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ESSAI : 400 kilomètres carrés repris, et soudain le doute change de camp
Crédit: Adobe Stock

Clausewitz revisité par la steppe ukrainienne

Carl von Clausewitz écrivait que la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. Mais il disait aussi quelque chose de plus subtil, de plus troublant : que la défense est la forme la plus forte de la guerre. Que celui qui se défend possède un avantage intrinsèque — celui du terrain connu, des lignes courtes, de la motivation profonde. L’Ukraine a prouvé cette thèse pendant deux ans. Elle a absorbé. Elle a encaissé. Elle a tenu des lignes que tout le monde disait indéfendables — Pokrovsk, Kostiantynivka, Droujkivka, Sloviansk, Kramatorsk. Mais tenir n’est pas vivre. Tenir, c’est survivre. Et un peuple ne peut pas simplement survivre indéfiniment. Il doit, à un moment donné, choisir de vivre. Choisir d’avancer. Choisir de reprendre ce qui lui a été volé. Non pas par orgueil militaire, mais par nécessité existentielle.

L’offensive dans la direction d’Oleksandrivka n’est pas qu’une opération militaire. C’est un acte philosophique. C’est la décision, prise à un moment précis de l’histoire, de refuser la fatalité. De dire : non, le temps ne joue pas nécessairement contre nous. Non, la masse ne triomphe pas toujours. Non, l’initiative n’appartient pas à celui qui a le plus de soldats à sacrifier. Elle appartient à celui qui comprend le mieux le moment. Et le moment, en février 2026, était celui-ci : la Russie préparait une offensive majeure, redéployait ses forces, concentrait ses réserves. L’Ukraine a frappé là où on ne l’attendait pas. Pas dans le Donbass saturé de troupes, mais dans le sud, dans cette zone charnière entre trois oblasts où les lignes russes étaient étirées, fragiles, vulnérables.


Il y a dans cette décision quelque chose qui me touche profondément. Pas l’héroïsme facile, pas le patriotisme de carte postale. Non. Ce qui me touche, c’est l’intelligence. L’intelligence froide, lucide, impitoyable de celui qui sait que sa survie dépend de sa capacité à surprendre. À être imprévisible quand l’ennemi vous croit prévisible.

L’asymétrie comme vertu stratégique

Le major général Oleksandr Komarenko, chef de la direction opérationnelle principale, a déclaré que les opérations futures comporteraient des éléments que l’ennemi n’attend pas. Cette phrase, volontairement vague, est en réalité d’une précision chirurgicale. Elle dit tout sans rien révéler. Elle annonce une doctrine — celle de la surprise permanente, de l’initiative tactique comme compensation de l’infériorité numérique. Les forces russes maintiennent un avantage numérique de près de trois contre un. C’est un fait brutal, incontournable. Mais l’histoire militaire regorge d’exemples où la masse a été vaincue par l’agilité. Où le nombre a été neutralisé par le mouvement. Où la force brute s’est brisée contre l’intelligence opérationnelle.

La baisse de 18 % de l’utilisation des drones FPV russes en février est un indicateur qui ne trompe pas. Les drones, dans cette guerre, sont devenus l’arme égalisatrice par excellence. Quand leur emploi diminue d’un côté, ce n’est jamais anodin. Cela signifie des problèmes de production, de logistique, de chaîne d’approvisionnement. Cela signifie que la machine de guerre russe, malgré ses ressources apparemment illimitées, connaît des points de friction. Et chaque point de friction est une fenêtre d’opportunité pour celui qui sait la repérer.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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