La raffinerie Afipsky en flammes
L’Ukraine n’a pas encaissé les coups sans répondre. Dans la même nuit, les forces de défense ukrainiennes ont frappé la raffinerie pétrolière d’Afipsky, située dans le kraï de Krasnodar, en Russie. Cette installation traite environ 6,25 millions de tonnes de pétrole par année, ce qui représente 2,1 % de la capacité totale de raffinage russe. Un incendie s’est déclaré sur le site après les frappes, confirmé par le General Staff ukrainien et par des images satellites. Frapper les raffineries russes, c’est frapper la machine de guerre là où ça fait le plus mal : au portefeuille. Et pourtant, cette stratégie d’attrition économique reste encore sous-estimée par de nombreux observateurs occidentaux qui préfèrent se concentrer sur les lignes de front plutôt que sur les lignes de bilan.
Quand un drone ukrainien allume un incendie dans une raffinerie qui fournit du carburant à l’armée russe, ce n’est pas un acte de désespoir — c’est un calcul stratégique d’une précision chirurgicale.
Le port de Kavkaz visé sur le détroit de Kertch
En parallèle, les forces ukrainiennes ont également ciblé le port de Kavkaz, situé près de Chushka, sur le détroit de Kertch, en face de la Crimée occupée. Ce port est un noeud logistique crucial pour le transport de céréales et de gaz de pétrole liquéfié (GPL). Les autorités russes locales ont reconnu que trois personnes avaient été blessées lors de l’attaque et que les infrastructures portuaires avaient subi des dommages significatifs. L’état-major ukrainien a confirmé ces frappes, soulignant que les deux installations — la raffinerie Afipsky et le port de Kavkaz — contribuent directement au soutien logistique de l’armée russe.
Le renouvellement des sanctions européennes décortiqué
2 600 individus et entités maintenus sur la liste noire
Le même jour, le 14 mars 2026, les 27 États membres de l’Union européenne ont voté pour prolonger les sanctions ciblant environ 2 600 individus et entités russes. Ces mesures comprennent des restrictions de voyage et des gels d’actifs, prolongés jusqu’au 15 septembre 2026. Cette décision brisant une impasse diplomatique provoquée par la Hongrie et la Slovaquie qui bloquaient le renouvellement depuis plusieurs jours. Le fact-check confirme que sans ce renouvellement avant la date limite du 15 mars, l’ensemble des noms sur la liste noire européenne — y compris le président Vladimir Poutine et le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov — auraient été automatiquement retirés.
On a frôlé la catastrophe diplomatique : imaginez le signal envoyé au Kremlin si Poutine lui-même avait été retiré de la liste des sanctions à cause d’un veto hongrois.
Le compromis final : qui a été retiré, qui reste
Le compromis négocié a permis le retrait de deux individus vivants de la liste, dont le trader néerlandais Niels Troost, ainsi que cinq personnes décédées. En revanche, les oligarques russes Alisher Ousmanov et Mikhaïl Fridman, dont la Slovaquie exigeait la radiation, sont restés sur la liste des sanctions. C’est un point crucial que ce fact-check doit souligner : malgré les pressions diplomatiques intenses, les noms les plus controversés n’ont pas été retirés. La structure des sanctions a tenu bon, même si le processus décisionnel a révélé des fissures inquiétantes au sein de l’unanimité européenne.
La Hongrie et la Slovaquie : les fossoyeurs de l'unité européenne
Viktor Orbán et le chantage énergétique
Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a mené une campagne ouverte contre le renouvellement des sanctions, allant jusqu’à réclamer la suspension des sanctions énergétiques russes en invoquant la hausse des prix du pétrole. La Hongrie et la Slovaquie ont également accusé le président ukrainien Volodymyr Zelensky de maintenir le pipeline Droujba fermé pour des raisons politiques. Et pourtant, ce pipeline endommagé est une conséquence directe du conflit que la Russie a déclenché, pas un outil de chantage ukrainien. Le two-dimensional chess d’Orbán consiste à blâmer la victime tout en négociant avec l’agresseur — un schéma que ce fact-check doit dénoncer avec la plus grande clarté.
Orbán transforme chaque sommet européen en bazar diplomatique où le prix du gaz détermine la valeur des vies ukrainiennes — et personne à Bruxelles ne semble capable de le faire taire.
Robert Fico et la demande slovaque de radier Ousmanov et Fridman
Le Premier ministre slovaque Robert Fico a joué un rôle tout aussi déstabilisateur. Son ambassadeur auprès de l’UE a poussé jusqu’à 16 heures le samedi 14 mars pour obtenir la radiation des visas et gels d’actifs visant Ousmanov et Fridman. Derrière cette demande se cachait un réseau d’influence plus large : le président turc Recep Tayyip Erdogan, l’Azerbaïdjan et trois républiques d’Asie centrale utilisaient la Slovaquie comme levier diplomatique pour faire retirer Ousmanov de la liste. Finalement, la Slovaquie a retiré son veto sans obtenir satisfaction sur ces noms. Fico s’est retrouvé isolé diplomatiquement, décrit par EU Observer comme ayant été mis devant le fait accompli par la pression combinée des autres États membres.
António Costa dénonce la décision américaine sur le pétrole russe
Washington assouplit les sanctions pendant que Bruxelles les durcit
Le président du Conseil européen António Costa n’a pas mâché ses mots face à la décision unilatérale de l’administration Trump d’assouplir les sanctions sur le pétrole russe bloqué en mer. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent avait annoncé un permis temporaire de 30 jours — valide jusqu’au 11 avril — autorisant la vente de pétrole russe déjà chargé sur des tankers précédemment sanctionnés. Costa a qualifié cette décision de très préoccupante, déclarant qu’elle impacte la sécurité européenne. Et pourtant, le contraste est saisissant : d’un côté, l’Europe se bat pour maintenir ses sanctions contre vents et marées ; de l’autre, Washington ouvre une brèche dans le mur de pression économique patiemment construit depuis 2022.
L’ironie est brutale : les Européens se déchirent pour maintenir des sanctions que les Américains défont d’un trait de plume en invoquant la guerre contre l’Iran.
Le contexte géopolitique : la guerre en Iran et la flambée des prix
La décision américaine s’inscrit dans un contexte géopolitique explosif. La guerre entre les États-Unis et Israël contre l’Iran a provoqué la fermeture effective du détroit d’Ormuz, un goulot d’étranglement par lequel transite une part massive du pétrole mondial. Les prix du brut ont grimpé au-dessus de 100 dollars le baril, poussant l’administration Trump à chercher des sources alternatives d’approvisionnement — y compris le pétrole russe. Bessent a affirmé que cette mesure produirait un bénéfice massif pour l’économie américaine à long terme, tout en prétendant qu’elle ne fournirait pas de bénéfice financier significatif au gouvernement russe. Costa a directement contredit cette affirmation, déclarant que toute mesure permettant à la Russie d’augmenter ses revenus pétroliers est problématique au regard de l’objectif de paralyser les capacités de guerre russes.
Bart De Wever brise un tabou européen
Le Premier ministre belge appelle à négocier avec Moscou
Dans une interview publiée dans L’Écho le 14 mars, le Premier ministre belge Bart De Wever a lâché une bombe diplomatique en appelant l’Europe à négocier directement avec la Russie pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Sa déclaration est devenue virale : « Puisque nous ne sommes pas capables de menacer Vladimir Poutine en envoyant des armes à l’Ukraine, et que nous ne pouvons pas l’étouffer économiquement sans le soutien des États-Unis, il ne reste qu’une seule méthode : conclure un deal ». Cette prise de position a immédiatement provoqué un tollé diplomatique à travers l’Europe.
Quand le Premier ministre d’un pays fondateur de l’UE dit publiquement que les sanctions ne fonctionnent pas sans les Américains, c’est soit un aveu d’échec, soit un appel au réalisme — et la frontière entre les deux n’a jamais été aussi mince.
L’Europe divisée entre faucons et colombes
La proposition de De Wever a cristallisé une fracture profonde au sein de l’Union européenne. D’un côté, le président français Emmanuel Macron, la Première ministre italienne Giorgia Meloni et le Premier ministre hongrois Viktor Orbán ont appelé à des pourparlers directs avec Moscou. De l’autre, la Pologne et les trois États baltes — Estonie, Lettonie, Lituanie — restent fermement opposés à toute normalisation des relations avec la Russie. Bloomberg a rapporté que des responsables européens ont rejeté la tentative de De Wever de normaliser les relations avec Moscou. La Commission européenne a exclu tout retour aux importations d’énergie russe, envoyant un signal clair que la ligne dure reste la position officielle de l’institution.
Zelensky avertit l'Europe d'une exploitation russe du chaos mondial
Le lien entre la guerre au Moyen-Orient et l’offensive russe
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a émis un avertissement direct à l’Europe : « La Russie va essayer d’exploiter la guerre au Moyen-Orient pour causer des destructions encore plus importantes ici en Europe ». Ce constat lucide s’appuie sur une chaîne causale vérifiable : la guerre contre l’Iran mobilise l’attention et les ressources américaines, le détroit d’Ormuz est perturbé, les prix du pétrole explosent, Washington assouplit ses sanctions russes pour compenser, et la Russie engrange des revenus supplémentaires qu’elle peut réinvestir dans sa machine de guerre. Chaque maillon de cette chaîne est documenté et vérifiable.
Zelensky ne fait pas de la prophétie — il lit la séquence logique des événements avec une clarté que beaucoup de dirigeants européens refusent encore d’admettre.
La fenêtre d’opportunité pour Moscou
Le Kremlin observe la situation géopolitique mondiale avec une précision chirurgicale. Chaque crise qui détourne l’attention occidentale de l’Ukraine est une fenêtre d’opportunité pour intensifier les opérations militaires. L’attaque massive du 13-14 mars n’est pas un hasard de calendrier : elle coïncide avec le débat sur les sanctions, avec la crise pétrolière mondiale, avec la division européenne. Moscou frappe quand l’Occident est distrait, quand l’unité européenne est fragilisée, quand les États-Unis regardent ailleurs. Cette synchronicité n’est pas une coïncidence — c’est une stratégie délibérée.
Les sanctions européennes fonctionnent-elles vraiment
Ce que les données disent sur l’impact économique
C’est la question centrale que tout fact-check sérieux doit poser. Les sanctions européennes contre la Russie ont-elles atteint leur objectif déclaré de paralyser les capacités de guerre russes ? La réponse est nuancée. D’un côté, les sanctions ont indéniablement compliqué l’accès russe aux technologies occidentales, aux pièces détachées et aux marchés financiers internationaux. Le PIB russe a subi des contractions significatives dans certains secteurs. De l’autre, la Russie a développé des circuits de contournement via la Chine, l’Inde, la Turquie et les Émirats arabes unis, maintenant ses revenus pétroliers à des niveaux suffisants pour financer la guerre.
Les sanctions sont un outil nécessaire mais insuffisant — comme un tourniquet qui ralentit l’hémorragie sans refermer la plaie.
Le paradoxe de l’énergie européenne
Le paradoxe fondamental des sanctions européennes reste l’énergie. Malgré les restrictions, certains pays européens continuent d’importer du gaz russe par divers canaux. La Hongrie d’Orbán maintient des contrats gaziers à long terme avec Moscou. La Slovaquie de Fico dépend encore largement du pétrole russe transitant par le pipeline Droujba. Et la décision américaine d’assouplir les sanctions pétrolières crée un précédent dangereux qui pourrait inciter d’autres pays à suivre le mouvement. L’Europe parle d’une voix unie sur les sanctions, mais ses factures énergétiques racontent une tout autre histoire.
Le rôle de la Turquie dans le jeu des sanctions
Erdogan pousse pour la radiation d’Ousmanov via la Slovaquie
Un élément révélé par cette crise diplomatique mérite une attention particulière : le rôle de la Turquie. Selon Radio Free Europe, le président turc Recep Tayyip Erdogan, appuyé par l’Azerbaïdjan et trois républiques d’Asie centrale, a utilisé la Slovaquie comme cheval de Troie pour tenter de faire retirer l’oligarque russo-ouzbek Alisher Ousmanov de la liste noire européenne. Cette manœuvre révèle l’étendue des réseaux d’influence qui gravitent autour des sanctions européennes. Ousmanov, dont la fortune est estimée à plusieurs milliards de dollars, possède des intérêts commerciaux en Turquie et en Asie centrale, ce qui explique la mobilisation diplomatique en sa faveur.
Quand Erdogan fait pression sur Bratislava pour sauver un oligarque russe, on comprend que les sanctions ne sont pas seulement un outil économique — ce sont un champ de bataille géopolitique à part entière.
La Turquie entre deux chaises
La Turquie d’Erdogan continue de jouer un jeu d’équilibriste entre l’OTAN, dont elle est membre, et la Russie, avec laquelle elle maintient des relations économiques étroites. Ankara est devenue l’un des principaux canaux de contournement des sanctions occidentales, permettant à des biens et des capitaux russes de circuler malgré les restrictions. Ce double jeu turc est un fait documenté par de multiples rapports d’organisations internationales et de think tanks spécialisés. Le fact-check de cette réalité est sans appel : la Turquie profite financièrement de sa position d’intermédiaire tout en restant formellement alliée de l’Occident.
L'attaque massive de drones en contexte historique
Comparaison avec les précédentes vagues d’attaques russes
L’attaque du 13-14 mars avec ses 430 drones et 68 missiles doit être replacée dans son contexte historique. Quelques semaines plus tôt, la Russie avait lancé sa plus grande attaque de drones de toute la guerre : 480 drones en un seul assaut. Cette offensive avait tué 47 civils à Kharkiv, la frappe aérienne la plus meurtrière depuis le début de l’invasion à grande échelle. La tendance est claire et vérifiable : la Russie augmente progressivement le volume et la fréquence de ses attaques aériennes, testant les limites de la défense aérienne ukrainienne. Le 16 mars, soit deux jours après l’attaque analysée ici, 211 drones supplémentaires ont été lancés contre l’Ukraine, ciblant les régions d’Odessa, de Zaporizhzhia et de Kyiv.
Chaque vague de drones est plus massive que la précédente — et ceux qui croient que la défense aérienne ukrainienne peut tenir indéfiniment sans aide occidentale accrue se racontent des histoires.
La question de la défense aérienne et de l’approvisionnement occidental
Avec un taux d’interception de 93,5 % pour les drones et de 85,3 % pour les missiles lors de l’attaque du 13-14 mars, les systèmes de défense aérienne ukrainiens démontrent une efficacité remarquable. Mais ces chiffres masquent une réalité plus sombre : chaque missile intercepté consomme un intercepteur dont le remplacement dépend de l’approvisionnement occidental. Les systèmes Patriot, les IRIS-T et les NASAMS ne peuvent fonctionner que si les munitions continuent d’arriver. Et pourtant, les promesses de livraisons de systèmes de défense aérienne accusent régulièrement des retards que l’Ukraine paie en vies humaines.
Les frappes ukrainiennes sur les infrastructures pétrolières russes fonctionnent-elles
L’impact mesuré sur la capacité de raffinage russe
La frappe sur la raffinerie Afipsky s’inscrit dans une stratégie systématique de l’Ukraine visant les infrastructures énergétiques russes. Cette raffinerie, avec ses 6,25 millions de tonnes de capacité annuelle, représente un objectif militaire légitime en tant que maillon de la chaîne logistique de l’armée russe. Les données vérifiables montrent que ces frappes répétées ont réduit la capacité de raffinage russe de manière mesurable, forçant Moscou à importer des produits raffinés et à réorganiser ses circuits d’approvisionnement. Chaque raffinerie touchée est une contrainte supplémentaire sur une économie de guerre déjà sous pression.
Les drones ukrainiens qui frappent les raffineries russes accomplissent en une nuit ce que des mois de diplomatie n’arrivent pas à faire : réduire concrètement la capacité de Moscou à faire la guerre.
Le port de Kavkaz et la logistique criméenne
Le port de Kavkaz, situé sur le détroit de Kertch face à la Crimée, est un point névralgique de la logistique russe. Depuis les dommages infligés au pont de Kertch, ce port a pris une importance accrue pour le ravitaillement de la péninsule occupée et des forces russes dans le sud de l’Ukraine. Le frapper, c’est fragiliser toute la chaîne d’approvisionnement qui maintient l’occupation russe en Crimée et dans les régions sud du front. Les trois blessés signalés par les autorités russes et les dommages aux infrastructures confirment que la frappe a atteint sa cible.
Le vrai coût humain vérifié par les chiffres
Les sources convergentes sur le bilan du 13-14 mars
Le fact-checking rigoureux exige de croiser les sources. Voici ce que les données vérifiées nous disent sur l’attaque du 13-14 mars 2026. Al Jazeera rapporte six morts et précise la répartition : cinq dans la région de Kyiv avec quinze blessés, un à Zaporizhzhia avec trois blessés. Ukrinform confirme ces chiffres et ajoute des détails sur les interceptions. Le General Staff ukrainien fournit les données sur les drones et missiles lancés. Radio Free Europe corrobore le bilan en citant sept civils tués au total (incluant possiblement des victimes dans d’autres régions) et 46 blessés. La convergence des sources est forte : les chiffres sont fiables.
Six morts ne font pas la une pendant longtemps — mais derrière chaque chiffre, il y a un nom, une famille, un avenir volé par un drone lancé depuis l’autre côté de la frontière.
La fatigue informationnelle face aux victimes quotidiennes
Après plus de quatre années de guerre à grande échelle, le monde s’est habitué aux bilans quotidiens de l’Ukraine. Six morts ne génèrent plus la même indignation qu’au début du conflit. Cette fatigue informationnelle est un phénomène documenté par les études en communication : plus un conflit dure, moins il capte l’attention médiatique et l’empathie publique. Et pourtant, chaque attaque continue de tuer, de détruire, de désintégrer le tissu social d’un pays qui se bat pour sa survie. Le fact-check ne doit pas seulement vérifier les chiffres — il doit aussi rappeler que derrière les statistiques, il y a des êtres humains.
L'architecture des sanctions européennes est-elle viable à long terme
Le mécanisme d’unanimité comme arme de blocage
La crise du renouvellement de mars 2026 a mis en lumière une faille structurelle majeure dans l’architecture des sanctions européennes : le mécanisme d’unanimité. Chaque État membre dispose d’un droit de veto, ce qui signifie qu’un seul pays — la Hongrie, la Slovaquie, ou tout autre — peut bloquer le renouvellement de l’ensemble des sanctions. Ce design institutionnel transforme chaque échéance de renouvellement en partie de poker où les intérêts nationaux prennent le dessus sur la solidarité européenne. Le fact-check doit être clair : tant que l’unanimité sera requise, les sanctions resteront otages des calculs politiques intérieurs de chaque État membre.
L’unanimité était censée protéger la souveraineté des petits États — elle est devenue le levier préféré des leaders autoritaires pour saboter la politique étrangère commune.
Les appels à réformer le processus décisionnel
Plusieurs voix européennes réclament une réforme du processus décisionnel en matière de politique étrangère, passant de l’unanimité à la majorité qualifiée. Cette réforme, discutée depuis des années, se heurte à la résistance prévisible des pays qui bénéficient justement du pouvoir de blocage actuel. La Hongrie et la Pologne — pour des raisons diamétralement opposées — s’opposent toutes deux à cette modification des traités. Le paradoxe est complet : pour réformer le système de vote, il faudrait l’unanimité de ceux qui profitent du système actuel. C’est un cercle vicieux institutionnel que la crise ukrainienne a rendu plus visible que jamais.
Washington contre Bruxelles : deux visions des sanctions
Le fossé transatlantique sur la stratégie anti-Russie
La décision de l’administration Trump d’assouplir les sanctions pétrolières russes a creusé un fossé transatlantique sans précédent sur la question russe. Washington considère désormais les sanctions russes comme une variable d’ajustement dans un échiquier géopolitique plus large dominé par la confrontation avec l’Iran. Bruxelles, elle, maintient que les sanctions sont un pilier non négociable de la réponse à l’agression russe. Costa l’a dit explicitement : « Affaiblir les sanctions augmente les ressources russes pour mener la guerre d’agression contre l’Ukraine ». Ce désaccord fondamental entre les deux piliers de l’alliance occidentale est un fait vérifié qui redéfinit les équilibres géopolitiques mondiaux.
Quand Washington et Bruxelles tirent dans des directions opposées sur les sanctions russes, le seul gagnant est Moscou — et tout le monde le sait, mais personne ne veut être le premier à le dire clairement.
Les conséquences pour l’Ukraine sur le terrain
Pour l’Ukraine, cette divergence transatlantique a des conséquences concrètes et mesurables. Chaque dollar de revenu pétrolier supplémentaire que la Russie encaisse grâce à l’assouplissement américain peut être converti en drones, en missiles, en munitions. Le président Zelensky a averti que les revenus résultant des sanctions assouplies alimenteraient directement le trésor de guerre du Kremlin. Sur le terrain, cela se traduit par plus d’attaques, plus de victimes civiles, plus de destructions d’infrastructures. La chaîne causale est directe : moins de sanctions égale plus de revenus pour la Russie égale plus de capacité de destruction contre l’Ukraine.
Les claims vérifiés et les claims non vérifiés de cet épisode
Ce qui est confirmé par les faits
Ce fact-check peut confirmer avec un haut degré de certitude les éléments suivants. Premièrement, six personnes ont bien été tuées dans les attaques russes du 13-14 mars 2026 dans les régions de Kyiv et de Zaporizhzhia — confirmé par au moins quatre sources indépendantes. Deuxièmement, les 27 États membres de l’UE ont bien renouvelé les sanctions jusqu’au 15 septembre 2026 — confirmé par le Conseil de l’UE. Troisièmement, Ousmanov et Fridman sont restés sur la liste des sanctions malgré les demandes slovaques — confirmé par EU Observer et Euronews. Quatrièmement, les frappes ukrainiennes sur la raffinerie Afipsky et le port de Kavkaz sont confirmées par l’état-major ukrainien et des sources russes locales.
Dans un monde noyé de propagande, le fact-check n’est pas un luxe intellectuel — c’est un acte de résistance contre le brouillard de guerre qui profite toujours à l’agresseur.
Ce qui reste à surveiller et à vérifier
Certains éléments méritent un suivi attentif. L’impact réel de l’assouplissement américain des sanctions pétrolières sur les revenus russes ne sera mesurable qu’après la période de 30 jours du permis temporaire. L’étendue exacte des dommages à la raffinerie Afipsky et au port de Kavkaz pourrait être plus importante que ce que les autorités russes admettent publiquement — c’est un schéma récurrent dans la communication officielle russe. Enfin, la durabilité du compromis européen sur les sanctions sera testée à chaque prochaine échéance de renouvellement, avec la Hongrie et la Slovaquie qui pourraient revenir à la charge avec des exigences encore plus élevées.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence
Positionnement éditorial
Ce texte est un fact-check qui s’appuie sur des sources publiques vérifiables — agences de presse internationales, déclarations officielles, rapports institutionnels et médias reconnus. L’analyse éditoriale représente environ 30 % du contenu et est clairement identifiée par des passages en italique. Les 70 % restants sont constitués de faits documentés, de données chiffrées et de citations vérifiées. Le positionnement de ce texte est celui d’un regard critique qui ne prétend pas à la neutralité absolue, mais qui s’engage à ne jamais déformer les faits vérifiables.
Méthodologie
Les informations présentées dans ce fact-check ont été vérifiées en croisant au minimum trois sources indépendantes pour chaque affirmation factuelle majeure. Les sources primaires incluent Al Jazeera, Euronews, Radio Free Europe, Ukrinform, EU Observer, Bloomberg, le General Staff ukrainien et les communiqués officiels du Conseil de l’UE. Les citations sont reproduites dans leur contexte original. Toute interprétation éditoriale est séparée des éléments factuels et signalée comme telle.
Nature du contenu
Je ne suis pas journaliste. Je suis chroniqueur indépendant et rédacteur spécialisé dans l’analyse géopolitique et le fact-checking. Ce texte n’est pas un reportage de terrain mais une vérification factuelle et une analyse critique basée sur des sources ouvertes. Il ne prétend pas remplacer le travail des correspondants de guerre ou des enquêteurs sur place, mais offre un éclairage structuré et documenté sur un événement géopolitique majeur.
Sources et références
Sources principales
Al Jazeera — Six killed in attacks on Ukraine as EU extends sanctions against Russians
Euronews — Hungary and Slovakia resist renewal of Russia sanctions as deadline nears
EU Observer — Isolated Slovakia drops EU veto threat on Russia sanctions
Sources complémentaires
Euronews — Belgian PM De Wever: Europe must strike a deal with Russia
Euronews — EU pushes back on US decision to ease sanctions on Russian oil
Ukrinform — General Staff confirms strikes on Afipsky oil refinery and Kavkaz port
Radio Free Europe — Hungary, Slovakia Toying With Russia Sanctions Renewal
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.