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COMMENTAIRE : Négociations de paix reportées — quand le lieu du rendez-vous devient l’arme de guerre
Crédit: Adobe Stock

Deux jours qui n’ont rien résolu

Il faut revenir à Genève, les 17 et 18 février 2026. Ces négociations trilatérales avaient été organisées sous l’égide de l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et de Jared Kushner. La délégation ukrainienne, menée par Rustem Umerov, secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense de l’Ukraine, est venue avec des propositions concrètes. Des mécanismes pratiques pour un cessez-le-feu. Des paramètres de sécurité. Après la première journée, Steve Witkoff a parlé de progrès significatifs. Les deux parties avaient accepté de rendre compte à leurs dirigeants respectifs.

Mais la deuxième journée a duré à peine deux heures. Deux heures pour discuter de l’avenir d’un pays de 44 millions d’habitants. Les questions de souveraineté territoriale sur le Donbass, la ligne de démarcation, les garanties de sécurité — tout cela s’est heurté au mur du refus russe. Zelensky a qualifié les discussions de difficiles, accusant Moscou de chercher à étirer le processus alors qu’il pourrait, selon lui, déjà approcher de sa phase finale. Et pourtant, Witkoff continuait de parler de progrès. La dissonance entre le terrain et le discours diplomatique n’a jamais été aussi brutale.

Je me demande parfois si le mot « progrès » n’a pas été vidé de tout son sens dans le vocabulaire diplomatique. Quand une session de négociation se termine après cent vingt minutes et qu’on parle de progrès, c’est que le mot a été tordu, étiré, déformé jusqu’à ne plus rien signifier. Le progrès, pour les habitants de Kherson ou de Pokrovsk, ce serait un jour sans bombardement. Pas un communiqué de presse optimiste.

Le fossé entre les mots et les actes

Witkoff avait annoncé vouloir organiser le prochain cycle de négociations russo-ukrainiennes dans un délai de trois semaines après Genève. Trois semaines. Nous en sommes à quatre. Et au lieu d’un nouveau round, nous avons un report. Au lieu d’une avancée, nous avons une querelle sur la géographie. L’administration Trump est prise dans un étau de sa propre fabrication — engagée sur deux fronts, incapable de garantir la continuité diplomatique promise. Le conflit iranien a aspiré toute l’énergie, tout l’agenda, toute l’attention. L’Ukraine est devenue, une fois de plus, la variable d’ajustement de la politique étrangère américaine.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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