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REPORTAGE : L’Iran tire encore — et le Pentagone ne sait plus quoi dire
Crédit: Adobe Stock

L’arithmétique froide d’un arsenal qui ne s’épuise pas

Pour comprendre pourquoi l’Iran tire encore, il faut d’abord comprendre ce qu’il possédait avant le 28 février 2026, date du déclenchement de la guerre lancée par Israël et les États-Unis. Le Bureau du directeur du renseignement national américain estimait en 2022 que l’Iran disposait du plus grand inventaire de missiles balistiques de la région. Les rapports du renseignement israélien avançaient le chiffre d’environ 3 000 missiles. Après la guerre de 12 jours de juin, ce chiffre était tombé à 2 500. Deux mille cinq cents missiles. Il suffit de laisser ce nombre résonner un instant pour mesurer l’ampleur du défi. Israël aurait désactivé jusqu’à 290 lanceurs sur un total estimé entre 410 et 440. Les deux tiers des lanceurs identifiés, donc. Mais les lanceurs identifiés ne sont pas les lanceurs existants. Et c’est là que le récit de la victoire totale commence à se fissurer comme du verre sous la pression.

David Des Roches, de la National Defense University de Washington, le dit sans détour : « Il n’est pas évident d’identifier les lanceurs. Ce que nous voyons, ce sont des missiles placés dans des endroits cachés ou des lieux non associés à l’armée avant la guerre, quand il y avait moins de surveillance. » En clair : l’Iran a passé des années à planquer ses missiles dans des granges, des entrepôts civils, des hangars anonymes. Des années à préparer exactement ce scénario — celui où la puissance aérienne américaine et israélienne viendrait frapper, et où il faudrait continuer à tirer depuis les décombres. Ce n’est pas de l’improvisation. C’est de la doctrine militaire appliquée avec une patience que l’Occident sous-estime chroniquement.


On détruit ce qu’on voit. Mais ce qu’on ne voit pas continue de vivre, de respirer, de frapper. C’est la leçon la plus ancienne de la guerre, et c’est celle que les états-majors les plus sophistiqués du monde refusent d’apprendre.

Le mirage des pourcentages

Un pourcentage est une arme de communication massive. Dire que les lancements ont baissé de 90 % semble définitif. Mais 90 % de 167, cela laisse encore 16 à 17 missiles potentiels par salve. Et quand chaque missile peut tuer, peut détruire une infrastructure critique, peut déclencher un incendie dans un aéroport international, la question n’est plus mathématique — elle est existentielle. Muhanad Seloom, du Doha Institute for Graduate Studies, résume cette réalité avec une clarté glaçante : « Le nombre de lancements importe peu tant que la menace reste crédible. Il suffit d’un seul drone réussi pour briser le sentiment de sécurité. » Un seul. Pas cent. Pas cinquante. Un seul. Et c’est exactement ce que l’Iran fait, méthodiquement, chirurgicalement, avec la patience d’un joueur d’échecs qui sait que la partie se gagne dans les derniers coups, pas dans les premiers.

Les chiffres du Pentagone racontent une histoire de domination. Les faits sur le terrain racontent une histoire de résilience. Entre ces deux histoires, il y a des populations civiles qui vivent sous la menace permanente, des économies régionales qui tremblent, et un détroit d’Ormuz qui se transforme progressivement en zone de guerre maritime. Le pourcentage ne console personne quand la sirène retentit à trois heures du matin.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.

Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.

Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, Bloomberg News, Xinhua News Agency).

Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies, rapports d’organisations sectorielles (The Washington Post, The New York Times, Financial Times, The Economist, Foreign Affairs, Le Monde, The Guardian).

Les données statistiques, économiques et géopolitiques citées proviennent d’institutions officielles : Agence internationale de l’énergie (AIE), Organisation mondiale du commerce (OMC), Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale, instituts statistiques nationaux.

Nature de l’analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.

Sources

Sources primaires

Al Jazeera — US says it has destroyed Iran missile capacity: How is Iran still shooting? — 16 mars 2026

Maison-Blanche — Communiqués officiels sur l’opération Epic Fury — Mars 2026

Sources secondaires

Reuters — Couverture du conflit Iran-États-Unis-Israël — Mars 2026

BBC News — Analyse de la capacité balistique iranienne — Mars 2026

David Des Roches, National Defense University, Washington DC — Analyse citée par Al Jazeera — Mars 2026

Hamidreza Azizi, German Institute for International and Security Affairs — Analyse citée par Al Jazeera — Mars 2026

Muhanad Seloom, Doha Institute for Graduate Studies — Analyse citée par Al Jazeera — Mars 2026

Vali Nasr, Université Johns Hopkins — Analyse citée par Al Jazeera — Mars 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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