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OPINION : Washington désarme l’Europe pour armer le Moyen-Orient, et personne ne bronche
Crédit: Adobe Stock

Une compétition pour les mêmes ressources

Kaja Kallas, la cheffe de la politique étrangère de l’Union européenne, a mis les mots justes sur la situation. Des mots que les capitales européennes auraient dû reprendre en choeur, transformer en cri d’alarme, en plan d’action. Elle a déclaré au Financial Times : « C’est certainement un problème, parce qu’il y a essentiellement une compétition pour les mêmes ressources entre le Moyen-Orient et l’Ukraine. » Une compétition. Le mot est choisi avec la précaution diplomatique qui caractérise Bruxelles. Mais derrière ce mot poli se cache une réalité brutale : l’Europe est en train de perdre l’accès aux armes dont elle a besoin pour sa propre sécurité parce que les États-Unis ont décidé que le Moyen-Orient passait en premier.

Et qu’a fait l’Europe après cette déclaration ? Rien. Absolument rien. Pas de sommet extraordinaire de l’OTAN. Pas de réunion d’urgence des ministres de la Défense. Pas de plan B. Pas de plan C. Juste le silence confortable de ceux qui préfèrent ne pas voir le mur qu’ils s’apprêtent à percuter. L’Europe continue de sous-traiter sa défense à un partenaire qui vient de lui montrer, noir sur blanc, qu’elle n’est pas sa priorité. Et pourtant, les missiles russes continuent de pleuvoir sur l’Ukraine. Et pourtant, la Russie maintient la pression sur le flanc oriental de l’OTAN. Et pourtant, Moscou observe, prend note, et ajuste sa stratégie en conséquence.


Ce qui me frappe, ce n’est pas l’attitude de Washington. Washington fait ce que Washington a toujours fait : servir ses intérêts. Non, ce qui me sidère, c’est l’inertie européenne. Cette capacité à encaisser les coups sans jamais réagir. À se faire désarmer en souriant. À continuer de croire que le parapluie américain est éternel alors qu’on est en train de le replier sous leurs yeux.

La naïveté stratégique a un prix

Le prix de cette naïveté stratégique européenne se paie en vies humaines. Chaque intercepteur Patriot qui part vers le Moyen-Orient au lieu de l’Ukraine augmente statistiquement le nombre de civils ukrainiens qui mourront sous les bombardements russes. Ce n’est pas de la rhétorique. C’est de l’arithmétique militaire. Les systèmes de défense aérienne ne sont pas interchangeables. Ils ne se fabriquent pas du jour au lendemain. Et quand un pays comme les États-Unis décide de les réorienter, il crée des trous béants dans la défense de ceux qui en dépendaient. L’Allemagne et ses alliés européens préparent certes la livraison de 35 missiles PAC-3 Patriot à l’Ukraine, mais c’est une goutte d’eau face à l’océan de besoins.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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