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OPINION : Pourquoi les États-Unis avaient raison de frapper l’Iran — le dossier que personne ne voulait ouvrir
Crédit: Adobe Stock

L’échec monumental du JCPOA

L’accord sur le nucléaire iranien de 2015 — le fameux JCPOA — restera dans l’histoire comme l’une des plus grandes illusions diplomatiques du vingt-et-unième siècle. L’idée était séduisante, presque élégante : en échange de la levée des sanctions économiques, l’Iran acceptait de limiter son enrichissement d’uranium à 3,67 pour cent, de réduire ses stocks, de couler le cœur de son réacteur à eau lourde d’Arak dans du béton, et d’accepter des inspections de l’AIEA. Barack Obama l’a présenté comme un triomphe diplomatique. Les Européens l’ont célébré. Les marchés ont applaudi. Le monde a collectivement poussé un soupir de soulagement.

Sauf que. Sauf que l’accord ne couvrait pas le programme de missiles balistiques. Sauf que l’accord n’abordait pas le financement des milices. Sauf que l’accord comportait des clauses de temporisation — des « sunset clauses » — qui permettaient à l’Iran de reprendre librement ses activités d’enrichissement après dix ou quinze ans. Sauf que l’AIEA a documenté des anomalies dans des sites non déclarés — des traces d’uranium enrichi retrouvées dans des installations que l’Iran n’avait jamais mentionnées. Sauf que l’Iran a systématiquement limité l’accès des inspecteurs, retardé les visites, contesté les demandes d’accès. Le JCPOA n’a pas empêché l’Iran de devenir une menace nucléaire. Il a retardé l’échéance de quelques années. Et il a donné à Téhéran les milliards de dollars d’avoirs dégelés nécessaires pour renforcer massivement son réseau de milices entre-temps. Un accord qui finance indirectement ce qu’il prétend prévenir — c’est le genre d’ironie tragique que seule la diplomatie multilatérale peut produire.

Quand Trump a retiré les États-Unis de l’accord en 2018, les critiques ont hurlé. « Vous détruisez la diplomatie ! Vous poussez l’Iran vers la bombe ! Vous isolez l’Amérique ! » Mais l’Iran marchait déjà vers la bombe. Les rapports de l’AIEA sont publics — n’importe qui peut les lire. En 2023, l’Iran enrichissait de l’uranium à 60 pour cent — un niveau qui n’a aucune application civile connue sur cette planète. Zéro. La seule raison d’enrichir à 60 pour cent, c’est de se positionner à un pas du 90 pour cent — le seuil de la bombe. Et la distance entre 60 et 90 ne se mesure pas en années. Elle se mesure en semaines. Le monde était face à un choix binaire, brutal, sans nuance possible : agir maintenant, ou accepter un Iran nucléaire demain.


Le JCPOA était un pari. Le pari que la carotte fonctionnerait là où le bâton avait échoué. Que la prospérité rendrait l’Iran raisonnable. Que le commerce apaiserait l’idéologie. C’est exactement le même pari qu’on avait fait avec la Russie et son gaz — on achète leur énergie, ils deviennent pacifiques. On connaît le résultat. Les régimes idéologiques n’échangent pas leurs convictions contre des chèques. Ils encaissent les chèques et gardent les convictions. Et ils utilisent l’argent pour acheter de meilleures armes.

La prolifération en cascade — le scénario cauchemar

Si l’Iran obtenait l’arme nucléaire, la conséquence était prévisible et documentée par chaque analyste sérieux de la région. L’Arabie saoudite — rivale existentielle de l’Iran — avait déjà signalé publiquement qu’elle se doterait de la bombe si Téhéran l’obtenait. Le prince héritier Mohammed ben Salmane l’avait dit devant les caméras, sans ambiguïté aucune. L’Égypte, puissance historique du monde arabe, n’accepterait pas d’être en reste. La Turquie, avec ses ambitions néo-ottomanes et son programme nucléaire civil déjà en cours, non plus. En l’espace d’une décennie, le Moyen-Orient serait devenu une zone de prolifération nucléaire avec cinq ou six puissances atomiques dans la région la plus volatile, la plus fracturée, la plus instable de la planète.

Et voici ce que les partisans du statu quo ne veulent jamais admettre : la dissuasion nucléaire telle qu’elle a fonctionné pendant la guerre froide — entre deux superpuissances rationnelles qui avaient tout à perdre dans un conflit nucléaire — n’a strictement rien à voir avec la dissuasion entre six pays dont certains sont gouvernés par des régimes théocratiques qui promettent le martyre à leurs citoyens et la destruction divine de leurs ennemis. Le risque d’accident, de mauvais calcul, d’escalade involontaire, de frappe préemptive née de la paranoïa — ce risque serait devenu astronomique. Et cette fois, pas de téléphone rouge entre Riyad et Téhéran. Pas de ligne directe. Pas de protocoles de désescalade. Juste des arsenaux nucléaires et de la méfiance millénaire.


Les gens qui s’indignent de la frappe américaine n’ont jamais répondu à cette question simple : que proposez-vous, concrètement, quand un régime qui promet la destruction de son voisin est à quelques semaines de posséder le moyen de tenir cette promesse ? Des sanctions supplémentaires ? Un nouveau round de négociations ? Une lettre sévère du Conseil de sécurité ? Le silence, à ce stade, n’est pas de la retenue. C’est de la complicité passive déguisée en sagesse.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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