Skip to content
ÉDITORIAL : L’Ukraine ne manque pas de courage — elle manque d’hommes, et 2026 ne pardonnera pas
Crédit: Adobe Stock

La disproportion qui tue en silence

Les mathématiques de cette guerre sont brutales dans leur simplicité. L’Ukraine recrute entre 17 000 et 24 000 soldats par mois. La Russie, elle, en incorpore 30 000. Chaque mois qui passe creuse l’écart. Chaque semaine de combats consomme des hommes, des véhicules blindés, des munitions — et la balance ne penche jamais du bon côté. Le président Zelensky lui-même a reconnu que sur certains secteurs clés du front, notamment à Pokrovsk dans l’oblast de Donetsk, les troupes ukrainiennes font face à un rapport de forces de un contre huit. Un contre huit. Pas un contre deux, ce qui serait déjà désastreux dans une guerre de positions. Un contre huit.

Le commandant de la 93e brigade mécanisée, Pavlo Palisa, l’a formulé sans détour : le manque de personnel est un problème bien plus grave que le manque de munitions. Car on peut produire des obus. On peut commander des missiles. On peut fabriquer des drones. Mais on ne fabrique pas des soldats entraînés en six semaines. Et on ne remplace pas l’expérience d’un combattant qui a survécu à trois ans de guerre de tranchées par un homme de quarante-cinq ans arraché à son usine un mardi matin.


Il y a quelque chose d’obscène à réduire une guerre à des colonnes de chiffres. Mais quand les chiffres hurlent à ce point, les ignorer revient à fermer les yeux devant un incendie en espérant que la fumée se dissipe toute seule.

L’hémorragie invisible des désertions

Les 200 000 soldats absents sans autorisation ne sont pas des lâches. Ce mot est trop simple, trop confortable pour ceux qui voudraient réduire cette réalité à un jugement moral. Beaucoup sont des hommes brisés — physiquement, psychologiquement — qui n’ont jamais bénéficié de rotation, jamais vu de permission, jamais reçu la promesse d’une démobilisation. Sous la législation actuelle, le service militaire ne prend fin qu’à la levée de la loi martiale. Autrement dit : jamais, tant que la guerre dure. L’engagement est indéfini. La fatigue, elle, ne l’est pas.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu