Skip to content
COMMENTAIRE : L’Allemagne dépasse la Chine et devient le quatrième marchand d’armes de la planète
Crédit: Adobe Stock

Un classement mondial bouleversé

Regardons les chiffres en face. Le classement des exportateurs d’armes pour la période 2021-2025 est sans appel. Les États-Unis dominent toujours, écrasant la concurrence avec 42 pour cent du marché mondial. Loin, très loin devant. La France se hisse au deuxième rang avec 9,8 pour cent, portée par ses contrats de Rafale et ses sous-marins. La Russie, troisième avec 6,8 pour cent, affiche pourtant un effondrement de 64 pour cent de ses exportations militaires par rapport à la période précédente — conséquence directe des sanctions internationales et de la cannibalisation de ses stocks par la guerre en Ukraine. Puis vient l’Allemagne, quatrième, devant la Chine. Ce n’est pas un simple réagencement. C’est un séisme stratégique.

Car la Chine ne recule pas par accident. Pékin a fait le choix stratégique de concentrer sa production militaire sur ses propres forces armées, réduisant sa dépendance aux exportations comme levier d’influence. Environ 80 pour cent des livraisons d’armes chinoises à l’étranger vont au Pakistan. Un client quasi unique. Une base étroite. Et pendant que la Chine se replie sur elle-même, l’Allemagne diversifie, multiplie ses partenaires, signe des contrats avec l’Ukraine, l’Égypte, Israël, les pays de l’OTAN. Deux trajectoires opposées. Deux visions du pouvoir militaire.


Il y a quelque chose de vertigineux dans cette inversion des rôles. Le pays qui porte encore les cicatrices du militarisme dépasse celui qui construit le plus grand arsenal du vingt-et-unième siècle. Les symboles comptent. Celui-ci est lourd de sens.

La chute libre de la Russie sur le marché des armes

L’effondrement russe mérite qu’on s’y attarde, parce qu’il explique en partie l’ascension allemande. Avec une chute de 64 pour cent, la Russie passe de superpuissance de l’exportation militaire à acteur en déclin accéléré. Les sanctions occidentales ont asséché l’accès aux composants électroniques. Les lignes de production, mobilisées pour alimenter le front ukrainien, ne peuvent plus honorer les commandes étrangères. L’Inde, client historique de Moscou, diversifie ses approvisionnements. Le complexe militaro-industriel russe paie au prix fort le coût de la guerre de Vladimir Poutine. Et chaque contrat que Moscou perd, quelqu’un d’autre le récupère. Ce quelqu’un, de plus en plus souvent, s’appelle Berlin.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu