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RÉCIT : Crimée, nuit du 15 mars — quand les radars russes ont cessé de voir
Crédit: Adobe Stock

Ce que le Protivnik voit — et ne verra plus

Pour comprendre ce qui s’est passé cette nuit-là, il faut comprendre ce que ces radars représentent. Le 59N6-E Protivnik-GE n’est pas un simple radar. C’est une station de surveillance tridimensionnelle capable de détecter simultanément des centaines de cibles aériennes — avions, missiles de croisière, drones — dans un rayon de trois cent vingt kilomètres. Il opère en bande centimétrique, ce qui lui confère une résistance relative aux contre-mesures électroniques. Il peut suivre jusqu’à deux cents cibles en même temps. Deux cents. Quand un Protivnik fonctionne, il voit tout ce qui vole dans un espace aérien grand comme la moitié de la France. Quand il ne fonctionne plus, c’est un trou béant dans la couverture radar. Un angle mort de plusieurs milliers de kilomètres carrés où n’importe quoi peut passer — drones de reconnaissance, missiles balistiques, aéronefs furtifs. Et c’est précisément ce que les forces ukrainiennes ont obtenu cette nuit-là : un corridor d’approche invisible, un passage où le ciel redevient opaque pour l’ennemi.

Il y a quelque chose de vertigineux dans l’idée qu’un système conçu pour voir à des centaines de kilomètres puisse être détruit par ce qu’il n’a pas vu venir. C’est l’ironie fondamentale de la guerre moderne : la technologie la plus avancée reste vulnérable au moment le plus archaïque — celui où quelqu’un décide de frapper en premier.

Le Parol, gardien silencieux de l’identification

Le 73E6 Parol joue un rôle différent mais tout aussi critique. Ce n’est pas un radar de détection à proprement parler — c’est un système d’identification ami-ennemi, ce que les militaires appellent un IFF (Identification Friend or Foe). Sa fonction est de distinguer les aéronefs amis des aéronefs hostiles dans l’espace aérien. Sans lui, un opérateur radar voit des points sur son écran, mais il ne sait plus lesquels sont les siens. Le risque de tir fratricide explose. Les procédures d’engagement deviennent laborieuses, lentes, incertaines. Chaque décision de tir doit être vérifiée manuellement, ce qui dans un environnement de combat à haute intensité revient à conduire les yeux bandés sur une autoroute. La destruction du Parol ne fait pas de bruit dans les médias. Elle ne produit pas de colonne de fumée spectaculaire. Mais elle sème le doute opérationnel au cœur même de la chaîne de commandement de la défense aérienne russe en Crimée.

Sources

Sources primaires

ArmyInform — « Protivnik », « Parol », and « Triumf »: Defense Forces Strike Enemy Radars and Air Defense System in Crimea — 16 mars 2026

État-major général des forces armées d’Ukraine — Communiqué opérationnel sur les frappes contre les systèmes de défense aérienne en Crimée — 16 mars 2026

Sources secondaires

Defense Express — Analyses des systèmes de défense aérienne russes détruits en Ukraine — mars 2026

The War Zone — Couverture des opérations SEAD ukrainiennes contre les défenses russes en Crimée — mars 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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