Skip to content
BILLET : La Chine, l’Iran et la Corée du Nord colonisent l’Ukraine occupée — et le monde regarde ailleurs
Crédit: Adobe Stock

Du blé ukrainien volé sur des routes iraniennes

La coopération iranienne avec les territoires occupés est encore embryonnaire par rapport à celle de la Chine, mais sa logique est d’une clarté glaçante. L’Iran sert de partenaire logistique clandestin pour briser l’isolement commercial des zones occupées. Son rôle principal : acheminer le grain ukrainien saisi et le charbon par des réseaux fantômes que personne ne surveille. Le soi-disant « Ministère de l’industrie et du commerce » de la république fantoce de Louhansk a annoncé des plans pour exporter de la caséine — une protéine de lait — vers le marché iranien. De la caséine. Produite sur des terres ukrainiennes. Par une administration d’occupation. Exportée vers un régime sous sanctions. Et le monde appelle ça du « commerce régional ».

La compagnie iranienne RI-Group a publiquement annoncé, en décembre 2025, son intention d’investir dans l’industrie, l’agriculture et la construction des « nouveaux territoires russes ». Zarei Ali, son directeur, l’a dit devant des caméras. Pas dans un couloir sombre. Pas en chuchotant. Devant des caméras, avec un sourire. Ce n’est pas de l’espionnage. C’est de la colonisation annoncée. Un fabricant d’aliments pour animaux du sud de l’oblast de Zaporizhzhia occupé a obtenu, en février 2025, le droit d’exporter vers l’Iran. La certification a pris un an. Un an de paperasse pour normaliser le vol de territoire souverain.

Quelque part dans un champ de l’oblast de Zaporizhzhia, entre les dents de dragon et les barbelés, une moissonneuse-batteuse récolte du grain. Ce grain ne nourrira pas les Ukrainiens. Il ne partira pas vers l’Europe. Il prendra la route de Téhéran, via des circuits que personne ne trace. Et moi, je me demande : à quel moment le vol de la récolte d’un peuple occupé est devenu un fait divers de page 14 ?

La normalisation de l’économie de pillage

Ce que Vera Iastrebova appelle un « nouveau modèle d’économie d’occupation » mérite qu’on s’y arrête. « Opaque, militarisée, dépendante de routes clandestines, de décisions politiquement motivées à bas coût, et de fournisseurs externes qui ne s’intéressent pas au développement de la région mais seulement à son exploitation fonctionnelle. » Chaque mot de cette phrase est une condamnation. Les territoires ukrainiens occupés ne sont pas administrés. Ils sont exploités. Par la Russie comme extracteur principal, par la Chine comme contracteur technologique, par l’Iran comme réseau logistique de l’ombre. Trois pays. Trois fonctions. Un seul objectif : rendre l’occupation irréversible.

Iastrebova le dit sans détour : « Ce n’est pas simplement une question de commerce extérieur ou d’importation d’équipement. C’est une tentative de changer fondamentalement la trajectoire civilisationnelle, technologique et politique à long terme de ces territoires, compliquant leur retour futur à l’espace juridique, économique et humanitaire ukrainien et européen. » Lisez cette phrase encore une fois. Lentement. Ce qui est en jeu, ce n’est pas l’économie. C’est l’identité même de ces territoires. Leur appartenance. Leur avenir. Et chaque antenne Huawei plantée, chaque cargaison de blé expédiée vers l’Iran, chaque yuan échangé dans une succursale bancaire de Crimée rend ce retour un peu plus impossible.

Encadré de transparence du chroniqueur

Positionnement éditorial

Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques géopolitiques, économiques et stratégiques qui façonnent notre monde. Ce texte prend une position éditoriale claire : la colonisation économique des territoires ukrainiens occupés par la Chine, l’Iran et la Corée du Nord constitue une forme d’agression qui mérite d’être nommée et combattue avec la même urgence que l’occupation militaire.

Cette position est fondée sur la chaîne causale des faits documentés dans les sources citées. Elle n’est pas neutre — et ne prétend pas l’être. La neutralité face à l’occupation et à la colonisation économique d’un territoire souverain n’est pas de l’objectivité. C’est un choix éditorial que je refuse de faire.

Méthodologie et sources

Les informations factuelles présentées proviennent de sources primaires : le rapport analytique du Eastern Human Rights Group et de l’Institut pour la recherche stratégique et la sécurité, les déclarations publiques de responsables gouvernementaux, les analyses du CSIS, de Brookings, du Foreign Policy Research Institute, et de la U.S.-China Economic and Security Review Commission.

Sources secondaires : couverture du Kyiv Independent, de NV (Novy Vymir), du Council on Foreign Relations, de Defense One, et de la Chambre des communes du Royaume-Uni. Les données sur les prix du pétrole, les pertes militaires et la capacité énergétique ukrainienne proviennent d’institutions reconnues et sont recoupées entre plusieurs sources.

Nature de l’analyse

Les analyses et interprétations présentées constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles et les tendances observées. Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser et de leur donner un sens cohérent dans le cadre des transformations géopolitiques en cours. Toute évolution ultérieure pourrait modifier les perspectives présentées ici.

Sources

Sources primaires

China, Iran help Russia prop up economy in occupied Ukrainian territories, report says — Kyiv Independent, 20 mars 2026

Exclusive: China builds new economic empire in occupied Ukraine — NV, 18 mars 2026

Russia’s Grinding War in Ukraine — CSIS, 12 février 2026

China’s Facilitation of Sanctions and Export Control Evasion — U.S.-China Economic and Security Review Commission

From Tehran to Donbas: What the Iran War Means for Russia and Ukraine — Foreign Policy Research Institute, mars 2026

Sources secondaires

Why the ‘narrow,’ ‘short-term’ sanctions reversal for Russia is neither — Defense One, 13 mars 2026

Sanctions against Russia: Targeting third countries — House of Commons Library, 19 mars 2026

Baiba Braže at the EU Foreign Affairs Council — Latvian Ministry of Foreign Affairs, 16 mars 2026

China in Russia and Ukraine: September 2025 — Council on Foreign Relations, 29 octobre 2025

Can sanctions change the course of conflict? — Brookings Institution, 17 décembre 2025

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu