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ESSAI : Quand les machines tuent mieux que les hommes, que reste-t-il de la guerre
Crédit: Adobe Stock

Ce que l’histoire enseigne a ceux qui veulent bien ecouter

En 1916, sur la Somme, les Britanniques ont deploye pour la premiere fois des chars d’assaut contre les tranchees allemandes. Le Mark I etait lent, mecanique, vulnerable. La moitie tombait en panne avant d’atteindre les lignes ennemies. Et pourtant. Et pourtant, ce jour-la, quelque chose a bascule dans la nature meme du combat. Ce n’etait plus l’homme contre l’homme. C’etait l’homme assiste par la machine contre l’homme nu. Le fossile d’une asymetrie qui allait, en un siecle, devenir un gouffre. En 1945, Hiroshima. Un seul engin. Un seul equipage. Cent quarante mille morts en quelques secondes. L’industrialisation de la mort avait atteint un sommet que l’on croyait indépassable. La dissuasion nucleaire est nee de cette horreur — l’idee que la destruction totale empecherait la destruction totale. Un paradoxe fige dans l’uranium.

Mais ce que l’Ukraine est en train de demontrer en 2025-2026, c’est autre chose. Ce n’est pas la destruction massive. C’est la destruction granulaire. Precise. Repetee. Quotidienne. Industrielle dans sa cadence, artisanale dans son execution. Sept millions de drones prevus pour 2026, contre quatre millions en 2025. Sept millions d’objets volants concus pour un seul objectif : trouver, suivre, detruire. L’Institut francais des relations internationales parle d’une potentielle revolution militaire. Le terme n’est pas galvaude. La motorisation a change la guerre. La mecanisation a change la guerre. La dronisation est en train de la reinventer de fond en comble. Et cette reinvention ne vient pas du Pentagone. Elle ne vient pas des laboratoires de la DARPA. Elle vient d’un pays en guerre, dos au mur, qui a compris avant tout le monde que le futur du combat ne se joue pas dans les usines d’armement traditionnelles mais dans des ateliers de bricolage technologique dissemines sur tout son territoire.


Il y a dans cette histoire ukrainienne quelque chose qui ressemble a une ironie cosmique. Le pays le plus pauvre d’Europe, envahi par la deuxieme armee du monde, est en train de redefinir la grammaire de la guerre pour le siecle entier. Pas parce qu’il l’a voulu. Parce qu’il n’avait pas le choix.

La motorisation, la mecanisation, la dronisation

Chaque revolution militaire a suivi le meme schema. D’abord le scepticisme. Ensuite l’adoption reluctante. Puis la dependance totale. Les generaux francais de 1940 n’ont pas perdu parce qu’ils manquaient de chars. Ils ont perdu parce qu’ils n’avaient pas compris que le char n’etait pas un outil supplementaire — c’etait un nouveau paradigme. L’armee americaine est aujourd’hui en train de vivre exactement cette prise de conscience. Le secretaire a la Guerre Pete Hegseth a ordonne en juillet 2025 que chaque escouade soit equipee de systemes non habites d’ici fin 2026. Chaque escouade. Pas chaque division. Pas chaque brigade. Chaque escouade. Le niveau le plus elementaire de l’organisation militaire. Ce n’est pas un ajustement. C’est une refondation. Et elle est dictee — il faut le dire clairement — par ce qui se passe en Ukraine.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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