Quand le droit dit non, l’argent dit oui
Ce qui rend cette histoire encore plus vertigineuse, c’est ce qui l’a précédée. L’administration Trump n’en était pas à son premier assaut contre l’éolien offshore. Elle avait lancé cinq tentatives juridiques distinctes pour bloquer d’autres projets de parcs éoliens. Cinq tentatives. Cinq défaites. Toutes survenues en l’espace de trois semaines, plus tôt cette année.
Les tribunaux américains, l’un après l’autre, ont statué que l’administration n’avait pas de base légale pour annuler des permis dûment accordés. La loi protégeait les développeurs. Le processus réglementaire avait été respecté. Les éoliennes avaient le droit d’exister.
La stratégie du portefeuille quand la Constitution résiste
Alors l’administration a changé de tactique. Si la loi ne permet pas de tuer les projets, l’argent peut les acheter. Si les tribunaux protègent les développeurs, la coercition financière et la capacité de litiguer indéfiniment peuvent les épuiser. C’est une forme de contournement institutionnel qui devrait alarmer bien au-delà des cercles environnementalistes.
Et pourtant, le précédent est posé. Le gouvernement fédéral vient d’établir qu’il est prêt à payer des milliards en deniers publics pour empêcher la construction d’infrastructures légalement autorisées, économiquement viables et stratégiquement nécessaires — simplement parce que le président ne les aime pas.
L'obsession d'un homme et le prix d'une nation
Du golf écossais à la politique énergétique mondiale
L’antipathie de Donald Trump envers les éoliennes est devenue légendaire. Elle remonte à 2015, quand il a tenté — et échoué — de bloquer un parc éolien au large de l’Écosse parce qu’il gâchait la vue depuis l’un de ses terrains de golf. « L’éolienne qui surplombe le trou 14 est dégoûtante et inappropriée », aurait-il déclaré.
Depuis, les arguments ont muté sans jamais gagner en cohérence. Le bruit des turbines causerait le cancer. Les éoliennes extermineraient les oiseaux — « elles les éliminent tous ». Elles rendraient les baleines folles. Chaque affirmation a été réfutée par la communauté scientifique. Aucune n’a été abandonnée par Trump.
L’incohérence comme doctrine
L’ironie la plus mordante : cette même administration a affaibli les protections de l’habitat pour les espèces menacées et en voie de disparition afin de faciliter le développement économique — en particulier les projets énergétiques fossiles. Le même homme qui pleure les baleines dérangées par les éoliennes démantèle les réglementations qui protègent ces mêmes baleines des forages offshore.
Ce n’est pas de l’hypocrisie ordinaire. C’est de l’incohérence érigée en politique publique, financée par le contribuable et applaudie par les donateurs. « Mon objectif est de ne laisser construire aucune éolienne », a déclaré Trump à un groupe de dirigeants de l’industrie pétrolière l’an dernier. Au moins, la franchise est là. Le masque de la sécurité nationale, lui, glisse.
La sécurité nationale — l'argument qui ne tient pas debout
Le prétexte radar
L’administration Trump a invoqué la « sécurité nationale » comme motif principal pour bloquer les projets éoliens. L’argument technique : les turbines peuvent interférer avec les signaux radar. L’argument est réel — et résolu. La conception des turbines et la disposition des parcs permettent d’atténuer cet impact. C’est précisément pourquoi le processus de permis existant incluait déjà un examen de sécurité nationale. Tous les projets visés par Trump avaient passé ce filtre.
Invoquer la sécurité nationale pour annuler des projets qui ont déjà été approuvés par les instances de sécurité nationale, c’est comme accuser un chirurgien de ne pas se laver les mains — après qu’il est sorti du bloc opératoire, les gants encore humides.
La vraie sécurité nationale que personne ne mentionne
Et pourtant, la question de la sécurité énergétique réelle des États-Unis n’a jamais été aussi pressante. La guerre en Iran — initiée par cette même administration — a exposé le détroit d’Ormuz comme un point d’étranglement critique pour l’approvisionnement mondial en pétrole. Les prix du brut flambent. L’essence américaine a bondi de plus d’un dollar le gallon. Le diesel, de 1,60 dollar.
Les États-Unis sont le plus grand producteur de pétrole au monde. Ils sont autosuffisants en pétrole et en gaz. Mais le prix domestique est indexé sur les cours mondiaux. Quand le Moyen-Orient brûle, l’Américain moyen paie davantage à la pompe — indépendamment de la quantité de pétrole que son pays extrait. C’est précisément pourquoi diversifier les sources d’énergie avec des sources dont le coût n’est pas corrélé au prix du pétrole relève non pas de l’idéalisme vert, mais du pragmatisme stratégique le plus élémentaire.
L'énergie propre à coût marginal quasi nul — le détail que Trump refuse de voir
L’économie contre l’idéologie
Voici un fait que l’administration Trump traite comme un bruit de fond inconvenant : une fois construite, une éolienne produit de l’électricité à un coût marginal proche de zéro. Le vent ne facture pas. Le soleil n’envoie pas de facture mensuelle. Contrairement au gaz naturel, dont le prix fluctue avec les marchés mondiaux, avec les guerres, avec les sanctions, l’énergie éolienne et solaire offre une prévisibilité tarifaire que les combustibles fossiles ne pourront jamais égaler.
Dans un pays où le réseau électrique est déjà poussé à ses limites par la construction massive de centres de données pour l’intelligence artificielle, bloquer des projets de production d’énergie — n’importe quelle forme d’énergie — relève de l’automutilation industrielle.
La course à l’IA que Trump est en train de perdre
Les estimations sont sans appel. La demande en électricité des centres de données américains, déjà en forte hausse, devrait tripler au cours de la prochaine décennie. Ces centres pourraient représenter plus du tiers de toute la demande électrique du pays. Si la capacité du réseau ne suit pas, ce n’est pas seulement l’écologie qui en souffre — c’est la suprématie technologique américaine.
Trump veut dominer l’IA. Trump veut plus de centres de données. Trump veut que l’Amérique reste le leader technologique mondial. Et pourtant, Trump détruit activement les projets qui fourniraient l’électricité nécessaire pour atteindre ces objectifs. L’incohérence n’est plus un défaut — c’est une stratégie de sabotage involontaire.
Suivez l'argent — du pétrole aux urnes
Les donateurs dans l’ombre
L’industrie pétrolière et gazière a été une source majeure de dons pour la campagne électorale de Trump. Pas coïncidentiellement, souligne l’article du Brisbane Times avec une ironie à peine voilée. L’exécutif signé dès les premiers jours du second mandat — déclarant une « urgence énergétique nationale » — a démantelé les restrictions Biden sur les forages fédéraux et accéléré les permis.
Le One Big Beautiful Bill Act de l’an dernier, en plus de ses réductions d’impôts massives, a supprimé les incitations fiscales pour les projets éoliens, solaires et les véhicules électriques instaurées par l’Inflation Reduction Act de Biden. Chaque dollar retiré aux renouvelables est un dollar qui renforce la dépendance aux fossiles. Et chaque dollar de dépendance aux fossiles enrichit les mêmes donateurs qui ont financé la campagne.
Les profits de guerre
La guerre en Iran a propulsé les prix du pétrole vers le haut. Pour les producteurs américains de pétrole et de gaz, c’est une manne de profits exceptionnels. Pour le consommateur américain, c’est un dollar de plus par gallon d’essence. Pour les donateurs de Trump, c’est un retour sur investissement spectaculaire. Pour la nation, c’est un transfert de richesse du bas vers le haut, lubrifié par la politique étrangère.
Et pourtant, personne dans l’administration ne semble percevoir le cercle vicieux : déclencher une guerre qui fait monter les prix de l’énergie, puis bloquer les alternatives qui pourraient protéger les consommateurs de cette hausse. C’est comme percer le toit de sa maison, puis refuser de vendre des parapluies.
Le précédent australien que personne n'a retenu
Melbourne 2015, Victoria 2023 — et maintenant Washington 2026
Le Brisbane Times établit un parallèle douloureux avec l’Australie. En 2015, le gouvernement Andrews de l’État de Victoria avait payé 1 milliard de dollars pour ne pas construire le projet autoroutier East-West Link à Melbourne. En 2023, l’annulation des Jeux du Commonwealth avait coûté 590 millions de dollars à Victoria. Des précédents de gaspillage spectaculaire, devenus des cicatrices politiques.
La différence avec l’accord Trump-TotalEnergies est de taille. À Melbourne, on payait pour annuler un projet routier contesté. À Victoria, on payait pour annuler un événement sportif. À Washington, on paie pour annuler de l’énergie propre en pleine crise énergétique mondiale. Le contexte transforme le gaspillage en quelque chose de bien plus grave : de la négligence stratégique calculée.
L’Australie regarde et apprend — dans les deux sens
Car le bras de l’administration Trump s’étend au-delà des eaux américaines. Comme l’a documenté le même Brisbane Times dans un article précédent, Trump ne s’est pas contenté de détruire l’industrie éolienne offshore américaine — il menace désormais celle de l’Australie. Les développeurs internationaux, majoritairement européens, qui construisent des parcs éoliens dans le monde entier sont les mêmes qui ont été chassés des eaux américaines. Leur expertise, leur capital et leur appétit pour le risque se redéploient ailleurs — mais partout, l’ombre de Washington plane.
TotalEnergies — le gagnant silencieux
L’art de transformer une défaite en victoire
Regardons cette transaction du point de vue de TotalEnergies. L’entreprise française avait investi 928 millions dans des baux éoliens sous Biden. Trump arrive, rend ces baux inexploitables par la coercition réglementaire et juridique. Puis le même gouvernement qui a tué le projet rembourse intégralement l’investissement. TotalEnergies récupère sa mise, n’a rien construit, n’a supporté aucun risque opérationnel, et reçoit en prime une bénédiction politique pour réinvestir dans les fossiles.
C’est, objectivement, un coup de génie corporatif. TotalEnergies a transformé un actif gelé en liquidités fraîches, a consolidé sa relation avec l’administration au pouvoir, et a repositionné ses investissements américains vers les secteurs que cette administration favorise. Le perdant n’est pas l’entreprise française. Le perdant, c’est le contribuable américain.
Le signal envoyé au monde
Chaque investisseur international dans les énergies renouvelables vient de recevoir un message limpide : aux États-Unis, vos permis peuvent être annulés, vos investissements sabotés, et votre seule issue sera de négocier un remboursement — si vous avez la taille et le poids politique de TotalEnergies. Les développeurs plus petits, eux, n’auront pas ce luxe. Ils perdront tout, sans chèque de consolation.
Le résultat prévisible : un effondrement de l’investissement privé dans les renouvelables américaines. Pas parce que la technologie ne fonctionne pas. Pas parce que le marché n’existe pas. Mais parce que le risque politique est devenu insoutenable. L’Amérique de Trump est en train de devenir un environnement où investir dans l’énergie propre équivaut à jouer à la roulette réglementaire.
L'Europe et l'Asie ramassent les morceaux
Le capital migre là où on le respecte
TotalEnergies, et ses pairs européens, ne vont pas cesser de construire des parcs éoliens. Ils vont simplement les construire ailleurs. L’expertise accumulée, les chaînes d’approvisionnement développées, les innovations technologiques perfectionnées — tout cela continuera, mais pas sur le sol américain. L’Europe, la Corée du Sud, l’Australie, l’Inde, le Japon — tous ces marchés absorbent déjà les capitaux et les talents que l’Amérique repousse.
La guerre en Iran n’a fait qu’accélérer ce mouvement. L’exposition du détroit d’Ormuz comme point de vulnérabilité a convaincu des dizaines de gouvernements que la diversification énergétique n’est pas un luxe mais une nécessité existentielle. Chaque pays qui investit massivement dans les renouvelables réduit sa dépendance aux flux pétroliers du Moyen-Orient — et augmente sa résilience face exactement au type de choc que la politique étrangère de Trump vient de provoquer.
L’Amérique recule pendant que le monde avance
Il y a quelque chose de profondément ironique dans le spectacle d’une superpuissance qui déclenche une guerre au Moyen-Orient, fait flamber les prix de l’énergie mondiale, puis paie des milliards pour empêcher la construction d’alternatives qui la protégeraient des conséquences de sa propre politique étrangère. C’est un serpent qui se mord la queue — sauf que la queue, ce sont 330 millions de consommateurs américains qui paient le prix à la pompe.
Et pourtant, la tendance mondiale est irréversible. Les investissements mondiaux dans les renouvelables ont dépassé ceux dans les fossiles pour la première fois en 2024. Le solaire est devenu la source d’électricité la moins chère de l’histoire dans la plupart des marchés. L’éolien offshore a atteint des niveaux de compétitivité impensables il y a dix ans. L’Amérique n’est pas en train de nager à contre-courant — elle est en train de construire un barrage contre un tsunami.
Le réseau électrique américain au bord de la rupture
Plus de consommation, moins de production — l’équation impossible
Le réseau électrique américain craque déjà sous la pression. La construction frénétique de centres de données — alimentée par la course à l’intelligence artificielle — a créé une demande en électricité que personne n’avait anticipée à cette échelle. Les opérateurs de réseau dans plusieurs États tirent la sonnette d’alarme. Les files d’attente pour les raccordements s’allongent. Les pannes se multiplient.
Dans ce contexte, retirer 4 gigawatts de capacité — l’équivalent de ce que TotalEnergies aurait construit — n’est pas une décision idéologique. C’est un acte de sabotage infrastructurel. Quatre gigawatts, c’est suffisant pour alimenter 2,5 millions de foyers. C’est suffisant pour soulager un réseau à bout de souffle. C’est suffisant pour faire la différence entre un été de blackouts et un été de climatisation.
L’IA américaine étranglée par la politique de son propre président
Sam Altman veut plus de puissance de calcul. Elon Musk construit des grappes de serveurs titanesques. Les géants de la tech supplient pour plus d’électricité. Et le président qui se targue de vouloir faire de l’Amérique le leader incontesté de l’IA paie activement pour réduire la capacité de production électrique. Si la capacité ne suit pas la demande, ce ne sont pas les objectifs climatiques qui en souffriront — c’est la suprématie technologique américaine qui s’effondrera.
C’est peut-être la contradiction la plus dévastatrice de cette présidence : promettre la domination technologique d’une main, et détruire les fondations énergétiques de cette domination de l’autre.
Le climat — le mot que personne n'ose prononcer
L’éléphant dans la pièce ovale
L’article du Brisbane Times note, avec une retenue toute anglo-saxonne, que le fait que les énergies renouvelables produisent de l’énergie propre pourrait être considéré comme un « bonus » — vu la nature de l’administration Trump et ses opinions sur le changement climatique. C’est un euphémisme d’une élégance chirurgicale.
Car l’administration Trump ne se contente pas d’ignorer le changement climatique. Elle démantèle activement chaque politique, chaque incitation, chaque infrastructure qui pourrait atténuer ses effets. Le retrait de l’Accord de Paris. La suppression des normes d’émissions. L’ouverture de terres fédérales protégées aux forages. L’annulation des incitations de l’IRA. Et maintenant, le remboursement de milliards pour empêcher la construction d’éoliennes.
Ce que les climatologues voient et que Washington refuse de regarder
Pendant ce temps, l’année 2025 a été la plus chaude jamais enregistrée. Les ouragans frappent la côte est américaine avec une intensité croissante — précisément les côtes où TotalEnergies ne construira plus ses éoliennes. Les sécheresses ravagent l’Ouest. Les incendies consument la Californie. Le niveau des mers monte. Et le gouvernement fédéral paie 1,3 milliard pour accélérer le problème.
Le contribuable américain finance simultanément les conséquences du changement climatique — par les secours d’urgence, les reconstructions, les assurances fédérales — et la destruction des solutions. C’est payer le médecin et le poison en même temps.
Les oiseaux, les baleines et la mauvaise foi
Quand la protection animale devient un outil de destruction
Trump aime les baleines. Trump aime les oiseaux. C’est en tout cas ce que ses arguments anti-éoliens suggèrent. Les turbines « les éliminent tous », dit-il des oiseaux. Elles « rendent les baleines folles ». Cette tendresse zoologique sélective serait touchante si elle n’était pas aussi transparente.
Les chats domestiques tuent 2,4 milliards d’oiseaux par an aux États-Unis, selon le Smithsonian Conservation Biology Institute. Les immeubles vitrés en tuent 600 millions. Les lignes électriques, 25 millions. Les éoliennes ? Environ 234 000 — soit 0,01 % des décès aviaires. L’administration Trump n’a proposé aucune réglementation sur les chats, les immeubles ou les lignes électriques. Son amour des oiseaux s’arrête précisément là où commence son amour du pétrole.
L’affaiblissement simultané des protections réelles
L’hypocrisie atteint son paroxysme quand on la juxtapose avec les actions réelles de l’administration. Les protections de l’habitat pour les espèces menacées ont été affaiblies — pour faciliter le développement économique, en particulier les projets énergétiques fossiles. Les forages offshore, dont l’impact sur la vie marine est documenté, massif et durable, ont été accélérés. Le même président qui pleure les baleines dérangées par les turbines ouvre leurs habitats aux plateformes pétrolières.
Ce n’est pas de la politique environnementale. C’est du théâtre cynique, où la faune sauvage sert de décor à une pièce écrite par et pour l’industrie fossile.
Le vrai coût — au-delà des chiffres
Ce que 1,3 milliard aurait pu construire
Avec 1,3 milliard de dollars, les États-Unis auraient pu financer la formation de 50 000 techniciens en énergie renouvelable. Ils auraient pu moderniser des centaines de kilomètres de réseau électrique vieillissant. Ils auraient pu subventionner l’installation de panneaux solaires sur 200 000 foyers à revenus modestes. Ils auraient pu investir dans le stockage d’énergie par batteries — le chaînon manquant qui résout le problème de l’intermittence que Trump adore brandir.
Au lieu de cela, l’argent est parti dans les coffres d’un géant pétrolier français qui n’en avait pas besoin et qui l’utilisera pour des projets qu’il aurait réalisés de toute façon. C’est le coût d’opportunité le plus grotesque de la décennie.
Le coût invisible — la confiance
Au-delà des chiffres, il y a quelque chose de plus fragile et de plus précieux qui vient d’être brisé : la confiance des investisseurs dans la stabilité réglementaire américaine. Quand un gouvernement peut, sur un caprice présidentiel, annuler des permis dûment accordés et rembourser des baux pour des raisons purement idéologiques, aucun investisseur rationnel ne peut considérer les États-Unis comme un environnement prévisible pour des projets à long terme.
Les parcs éoliens offshore ont des cycles de développement de 10 à 15 ans. Ils nécessitent des milliards d’investissement initial. Ils sont viables uniquement si le cadre réglementaire qui les a autorisés survit au cycle électoral. Trump vient de démontrer qu’aux États-Unis, ce n’est plus le cas. Le message reçu par le marché est dévastateur — et il ne sera pas oublié.
Le trou 14 qui coûte des milliards à l'Amérique
D’un terrain de golf écossais à une doctrine énergétique
Il faut revenir à cette phrase. « L’éolienne qui surplombe le trou 14 est dégoûtante et inappropriée. » En 2015, c’était un commentaire de promoteur immobilier mécontent. En 2026, c’est devenu la pierre angulaire de la politique énergétique de la première puissance mondiale. Une rancune personnelle, née d’un litige esthétique sur un parcours de golf, a métastasé en une croisade de plusieurs milliards de dollars contre une industrie entière.
L’histoire retiendra peut-être que la transition énergétique américaine a été retardée de dix ans non pas par une analyse stratégique, non pas par une évaluation économique, non pas par un débat démocratique, mais par un homme qui n’aimait pas la vue depuis son neuvième trou.
Le verdict que les chiffres prononcent
928 millions de dollars pour ne rien construire. Des milliards de profits pétroliers alimentés par une guerre que cette administration a déclenchée. Un réseau électrique au bord de la rupture. Une suprématie technologique hypothéquée. Un signal d’instabilité envoyé à chaque investisseur de la planète. Et 2,5 millions de foyers qui ne seront jamais alimentés par l’énergie que le vent aurait pu leur offrir gratuitement.
Ce n’est pas une politique énergétique. C’est un acte de vandalisme institutionnel, perpétré avec l’argent de ceux-là mêmes qu’il prétend protéger.
Ce que l'avenir retiendra
Le monde qui avance ne vous attendra pas
Dans vingt ans, quand les historiens de l’énergie étudieront cette période, ils noteront un fait simple. En mars 2026, les États-Unis ont payé 1,3 milliard de dollars pour empêcher la construction de 4 gigawatts d’énergie propre. La même semaine, la Chine inaugurait son plus grand parc éolien offshore au monde. L’Europe accélérait ses programmes. L’Inde doublait ses objectifs. Le monde avançait.
L’Amérique, elle, signait un chèque pour rester en arrière. Et quelque part en Écosse, depuis le trou 14 d’un terrain de golf, la vue n’a jamais été aussi dégagée.
Signé Jacques PJ Provost
Encadré de transparence
Sources et méthodologie
Cet article s’appuie sur un article d’analyse publié par le Brisbane Times le 25 mars 2026, rédigé par Stephen Bartholomeusz, chroniqueur senior spécialisé en économie et affaires. Les chiffres cités (928 millions USD, 4 GW de capacité, 2,5 millions de foyers, prix de l’essence et du diesel) proviennent directement de cette source et des données publiques du département de l’Énergie américain.
Limites de l’analyse
Je n’ai pas eu accès aux termes complets de l’accord entre le département de la Justice américain et TotalEnergies. Les projections concernant la demande en électricité des centres de données sont des estimations de marché, sujettes à révision. La corrélation entre les dons de l’industrie pétrolière et les décisions politiques de l’administration est documentée mais ne constitue pas, en elle-même, une preuve de causalité directe.
Positionnement éditorial
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques géopolitiques et économiques contemporaines, et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit des transformations qui façonnent notre époque. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs globaux.
Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici. Cet article sera mis à jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiées, garantissant ainsi la pertinence et l’actualité de l’analyse proposée.
Sources
Sources primaires
Trump just paid $1.3 billion for nothing — Brisbane Times — 25 mars 2026
Trump is planning to ban offshore wind turbines — Brisbane Times — 17 janvier 2025
Sources secondaires
How I learnt to stop worrying and love Biden’s IRA — Brisbane Times — 12 août 2023