Skip to content
TÉMOIGNAGE : Onze ans de prison pour avoir donné à son armée — le visage nu de la répression russe
Crédit: Adobe Stock

Zaporijjia, épicentre de la répression civile organisée

Le cas de Halyna Bekhter n’est pas isolé. Il s’inscrit dans un schéma systématique et délibéré documenté par les organisations de droits humains et les institutions ukrainiennes. Dans la région de Zaporijjia seule, plusieurs autres résidents ont reçu des sentences similaires pour des montants dérisoires versés aux Forces armées ukrainiennes. Des femmes de la même région occupée ont été condamnées à 14 ans de colonie pénitentiaire pour avoir ensemble transféré l’équivalent de 120 dollars à l’armée ukrainienne. Cent vingt dollars. Le prix d’un dîner ordinaire pour deux personnes dans un restaurant de province. Le prix de quatorze ans d’une vie humaine arrachée à sa famille, selon la justice fabriquée de l’occupant militaire.

La Freedom House, dans son rapport 2025 sur les territoires ukrainiens occupés par la Russie, documente des centaines de cas similaires à travers toutes les régions sous contrôle russe. Des correspondants de presse emprisonnés pour 13 ans, des observateurs internationaux condamnés à 14 ans, des militants citoyens frappés de peines de 10 à 12 ans. La géographie de la répression couvre Donetsk, Louhansk, Kherson, Zaporijjia et la Crimée annexée depuis 2014. Partout où le drapeau russe a remplacé le drapeau ukrainien par la force des armes, la logique est identique : punir l’identité, criminaliser la résistance, paralyser les populations par la menace permanente d’une sentence démesurée et délibérément disproportionnée.


Quand un système produit des centaines de cas identiques avec la même régularité mécanique, on ne peut plus parler d’excès ou d’erreur judiciaire. On parle d’une politique. D’une intention. D’un choix délibéré au plus haut niveau de l’État.

La mécanique implacable des procès fabriqués

Les tribunaux d’occupation installés par la Russie dans les territoires ukrainiens fonctionnent selon une logique qui n’a rien à voir avec le droit équitable et contradictoire. Les prévenus n’ont souvent pas accès à un avocat de leur choix. Les audiences se tiennent dans des conditions opaques, loin des regards extérieurs et des observateurs indépendants. Les aveux obtenus sous la contrainte physique — documentés par une commission de l’ONU qui a conclu que « les autorités russes ont eu recours à la torture dans toutes les provinces ukrainiennes passées sous contrôle russe » — servent de pièces à conviction centrales dans des dossiers souvent vides de preuves réelles. Le verdict est connu d’avance. Le procès n’est qu’une mise en scène de la soumission collective imposée à des populations entières par la force de la peur institutionnalisée.

Dans ce système judiciaire instrumentalisé, une femme de 68 ans est une cible particulièrement utile. Plus utile, paradoxalement, qu’un homme jeune et vigoureux. Parce que condamner une grand-mère à onze ans de prison envoie un message que même les plus sceptiques ne peuvent ignorer : personne n’est à l’abri. Ni l’âge, ni le sexe, ni la fragilité physique ne constituent un bouclier contre la machine répressive de l’occupation. Elle consume tout ce qu’elle touche, et c’est précisément ce que Moscou veut que les habitants des territoires occupés comprennent et internalisent jusqu’à la paralysie totale de toute velléité de résistance civile.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu