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PORTRAIT : Les deux millions d’Ukrainiens qui refusent de mourir pour une guerre qu’ils ne voient plus finir
Crédit: Adobe Stock

L’homme qui a choisi son fils

Appelons-le Mykola — un prénom composite, une histoire vraie parmi des centaines de milliers. Mykola avait 38 ans en janvier 2026. Deux enfants. Une femme qui avait fui en Allemagne dès mars 2022 avec les enfants, comme un million et demi d’Ukrainiens. Mykola était resté — d’abord par patriotisme sincère, puis par inertie, puis parce que les options de fuite étaient de plus en plus réduites pour les hommes en âge de combattre.

Il avait été mobilisé en 2023, avait servi six mois sur le front dans l’oblast de Zaporizhzhia, avait vu deux hommes de son unité mourir à quelques mètres de lui dans une frappe de drone. À son retour en permission, il avait regardé le visage de sa femme sur l’écran de téléphone et la voix de ses enfants lui demandant quand il revenait — et quelque chose avait cédé. Pas la lâcheté. Quelque chose de plus fondamental : la conviction que sa mort ne servirait à rien, qu’elle ne changerait pas le cours de la guerre, qu’elle créerait un deuil permanent dans deux petites têtes blondes en Allemagne.

Mykola ne s’était pas présenté à la prochaine convocation. Il s’était réfugié chez un cousin dans un village sans route goudronnée, à l’écart des villes où les patrouilles de recrutement forcé — les fameux « autobus », terme populaire désignant les véhicules militaires qui embarquaient de force des hommes dans les rues ukrainiennes — passaient régulièrement. Il faisait partie des 200 000, ou peut-être des 300 000. Un nom dans un registre militaire. Un visage que personne ne cherche vraiment dans les champs du Poltava.

La diversité des profils

La figure de Mykola est utile mais incomplète. Derrière les 2 millions de mobilisables qui se dérobent, il y a une diversité de profils que la caricature du déserteur ne capture pas. Il y a les hommes qui ont fui l’Ukraine illégalement — traversant les frontières à pied à travers les Carpates, payant des passeurs, empruntant des routes de contrebande utilisées habituellement pour d’autres marchandises. Des dizaines de milliers de ces traversées avaient été documentées depuis 2022.

Il y a les hommes qui sont restés et se cachent — dans des villes, dans des villages, dans des sous-sols d’immeubles. Il y a ceux qui ont obtenu des exemptions médicales de complaisance, des documents falsifiés qui les déclarent inaptes au service. Il y a des hommes de 25 ans qui avaient adopté l’apparence de vieillards pour tromper les patrouilles. Il y a des entrepreneurs qui avaient fait classifier leurs entreprises comme « critiques pour l’infrastructure nationale » — une désignation qui exemptait les dirigeants du service militaire et que des avocats spécialisés montraient comment obtenir.

Cette diversité de stratégies révèle quelque chose d’important : l’évitement de la mobilisation n’est pas un phénomène de classe populaire uniquement. Les plus riches ont les avocats et les médecins compréhensifs. Les plus pauvres ont les routes des Carpates. Les classes moyennes ont les documents médicaux. L’évitement de la mobilisation traverse toutes les couches sociales ukrainiennes — même si ses formes varient considérablement selon les ressources disponibles.


Les riches achètent leurs exemptions médicales. Les pauvres traversent les Carpates à pied dans la neige. Les deux millions sont une coupe transversale de la société ukrainienne — et ce qu’ils révèlent, c’est que la volonté de mourir pour son pays a des limites qui n’ont rien à voir avec la lâcheté. Ce sont les limites de l’humain face à une guerre qui n’en finit plus.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Mon travail consiste à décortiquer les stratégies politiques, à comprendre les mouvements économiques globaux, à contextualiser les décisions des acteurs internationaux et à proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redéfinissent nos sociétés.

Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse, à la compréhension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon rôle est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des événements.

Méthodologie et sources

Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables.

Sources primaires : communiqués officiels des gouvernements et institutions internationales, déclarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, dépêches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, Bloomberg News, Xinhua News Agency).

Sources secondaires : publications spécialisées, médias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche établies, rapports d’organisations sectorielles (The Washington Post, The New York Times, Financial Times, The Economist, Foreign Affairs, Le Monde, The Guardian).

Les données statistiques, économiques et géopolitiques citées proviennent d’institutions officielles : Agence internationale de l’énergie (AIE), Organisation mondiale du commerce (OMC), Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale, instituts statistiques nationaux.

Nature de l’analyse

Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles, les tendances observées et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.

Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.

Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.

Sources

Sources primaires

Kyiv Independent — 2 millions d’Ukrainiens évitent la mobilisation, 200 000 soldats déserteurs, déclare le nouveau ministre de la Défense — Janvier 2026

CNN — Le nouveau chef de la Défense ukrainienne révèle que 200 000 soldats ont déserté et que 2 millions évitent le service — 14 janvier 2026

Antiwar.com — L’Ukraine rapporte 200 000 soldats AWOL, 2 millions d’Ukrainiens évitent la conscription — 15 janvier 2026

Sources secondaires

Carnegie Endowment for International Peace — Repenser le défi de la main-d’oeuvre ukrainienne — Mars 2026

Responsible Statecraft — La « busification » ukrainienne — le recrutement forcé est la partie émergée de l’iceberg — 2026

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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