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ANALYSE : Le pétrole russe s’effondre après les frappes sur les terminaux d’exportation
Crédit: Adobe Stock

La flotte fantôme forcée de contourner les îles britanniques


Quand les routes habituelles deviennent des pièges, les navires trouvent des chemins de traverse. Mais ces chemins coûtent du temps, et le temps, c’est de l’argent. Avant les frappes, les tankers de la flotte fantôme russe — ces navires vieillissants qui transportent le pétrole en contournant les sanctions occidentales — empruntaient des routes directes par la mer du Nord et la Manche. Depuis les attaques sur les terminaux baltiques, ces routes sont évitées. Les navires passent désormais au nord de l’Écosse, ajoutant environ deux jours de navigation à chaque trajet, soit une extension de 25 % du temps de transit.

Ce n’est pas seulement une question de carburant supplémentaire. C’est une désorganisation logistique profonde qui se répercute sur les contrats de livraison, les prix d’assurance déjà prohibitifs pour ces navires, et la confiance des acheteurs. Le Royaume-Uni a annoncé en parallèle des plans d’interception des navires de la flotte fantôme russe. Les étaux se resserrent de toutes parts. Les stocks de pétrole en mer sont passés de 140 millions de barils en janvier à 118 millions — une baisse visible, mesurable, documentée.

L’Inde comme bouée de sauvetage fragile


New Delhi a longtemps joué la carte de l’équidistance. Mais quand les terminaux brûlent, même les acheteurs loyaux commencent à calculer autrement. Les arrivées de pétrole brut russe en Inde ont paradoxalement bondi à 1,7 million de barils par jour contre 1,1 million en février. Ce chiffre semble contredire la tendance générale — jusqu’à ce qu’on comprenne la mécanique : l’Inde achète à prix cassé pendant que la fenêtre d’approvisionnement reste ouverte, avant que les perturbations logistiques ne la referment. Ce n’est pas de la fidélité. C’est de l’opportunisme.

Les Philippines ont également reçu des livraisons de pétrole ESPO — le brut sibérien exporté par la route Pacifique. La Russie cherche désespérément à réorienter ses flux vers des marchés non sanctionnants. Mais chaque réorientation prend du temps, coûte de la logistique, et réduit les marges d’une industrie déjà sous pression. Le prix du brut Urals — le référentiel russe — a certes remonté à 73,24 dollars le baril, en hausse de 11,30 dollars. Mais cette hausse de prix ne compense pas la chute brutale des volumes.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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