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ANALYSE : Le sommet Trump-Xi repoussé à mai — et chaque jour qui passe empoisonne la relation
Crédit: Adobe Stock

Des sénateurs sur l’île interdite

Un groupe bipartisan de sénateurs américains s’est rendu à Taïwan. Pas en secret. Pas discrètement. Avec des déclarations publiques, des appels à augmenter les dépenses de défense pour dissuader une invasion chinoise, et une visibilité médiatique maximale. Pour Washington, c’est de la diplomatie parlementaire classique. Pour Pékin, c’est une gifle.

Taïwan est la ligne rouge absolue de la République populaire de Chine. Pas une ligne rouge parmi d’autres. La seule qui pourrait déclencher une guerre. Xi Jinping l’a dit, répété, martelé : la réunification est inévitable, et toute ingérence étrangère sera traitée comme une agression. Quand des sénateurs américains posent le pied sur le sol taïwanais et parlent de dissuasion militaire, ils envoient un message que Pékin décode comme une déclaration d’intention hostile. Et ce message arrive précisément au moment où les deux pays sont censés préparer un sommet de rapprochement.

La visite de ces sénateurs à Taïwan n’est pas du courage. C’est du calcul. Mais le résultat est le même : chaque visite rend le sommet de mai un peu plus difficile, et une confrontation dans le détroit de Taïwan un peu moins impensable.

Le hub des semi-conducteurs au centre de tout

Taïwan n’est pas seulement un symbole. C’est le cœur de l’industrie mondiale des semi-conducteurs. TSMC, le géant taïwanais, fabrique plus de quatre-vingt-dix pour cent des puces les plus avancées de la planète. Celles qui font tourner l’intelligence artificielle, les smartphones, les systèmes d’armes, les voitures autonomes. Celui qui contrôle Taïwan contrôle la technologie mondiale. Et les sénateurs américains ne sont pas allés là-bas pour admirer les cerisiers en fleurs.

Leur message est double. À Taïwan : armez-vous davantage, nous vous soutiendrons. À Pékin : n’y pensez même pas. Mais ce message, aussi clair soit-il, a un effet pervers. Il renforce la conviction à Pékin que Washington se prépare à une confrontation — et qu’il faut donc s’y préparer aussi. La dissuasion, quand elle est trop visible, devient provocation. Et la provocation, dans le détroit de Taïwan, peut avoir des conséquences que personne ne maîtrise.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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