2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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