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ANALYSE : Pourquoi la Russie parle de l’Ukraine avec ce mépris impérial qui ne date pas d’hier
Crédit: Adobe Stock

L’architecture d’un mépris institutionnel

Le mot est là, gravé dans l’histoire comme une insulte devenue doctrine d’État : Malorossiya. La « Petite Russie ». Pas la Russie tout court — la petite. Celle qui n’a pas la stature, pas l’envergure, pas la légitimité de la grande. Ce concept, forgé au XVIIe siècle par l’administration impériale russe, n’était pas un simple terme géographique. C’était une déclaration de hiérarchie. La Grande Russie — Velikorossiya — commandait. La Petite Russie obéissait. Et entre les deux, il n’y avait pas de négociation possible, parce que dans l’esprit du tsar, il n’y avait qu’un seul peuple — le peuple russe — dont les Ukrainiens n’étaient qu’une branche maladroite, une variante dialectale, une version inachevée. Ce cadre conceptuel a survécu aux révolutions, aux guerres mondiales, aux effondrements d’empires. Il est là, intact, dans la bouche de Vladimir Poutine quand il affirme en juillet 2021 que Russes et Ukrainiens forment « un seul peuple ».

Un seul peuple. Trois mots qui nient l’existence de quarante-quatre millions de personnes. Trois mots qui transforment une nation souveraine en appendice culturel. Trois mots qui, à eux seuls, contiennent toute la violence de l’invasion à venir.

De Novorossiya à la négation totale

En 2014, quand la Russie a attisé le conflit séparatiste dans le Donbas, un autre terme impérial est réapparu comme un fantôme : Novorossiya. La « Nouvelle Russie ». Ce nom, qui désignait les territoires conquis par Catherine II au XVIIIe siècle sur l’Empire ottoman, a été ressuscité par le Kremlin pour justifier l’appropriation des régions du sud et de l’est de l’Ukraine. Le message était limpide : ces terres n’ont jamais été vraiment ukrainiennes. Elles ont toujours été russes. La brièveté de la souveraineté ukrainienne sur ces régions — un « accident historique », selon la rhétorique moscovite — ne méritait pas le respect. Le complexe de supériorité ne s’arrête pas aux mots. Il imprègne chaque décision politique, chaque manoeuvre militaire, chaque déclaration diplomatique. Quand Moscou parle de l’Ukraine, ce n’est jamais d’égal à égal. C’est toujours du haut vers le bas.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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