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ÉDITORIAL : L’Iran menace l’Ukraine de frappes et le monde regarde ailleurs
Crédit: Adobe Stock

La réponse cinglante de Kyiv

Heorhii Tykhyi, porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, a trouvé les mots que des dizaines de chancelleries occidentales auraient dû prononcer. Tykhyi a rappelé que l’Iran facilite depuis des années le meurtre d’Ukrainiens en fournissant directement à la Russie des drones et des technologies d’attaque. Puis cette phrase qui résume tout : invoquer la légitime défense dans ce contexte, c’est comme un tueur en série qui tenterait de justifier ses crimes en citant le code pénal.

La métaphore est brutale. Parfaitement calibrée. Le régime iranien fournit les armes qui tuent, puis menace ceux qui survivent. Il alimente la machine de guerre qui rase des villes ukrainiennes, puis invoque le droit international quand la victime ose lever la tête. C’est un mécanisme de projection si grossier qu’il faudrait que la moitié des capitales du monde se lève pour le dénoncer. Et pourtant — le silence complice qui ressemble à un acquiescement.

J’ai couvert des dizaines de déclarations diplomatiques. Des formulations polies, des condamnations tièdes qui ne condamnent rien. La réponse de Tykhyi est différente. Elle ne cherche pas le consensus. Elle nomme les choses. Et dans un monde qui a fait de l’euphémisme un art politique, nommer les choses est devenu un acte de courage.

L’article 51 retourné comme une arme

L’article 51 de la Charte des Nations Unies reconnaît le droit de légitime défense en cas d’agression armée. Il a été rédigé pour protéger les nations agressées. L’Ukraine n’a jamais bombardé Téhéran. L’Ukraine n’a pas envoyé de missiles sur des installations iraniennes. L’Ukraine a, selon des allégations non prouvées, aidé des alliés à se défendre contre des drones iraniens. C’est l’exact opposé d’une agression. Si cette logique tient, alors les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne seraient tous des cibles légitimes. La boîte de Pandore est ouverte.

Quand un régime qui viole les droits de sa propre population, qui arme des milices à travers le Moyen-Orient, qui fournit les outils de destruction à un envahisseur — quand ce régime cite la Charte des Nations Unies pour menacer une démocratie assiégée, ce n’est pas du cynisme ordinaire. C’est la mort du sens des mots.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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