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BILLET : L’Iran, ce miroir que Trump refuse de regarder — et qui définira tout
Crédit: Adobe Stock

Le Congrès fantôme

Donald Trump a lancé cette guerre sans vote du Congrès. Sans déclaration formelle. Sans le moindre débat parlementaire préalable. Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont frappé simultanément des installations militaires iraniennes, des bâtiments gouvernementaux, des sites nucléaires — et une école. Le sénateur Tim Kaine a dit ce que la Constitution américaine dit depuis 1787 : « This is an illegal war. The Constitution says no declaration of war without Congress. » Cette phrase aurait dû provoquer un séisme politique. Elle a provoqué un segment de trente secondes sur CNN, puis on est passé aux cours du pétrole.

Et pourtant. La question constitutionnelle reste là, béante, sans réponse. Qui a décidé que les États-Unis partiraient en guerre contre l’Iran ? Qui a voté ? Qui a délibéré ? Pas le peuple américain. Pas ses représentants. Un homme. Et son secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, qui avait prédit une guerre courte — « quelques jours », disait-on — avant de découvrir que l’Iran n’est pas un scénario de jeu vidéo qu’on boucle en un week-end. La Constitution prévoyait exactement ce scénario. Elle avait mis des garde-fous. Ces garde-fous ont été enjambés comme une clôture de jardin, et personne n’a sifflé la faute.


Qui décide. Qui absorbe. Rarement les mêmes. Le président américain lance des frappes depuis un bureau climatisé. Les conséquences tombent sur une école à Minab, sur un marché à Ispahan, sur un hôpital à Chiraz. La facture tombe toujours ailleurs. Et ceux qui la paient n’ont pas eu voix au chapitre — ni au Congrès américain, ni au Parlement iranien, ni nulle part où les décisions se prennent vraiment.

Le précédent constitutionnel

Ce qui se joue ici dépasse l’Iran. Dépasse Trump. Dépasse même cette guerre. Ce qui se joue, c’est la question de savoir si un président américain peut désormais lancer une guerre d’agression — parce que c’est le mot qui s’impose quand on frappe un pays souverain sans vote parlementaire — sans que le système ne réagisse. Si Tim Kaine a raison, et il a raison, alors cette guerre est illégale au regard de la Constitution américaine. Et si une guerre illégale se poursuit sans conséquences pour celui qui l’a déclenchée, alors la Constitution elle-même est devenue un document décoratif. Un souvenir encadré au mur qu’on montre aux touristes.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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