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BILLET : L’Iran n’a laissé aucun choix à personne — et c’est ça qu’il faut comprendre
Crédit: Adobe Stock

Quarante pour cent du pétrole chinois

Voici un chiffre que tout le monde devrait connaître et que presque personne ne cite : l’Iran fournit près de quarante pour cent du pétrole importé par la Chine. Quarante pour cent. Ce chiffre seul suffit à comprendre pourquoi les sanctions internationales n’ont jamais réellement fonctionné. Pourquoi chaque résolution de l’ONU a été un coup d’épée dans l’eau. Pourquoi chaque embargo pétrolier a été contourné avant même d’être appliqué. Parce que Téhéran a toujours eu un acheteur. Un acheteur massif, insatiable, qui absorbe des millions de barils sans poser de questions, sans exiger de réformes, sans conditionner ses achats à quoi que ce soit qui ressemble à un comportement responsable sur la scène internationale.

Le pétrole iranien coule vers la Chine à travers des circuits opaques — des pétroliers fantômes qui coupent leurs transpondeurs, des transferts de cargaison en pleine mer, des sociétés-écrans enregistrées dans des paradis fiscaux. C’est une infrastructure parallèle entière qui a été bâtie pour contourner les sanctions. Et chaque baril qui arrive à destination, c’est de l’argent frais pour le régime. De l’argent qui ne va pas aux citoyens iraniens qui peinent à joindre les deux bouts. De l’argent qui va directement dans le budget des Gardiens de la révolution. Chaque baril vendu, c’est un missile de plus au Yémen. Une roquette de plus au Liban. Un drone de plus en Irak. Une centrifugeuse de plus qui tourne dans un bunker souterrain.


On veut croire que les sanctions fonctionnent. Que la pression économique finit toujours par plier les régimes. C’est une belle théorie. Sauf que la théorie suppose que le régime en question n’a pas d’acheteur qui se fiche éperdument des sanctions. Quand quarante pour cent de votre pétrole trouve preneur quoi qu’il arrive, les sanctions deviennent un inconvénient mineur, pas une contrainte existentielle. Et l’Iran l’a compris depuis longtemps.

Les sanctions qui n’ont jamais sanctionné

Il faut dire les choses comme elles sont : le régime iranien n’a jamais manqué d’argent pour ce qui comptait à ses yeux. L’économie iranienne souffre, oui. L’inflation est galopante. Le rial a perdu la majeure partie de sa valeur. Le peuple iranien vit une crise économique permanente. Mais le régime — le régime — continue de financer ses priorités sans broncher. Et ses priorités, ce ne sont pas les infrastructures, les soins de santé ou l’éducation. Ses priorités, ce sont les missiles, les milices et le programme nucléaire. Le Corps des Gardiens de la révolution islamique — les Pasdarans — contrôle un empire économique estimé à des dizaines de milliards de dollars. Des entreprises de construction, des compagnies de télécommunications, des banques, des parts dans l’industrie pétrolière. C’est un État dans l’État qui génère ses propres revenus, indépendamment de l’économie civile.

Et c’est précisément ce qui rend les sanctions traditionnelles si inefficaces contre l’Iran. Vous pouvez geler des comptes bancaires. Vous pouvez interdire des transactions. Vous pouvez bloquer des exportations. Mais quand le régime a ses propres circuits financiers, ses propres entreprises, ses propres acheteurs de pétrole, et une volonté politique absolue de maintenir ses programmes militaires coûte que coûte — les sanctions deviennent un exercice de communication pour les gouvernements occidentaux plus qu’une réelle contrainte pour Téhéran. On sanctionne. L’Iran contourne. On sanctionne plus fort. L’Iran contourne plus habilement. Et pendant ce ballet, les centrifugeuses tournent et les milices s’arment.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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