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PORTRAIT : Oleksandr Syrskyi, l’architecte silencieux de la résistance ukrainienne
Crédit: Adobe Stock

800 000 soldats hérités, puis perdus

En 1991, quand l’Union soviétique s’est désintégrée comme un vieux meuble vermoulu, l’Ukraine s’est retrouvée avec une armée colossale sur les bras : 800 000 militaires, 6 500 chars de combat, 7 000 véhicules blindés, 1 648 avions de combat. Une puissance militaire brute héritée d’un empire, sans doctrine propre, sans identité nationale affirmée, sans ennemi désigné — du moins, c’est ce que l’on croyait. Les années 1990 et 2000 ont été celles du désarmement progressif, de la réduction des effectifs, de la vente d’équipements, de la négligence organisée. Un pays qui se rêvait en « État neutre permanent » n’avait pas besoin d’une armée de guerre. En 2013, les forces armées ukrainiennes ne comptaient plus que 129 950 personnels. Les chars : 1 110. Les avions de combat : 221. En vingt ans, une puissance militaire avait été réduite à une force symbolique.

Puis 2014 est arrivé. L’annexion de la Crimée par la Russie. La guerre dans le Donbass. Et soudain, l’Ukraine s’est retrouvée face à une réalité que les années de neutralité avaient dissimulée : elle n’avait plus d’armée. Pas vraiment. Pas une armée capable de résister à une agression militaire d’envergure. La conscription avait été suspendue en 2013. Elle a été réinstaurée en urgence dès 2014. Et la reconstruction a commencé — laborieuse, douloureuse, avec les moyens du bord.

Il y a quelque chose de vertigineux dans ces chiffres. En vingt ans, une nation a dilapidé son héritage militaire, convaincu qu’elle n’en aurait jamais besoin. Et puis l’histoire a frappé à la porte — ou plutôt, elle a enfoncé la porte. Je pense souvent à ces soldats de 2014, mobilisés dans l’urgence avec des équipements soviétiques rouillés, pour affronter une armée professionnelle. La résistance qu’ils ont opposée, avec si peu, est déjà en soi une histoire extraordinaire.

La restructuration post-2014

Après 2014, l’Ukraine a entrepris une transformation structurelle majeure. Elle est passée d’une organisation militaire héritée de l’URSS — fondée sur des corps d’armée lourds et rigides — à un système de brigades indépendantes, plus agiles, plus adaptables aux conflits modernes. C’est une révolution silencieuse mais profonde. Les brigades ukrainiennes sont devenues les unités de base de la résistance : capables d’opérer de manière autonome, de s’adapter aux conditions de terrain, de combiner infanterie, blindés, artillerie et systèmes de drones dans une seule formation cohérente.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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