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ÉDITORIAL : L’Iran menace l’Ukraine pour avoir appris à abattre ses propres drones
Crédit: Adobe Stock

Le profil d’un accusateur sans miroir

Ebrahim Azizi n’est pas un anonyme. Il préside la commission de sécurité nationale du parlement iranien. Sa parole porte. Quand il publie sur X, le 14 mars 2026, que l’Ukraine « en fournissant un soutien en drones au régime israélien, s’est effectivement impliquée dans la guerre » et qu’elle a « transformé l’intégralité de son territoire en cible légitime pour l’Iran en vertu de l’Article 51 », c’est un acte politique calculé. Pas un dérapage. Un calcul. Les mots ont été choisis. La référence juridique a été insérée. Le message a été calibré pour l’audience internationale autant que nationale.

Et pourtant. Azizi n’a présenté aucune preuve. Aucune. Pas un document. Pas une image satellite. Pas un contrat. Pas un numéro de série de drone ukrainien retrouvé en territoire israélien. Il accuse. Il menace. Il invoque le droit international. Mais la seule chose qu’il ne fait pas, c’est prouver. Et c’est précisément là que le masque tombe. Quand un État menace sans prouver, ce n’est pas de la diplomatie. C’est de l’intimidation.


Il y a quelque chose de profondément troublant dans le spectacle d’un homme qui représente un régime fournisseur de drones tueurs, accusant sa propre victime d’avoir appris à s’en protéger. C’est le procureur qui accuse le témoin. C’est le pyromane qui appelle les pompiers irresponsables.

La mécanique de l’inversion

Ce que fait Azizi porte un nom en rhétorique : l’inversion accusatoire. Renverser les rôles. Transformer l’agresseur en victime et la victime en menace. L’Iran fournit les Shaheds qui ont tué des civils ukrainiens par centaines. L’Iran a armé la machine de guerre russe. L’Iran a contribué à la destruction d’infrastructures critiques ukrainiennes pendant quatre hivers consécutifs. Et c’est l’Ukraine qui serait l’agresseur. La logique ne s’est pas seulement inversée. Elle a été assassinée.

Cette mécanique de l’inversion n’est pas nouvelle. Les régimes autoritaires y ont recours quand ils sont pris en flagrant délit. Mais ce qui distingue cette occurrence, c’est l’audace publique — une accusation diffusée sur les réseaux sociaux, avec citation du droit international à l’appui. Téhéran ne se cache plus. Et cette absence de honte est, en elle-même, un signal.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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