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RÉCIT : L’Europe a contourné Orbán pour ouvrir les portes de l’adhésion à l’Ukraine
Crédit: Adobe Stock

Vingt-six contre un

Pour comprendre ce qui se passe à Bruxelles en ce matin de mars, il faut remonter trois mois en arrière. Le 11 décembre 2025. La ville de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, accueille une réunion qui ne figure dans aucun traité, mais qui changera le cours de l’élargissement européen. Autour de la table : Marta Kos, cheffe de l’élargissement européen. Marie Bjerre, ministre danoise des affaires européennes, représentant la présidence tournante du Conseil. Taras Kachka, côté ukrainien. Et les représentants de vingt-six États membres sur vingt-sept. L’absent, encore une fois, c’est la Hongrie. Vingt-six nations réunies dans une ville ukrainienne bombardée régulièrement par des drones russes, pour dire à Kyiv : nous ne vous abandonnerons pas. Pas cette fois.

Ce jour-là naît le plan d’action en dix points. Un document technique en apparence, révolutionnaire dans son intention. Le plan couvre le renforcement des agences anti-corruption — le NABU et le SAPO doivent gagner en indépendance. L’élargissement de la juridiction des organes anticorruption aux postes à haut risque. L’adoption d’une stratégie anticorruption d’ici le deuxième trimestre de 2026. L’État de droit. La réforme judiciaire. Tout ce que l’Ukraine doit faire pour devenir membre — sans attendre la permission de Budapest. Le format est baptisé « format de Lviv ». Un nom de ville. Un nom de résistance.


Je trouve quelque chose de profondément ironique — et de profondément juste — dans le fait que cette stratégie de contournement soit née à Lviv. Une ville qui connaît le bruit des sirènes comme d’autres connaissent le bruit du métro. L’Europe a dû venir jusqu’aux sirènes pour comprendre qu’attendre le bon vouloir d’un seul homme relevait de l’indécence historique.

Le format qui change les règles du jeu

Marie Bjerre l’a formulé avec une franchise scandinave qui ne laissait aucune place à l’ambiguïté : « Il ne peut pas y avoir de blocage pour l’éternité. Il doit être levé. » Cette phrase, prononcée dans le froid de décembre à Lviv, résonne encore dans les couloirs de Bruxelles. Car elle dit tout. Elle dit que l’Union européenne a choisi de ne plus être otage d’un seul État membre. Elle dit que le consensus, ce principe sacré de la diplomatie européenne, peut être contourné quand il est détourné. Elle dit que la solidarité avec l’Ukraine est devenue un impératif stratégique qui surpasse les mécanismes institutionnels habituels. Le frontloading n’est pas un bricolage juridique. C’est une doctrine. Et cette doctrine dit une chose simple : l’Ukraine avancera. Avec ou sans la Hongrie.

Le même jour, à Lviv, Marta Kos prononce une phrase qui sera répétée dans toutes les chancelleries : « Nous voyons l’adhésion de l’Ukraine à l’UE comme le bras politique de la garantie de sécurité européenne. » Ce n’est plus de l’élargissement. C’est de la géopolitique. Ce n’est plus une question de normes agricoles ou de compétitivité économique. C’est une question de survie. La survie d’un pays. La survie d’un continent. La survie d’une idée — l’idée que la démocratie vaut la peine d’être défendue, même quand le prix est exorbitant.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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