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RÉCIT : Le FBI démasque l’escadron de la mort du Kremlin qui traquait les opposants de Poutine
Crédit: Adobe Stock

L’ordre du Kremlin qui a tout déclenché en décembre 2022

Pour comprendre comment un ancien des forces spéciales du FSB s’est retrouvé menotté à Bogotá, il faut remonter à décembre 2022. La Russie vient de subir une série d’humiliations sans précédent. Son unité 29155 du GRU, la direction clandestine responsable de l’empoisonnement au Novitchok des Skripal à Salisbury, de la tentative de coup d’État au Monténégro et d’une série d’assassinats et d’attentats à travers l’Europe, a été exposée méthodiquement par des enquêteurs indépendants entre 2018 et 2022. Les officiers ont été identifiés par leur nom, leur photographie, leurs numéros de passeport délivrés en séquence numérique. Leurs données biométriques figurent dans les systèmes douaniers internationaux. L’unité est devenue un handicap opérationnel. C’est dans ce contexte de désastre du renseignement militaire russe que l’état-major général, sous l’autorité directe du chef d’état-major Valeri Guerassimov, signe l’ordre de création de l’unité militaire 75127. Désignation interne : Centre 795. Sa mission est simple dans son énoncé, terrifiante dans ses implications : mener des opérations de cycle complet, depuis les opérations militaires en Ukraine jusqu’aux assassinats politiques et aux enlèvements ciblant les critiques du Kremlin à l’étranger.


Je me suis longtemps demandé si le Kremlin apprenait de ses erreurs. La création du Centre 795 prouve qu’il essaie. Mais la suite de cette histoire prouve surtout qu’il échoue de manière spectaculaire, encore et toujours, et que cette incapacité à corriger ses failles structurelles est peut-être la seule constante du renseignement russe moderne.

Cinq cents officiers recrutés dans le plus grand secret

En juin 2023, le Centre 795 est presque entièrement opérationnel. Environ cinq cents officiers composent ses rangs, recrutés selon un processus de sélection draconien avec un taux de rejet d’environ trente-trois pour cent. L’unité dispose d’un pouvoir exorbitant : celui de débaucher des officiers du GRU, du FSB, de la Rosgvardia (Garde nationale russe), et même du FSO, le service de protection du Kremlin, sans nécessairement obtenir le consentement de l’agence d’origine. Ce privilège extraordinaire provoque des tensions institutionnelles considérables au sein de l’appareil sécuritaire russe. Les officiers sélectionnés reçoivent une rémunération sans équivalent dans l’armée russe : les chefs de département touchent environ sept mille huit cents dollars par mois. Le commandant de l’unité, lui, perçoit près de cinq cent mille dollars par an. Des sommes colossales dans un pays où le salaire moyen d’un militaire représente une fraction de ces montants. La structure est divisée en trois directions : Renseignement, Assaut et Soutien au combat. La direction du renseignement comprend à elle seule neuf départements, du renseignement de sources ouvertes au département des tireurs d’élite, en passant par l’interception des signaux et la gestion d’agents humains à l’étranger. La direction d’assaut dispose de quatre départements d’application au combat, chacun comptant quatre groupes de frappe autonomes. La direction de soutien au combat possède ses propres chars T-90A, ses lance-roquettes multiples Smerch de 300 millimètres et ses obusiers D-30.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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