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OPINION : Vingt milliards pour une seule machine — ce que le contrat Anduril révèle sur la guerre de demain
Crédit: Adobe Stock

Architecture ouverte, pouvoir fermé

Le mot Lattice signifie « treillis » en anglais — une structure en réseau, interconnectée, où chaque nœud renforce l’ensemble. C’est précisément l’image qu’Anduril veut projeter. La plateforme Lattice repose sur une architecture ouverte — ce qui signifie, en théorie, qu’elle peut intégrer des équipements de différents fabricants, des capteurs variés, des systèmes hétérogènes. Elle n’est pas conçue pour verrouiller les fournisseurs mais pour les fédérer. En pratique, cela signifie que tout ce que l’armée américaine utilise — drones maritimes, terrestres, aériens, capteurs de surveillance, systèmes de communication — peut être branché sur un seul tableau de bord. Un seul point de contrôle. Une seule conscience opérationnelle assistée par l’intelligence artificielle. L’intégration porte le nom de C2 intégré — commandement et contrôle — avec des algorithmes d’IA capables d’accélérer la prise de décision sur le champ de bataille, d’identifier les menaces, de coordonner les réponses avant même qu’un humain ait eu le temps de comprendre la situation.

Le composant Lattice Mesh va encore plus loin. C’est une technologie de réseau décentralisé qui permet une distribution sécurisée des données entre services, entre plateformes, entre théâtres d’opération. Imaginez une toile d’araignée numérique recouvrant un champ de bataille entier — chaque fil transmet de l’information, chaque nœud analyse, chaque intersection décide. Ce n’est plus la guerre telle qu’on l’a connue. C’est quelque chose d’autre. Quelque chose que les théoriciens militaires appellent la guerre de réseau, et que les ingénieurs d’Anduril appellent plus simplement l’avenir.

Ce qui me trouble dans Lattice, ce n’est pas la technologie elle-même — c’est ce qu’elle présuppose. Elle présuppose qu’une machine peut traiter une situation de combat mieux qu’un humain. Peut-être. Mais une machine ne ressent pas le poids d’une décision qui coûte des vies. Et cette absence de poids — c’est peut-être là que réside le vrai danger.

La gestion autonome des essaims de drones

L’un des aspects les plus révolutionnaires — et les plus troublants — de la plateforme Lattice est sa capacité à gérer des groupes de systèmes non pilotés. Des essaims de drones. Pas un seul drone télécommandé par un opérateur humain. Des nuées entières de machines autonomes — aériennes, maritimes, terrestres — coordonnées en temps réel par un algorithme central. Le général Matt Roths, chef de la Joint Interagency Task Force 401, a qualifié ce contrat de « étape d’une importance critique dans la création d’un cadre commun d’interaction pour lutter contre les véhicules aériens non pilotés« . La formulation est prudente. La réalité qu’elle recouvre l’est beaucoup moins. Ce dont il est question, c’est de la capacité à déployer des centaines, peut-être des milliers de drones autonomes sur un théâtre d’opération, pilotés non par des humains mais par une intelligence artificielle centralisée. Personne ne peut prétendre savoir avec certitude comment se comportera un tel système dans le chaos réel d’un conflit.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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