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ANALYSE : L’Iran menace l’Ukraine de frappes et invoque la Charte de l’ONU pour justifier l’injustifiable
Crédit: Adobe Stock

Un texte fondateur instrumentalisé par Téhéran

L’article 51 de la Charte des Nations Unies est un pilier du droit international. Il reconnaît le droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un État membre est l’objet d’une agression armée. Ce droit existe jusqu’à ce que le Conseil de sécurité ait pris les mesures nécessaires. C’est un bouclier, pas une épée. Et pourtant, c’est exactement en épée que Ibrahim Azizi tente de le brandir.

Sa logique : si l’Ukraine fournit des drones à Israël, elle participe aux hostilités contre l’Iran. Le territoire ukrainien deviendrait donc une cible militaire légitime. L’argument semble structuré. Il est en réalité juridiquement absurde. L’article 51 ne permet pas à un État de déclarer unilatéralement qu’un autre est devenu une cible sur la base d’allégations non prouvées. La légitime défense exige une agression armée directe, pas une supposée assistance technique. Et surtout, elle exige des preuves.


Il y a quelque chose de vertigineux dans le fait qu’un régime qui a armé la Russie pendant quatre ans avec ses Shahed invoque la légitime défense quand un autre pays aide à les neutraliser. C’est comme si un pyromane poursuivait en justice le pompier pour avoir éteint l’incendie.

Ce que dit réellement le droit international sur l’assistance militaire

En droit international humanitaire, fournir des armes ou une assistance technique à une partie en conflit ne fait pas automatiquement de l’État fournisseur un belligérant. Si tel était le cas, des dizaines de nations seraient en état de guerre permanent. Les États-Unis livrent des armes à Israël, l’Iran a armé le Hezbollah, la Russie reçoit des composants de la Chine et de la Corée du Nord. Transformer chaque livraison en casus belli reviendrait à déclencher une guerre mondiale chaque matin.

Par ailleurs, l’Ukraine n’a pas fourni de drones offensifs à Israël. Ce que Kyiv a envoyé, ce sont des spécialistes en interception et des systèmes de défense anti-drones. Une technologie défensive destinée à protéger des populations civiles ne constitue pas une participation aux hostilités. Et pourtant, pour Téhéran, cette nuance n’existe pas.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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