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ÉDITORIAL : L’Ukraine a brisé l’offensive de mars — et Poutine ne s’en remettra pas
Crédit: Adobe Stock

Un plan conçu pour l’histoire, pas pour la guerre

La planification militaire russe autour de mars 2026 n’était pas seulement une opération tactique. C’était une opération politique. Poutine avait besoin d’un succès militaire significatif pour plusieurs raisons qui convergent toutes vers la même nécessité : montrer à son propre système qu’il contrôle encore la situation. Après les débâcles répétées de 2022, après le retrait humiliant de Kherson, après l’audacieuse incursion ukrainienne dans la région de Koursk en 2024, la machine de propagande du Kremlin a besoin de chair fraîche. Elle a besoin de territoires. Elle a besoin de cartes qui changent. L’offensive de mars devait être cette carte. Elle devait être la preuve que la Russie avance toujours, que la pression finira par céder, que le temps joue pour Moscou.

Sauf que le temps, justement, ne joue plus de la même façon. Les sanctions économiques commencent à mordre en profondeur dans la capacité industrielle russe. Les pertes humaines — que Moscou dissimule avec un soin obsessionnel mais que les renseignements occidentaux estiment à des dizaines de milliers de soldats tués depuis le début du conflit — commencent à peser sur la démographie d’une armée qui recrute à coups de primes de plus en plus élevées, de promesses de plus en plus creuses. L’offensive de mars était censée compenser tout cela par un choc psychologique. Un choc qui ne s’est pas produit. Un choc que l’Ukraine a absorbé, retourné, neutralisé.

Il faut avoir l’honnêteté de reconnaître que Poutine n’est pas stupide. Il a survécu à tout. Il a une capacité de résilience politique que ses ennemis sous-estiment sans cesse. Mais là, quelque chose de différent se joue. L’échec de l’offensive de mars n’est pas juste un revers militaire — c’est un revers narratif. Et pour un régime qui se nourrit de narration, c’est peut-être plus dangereux que n’importe quelle défaite sur le terrain.

L’écart entre la promesse et la réalité

Ce qui rend cet échec particulièrement révélateur, c’est précisément cet écart que Zelensky a mis en lumière dans son discours : l’intensité et l’échelle réelles des attaques russes restent bien en dessous de ce que le commandement militaire de Moscou avait promis à son leadership politique. Cette phrase est une bombe. Elle dit que quelque chose s’est cassé dans la chaîne de commandement russe. Soit les généraux ont menti à Poutine sur leurs capacités réelles. Soit les capacités réelles ont été surestimées par tout le monde. Soit — et c’est l’hypothèse la plus préoccupante pour Moscou — l’armée ukrainienne est devenue capable de déjouer les plans russes avant même qu’ils se déploient pleinement.

Le renseignement ukrainien n’est plus ce qu’il était en 2022. Il s’est structuré, professionnalisé, nourri de coopérations avec les services alliés qui ont partagé des informations de plus en plus précises. Résultat : l’Ukraine sait souvent où frapper avant que la Russie frappe. Elle détruit des dépôts de munitions. Elle neutralise des concentrations de troupes. Elle frappe des noeuds logistiques qui ralentissent les ravitaillements. Ce travail invisible, fait dans l’ombre par des hommes et des femmes dont on ne connaîtra jamais les noms, est l’une des raisons profondes pour lesquelles l’offensive de mars n’a pas eu lieu comme prévu.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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