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ENQUÊTE : Du FP-1 au FP-7, comment l’Ukraine a construit en secret la machine de guerre qui fait trembler Moscou
Crédit: Adobe Stock

Fin 2022, dans les décombres d’une certitude perdue

Tout commence à la fin de l’année 2022. L’Ukraine est à un tournant. Les premières contre-offensives ont repris des territoires, mais la réalité est brutale : l’armée russe bombarde les infrastructures énergétiques ukrainiennes de manière systématique, plongeant des millions de civils dans le froid et l’obscurité. La nécessité de frapper la Russie en profondeur — ses dépôts de munitions, ses centres de commandement, ses raffineries — devient une priorité stratégique absolue. Mais l’Ukraine n’a pas les moyens de ses ambitions. Les drones Shahed iraniens que la Russie utilise contre elle sont une démonstration parfaite de ce que des drones longue portée relativement bon marché peuvent accomplir sur le plan stratégique. L’idée germe : pourquoi l’Ukraine ne pourrait-elle pas faire la même chose, mais mieux, mais plus précis, mais plus loin ? C’est dans ce contexte que l’équipe de Skalyha, Terekh et Shtilerman se met au travail. Janvier 2023 : le premier prototype vole. C’est un miracle de rapidité dans n’importe quelle industrie de défense, a fortiori dans un pays en guerre.

La certification du système intervient en mai 2023, soit à peine cinq mois après le premier vol. Cinq mois. Pour des systèmes d’armes conventionnels développés en temps de paix, dans des pays disposant de toutes les ressources industrielles imaginables, les délais se comptent en années, parfois en décennies. L’Ukraine, elle, a fait voler, testé, validé et certifié un drone de frappe longue portée en moins d’un semestre. À l’automne 2023, un premier contrat de production pour 200 drones est signé. La machine est lancée. Et elle ne va plus s’arrêter.

Je repense à tous ces débats sur les délais d’acquisition dans les démocraties occidentales, sur les appels d’offres qui durent des années, sur les commissions parlementaires qui discutent pendant que le monde change. Et puis je vois ce que trois civils ukrainiens ont accompli en quelques mois. La guerre est un accélérateur de l’histoire d’une violence rare.

La philosophie FP : vitesse, modularité, déni stratégique

Ce qui distingue le programme FP d’une simple acquisition de matériel militaire, c’est la philosophie qui le sous-tend. Dès le départ, l’équipe a conçu ses systèmes selon un principe de modularité : le même airframe de base, la même structure en fibre de carbone, peut être adapté pour différentes missions, différentes portées, différentes charges utiles. Le FP-1 et le FP-2 partagent ainsi un airframe commun, ce qui simplifie la production, réduit les coûts, accélère la montée en cadence. Cette approche n’est pas accidentelle — elle reflète une compréhension très sophistiquée des contraintes industrielles d’un pays en guerre, où les ressources sont limitées, où les chaînes d’approvisionnement sont sous pression permanente, où la redondance et la flexibilité valent de l’or.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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