Une économie russe qui respire grâce aux prix du brut
La guerre en Iran a provoqué une flambée des prix du pétrole mondial. Le Brent a atteint des niveaux que l’économie russe n’avait pas connus depuis plusieurs années. Pour une Russie dont 40 % du budget fédéral dépend des revenus des hydrocarbures, chaque dollar supplémentaire sur le baril représente des milliards de revenus additionnels. Ces revenus financent les salaires des soldats, l’achat de munitions, la production de missiles, le maintien des systèmes d’armes.
Les sanctions occidentales sur le pétrole russe avaient partiellement fonctionné entre 2022 et 2025 : le plafonnement des prix, les restrictions sur les assureurs maritimes, les pressions sur les acheteurs asiatiques avaient réduit les marges russes. La flambée des prix mondiaux due à la guerre en Iran a effacé ces effets. Moscou gagne autant sur son pétrole sanctionné vendu à prix réduit que sur du pétrole non sanctionné vendu au prix plein.
La levée partielle des sanctions : un cadeau non sollicité
Dans le cadre des négociations pour l’accès aux routes pétrolières pendant la guerre en Iran, certaines sanctions sur le pétrole russe ont été partiellement assouplies. Washington avait besoin que le marché pétrolier mondial reste approvisionné malgré les perturbations liées au conflit iranien. Moscou a su profiter de cette nécessité. Le résultat : des sanctions que l’Occident avait mis des années à construire ont été partiellement démontées en quelques mois de négociations pragmatiques sur l’énergie.
Les sanctions comme outil de politique étrangère : efficaces jusqu’au moment où l’on en a besoin plus qu’elles ne coûtent à l’adversaire.
Les intercepteurs aériens : la pénurie que Kyiv redoute
Des missiles qui manquent à l’Ukraine parce qu’ils vont en Iran
Les systèmes de défense aérienne sont le nerf de la guerre ukrainienne. Chaque missile Patriot, chaque intercepteur NASAMS produit aux États-Unis ou en Europe peut aller en Ukraine ou partir vers les bases américaines au Moyen-Orient. Avec la guerre en Iran, les priorités d’allocation se sont modifiées. Les alliés de Washington dans la région — Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Israël — ont besoin de défense aérienne renforcée face aux frappes iraniennes.
L’industrie de défense américaine ne peut pas produire suffisamment vite pour satisfaire simultanément les besoins ukrainiens et moyen-orientaux. Les chaînes de production de missiles PAC-3 tournent à pleine capacité depuis 2022. Elles ne tournent pas assez vite. Ce goulet d’étranglement industriel est l’un des avantages structurels que la guerre en Iran procure à la Russie.
Les drones iraniens désormais dirigés vers Kyiv avec intelligence russe
Zelensky a révélé que l’Ukraine a transmis aux dirigeants du Moyen-Orient des renseignements sur l’aide russe à l’Iran. Cette aide va au-delà des transferts de drones Shahed que l’on connaissait depuis 2022. La Russie fournit à l’Iran des renseignements, des images satellites de cibles potentielles pour des attaques contre des bases américaines et alliées dans la région. Moscou n’attaque pas directement les forces américaines. Mais elle aide ceux qui le font.
Aider à cibler des bases américaines sans tirer soi-même. La doctrine de la guerre par procuration portée à sa perfection cynique.
Zelensky et l'intelligence partagée avec le Moyen-Orient
Une diplomatie de l’information que Kyiv mène seule
Zelensky n’attend plus que ses alliés occidentaux fassent le travail de sensibilisation. Depuis plusieurs mois, il multiplie les contacts directs avec les dirigeants du Moyen-Orient, partageant des renseignements ukrainiens sur la coopération russo-iranienne. C’est une diplomatie d’urgence, menée par un président qui comprend que ses alliés naturels sont trop occupés par leur propre conflit avec l’Iran pour analyser les implications ukrainiennes de cette relation.
Le message de Kyiv aux capitales du Golfe : la Russie aide l’Iran à vous frapper. Si vous voulez affaiblir l’Iran, commencez par couper les liens avec Moscou. Et pour couper ces liens, aidez l’Ukraine à gagner. La logique est serrée. L’accueil est mitigé, dans des capitales qui ont leurs propres relations économiques avec la Russie.
Zelensky a offert un dialogue avec Netanyahu
Dans ce cadre, Zelensky a signalé qu’il était «prêt pour un dialogue» avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sur l’aide en matière de défense. C’est une évolution notable. Israël avait maintenu une neutralité calculée depuis 2022, refusant de livrer des systèmes d’armes offensifs à l’Ukraine de crainte de compromettre sa relation avec Moscou, dont elle avait besoin pour ses opérations en Syrie. Avec la rupture russo-israélienne provoquée par la guerre en Iran, ce calcul a changé.
La guerre en Iran a redessiné les alliances du Moyen-Orient. Et Zelensky voit dans ce redessin une opportunité que d’autres n’ont pas encore saisie.
L'économie de guerre russe dopée par le conflit iranien
Un budget de guerre qui s’auto-finance mieux
La Russie consacre aujourd’hui plus de 6 % de son PIB aux dépenses militaires. Ce niveau est soutenable tant que les revenus pétroliers restent élevés. La guerre en Iran maintient ces revenus à des niveaux exceptionnels. L’équation est simple : pétrole cher + sanctions partiellement levées = guerre ukrainienne financée. Zelensky l’a dit en termes explicites à ses interlocuteurs d’Axios, et il ne comprend pas pourquoi ses alliés n’en tirent pas les conséquences politiques qui s’imposent.
Le budget de guerre russe était sous pression en 2024. Les réserves en devises s’épuisaient. Le rouble était sous tension. Le programme de mobilisation coûtait cher. La guerre en Iran a donné à l’économie russe l’oxygène dont elle avait besoin pour tenir plusieurs années supplémentaires.
Les importations militaires russes facilitées par la distraction américaine
Avec Washington focalisé sur le conflit iranien, la surveillance des réseaux d’approvisionnement militaire russe s’est relâchée. Des composants électroniques qui transitaient par des pays tiers vers la Russie, des équipements militaires à double usage, des matériaux stratégiques : les flux qui avaient été partiellement interrompus par la pression américaine sur les pays tiers ont repris. Ce n’est pas dramatique en termes de volume. Mais sur le long terme, chaque composant importé est un missile de plus, un drone de plus, un véhicule blindé de plus sur le front ukrainien.
La guerre en Iran a distrait le gendarme américain. Et pendant qu’il regardait ailleurs, les contrebandiers de guerre russes ont repris leurs routes.
Russie et Iran : une alliance qui date de 2022
Les drones Shahed : le début d’une relation stratégique
La coopération militaire russo-iranienne a débuté formellement en 2022 avec les livraisons de drones Shahed-136. Ces engins, bon marché et produits en masse, ont transformé la capacité russe de frappe sur les infrastructures ukrainiennes. L’Ukraine a dépensé des centaines de millions de dollars en intercepteurs pour abattre des drones qui coûtaient quelques milliers de dollars l’unité. L’asymétrie économique de cette stratégie est l’une des plus efficaces de ce conflit.
Depuis 2022, la relation a évolué. Elle est devenue réciproque : l’Iran fournit des drones et des missiles à la Russie. La Russie fournit à l’Iran des renseignements, une couverture diplomatique au Conseil de sécurité, et maintenant — selon Zelensky — des images satellites de cibles pour ses frappes au Moyen-Orient.
Une alliance formalisée dans le silence
En janvier 2026, la Russie et l’Iran ont signé un traité de partenariat stratégique global, soigneusement présenté comme un accord de coopération économique et culturelle. Les observateurs militaires ont noté les chapitres moins visibles concernant le partage de renseignements et la coopération en matière de défense. Moscou et Téhéran ont construit une alliance formelle au moment précis où les deux pays faisaient face aux mêmes adversaires : l’Occident, les États-Unis, et leurs réseaux d’alliances.
Deux régimes sous sanctions, dos à dos. La force de cette alliance vient précisément de l’isolement que leurs adversaires leur ont imposé.
Ce que Zelensky demande concrètement
Une aide militaire maintenue malgré les priorités moyen-orientales
La demande de Zelensky est simple dans sa formulation, complexe dans son exécution : que les États-Unis et leurs alliés maintiennent les livraisons d’armes à l’Ukraine au même niveau qu’avant la guerre en Iran. Que les décisions de réallocation de munitions et d’équipements ne se fassent pas au détriment de Kyiv. Que la logique budgétaire et industrielle de Washington ne transforme pas la guerre en Iran en bonne nouvelle pour Poutine.
C’est une demande raisonnable. Elle s’est heurtée à la réalité industrielle : les lignes de production ne peuvent pas doubler leur capacité en quelques mois. Les choix doivent être faits. Et dans ces choix, l’Ukraine — guerre plus ancienne, médias moins focalisés — tend à perdre face aux urgences moyen-orientales plus immédiates pour l’opinion publique américaine.
Une pression diplomatique sur les alliés pour préserver le soutien
Zelensky multiplie les contacts au plus haut niveau pour prévenir ce glissement. Entrevues aux médias américains, déplacements dans les capitales alliées, partage de renseignements avec les pays du Golfe : chaque action diplomatique vise à maintenir l’Ukraine dans le débat stratégique global. À rappeler que la guerre en Europe n’est pas terminée. À empêcher que le conflit ukrainien ne devienne la «vieille guerre» dont les médias et les politiques se désintéressent au profit de la «nouvelle guerre» plus dramatique et plus directement menaçante pour les intérêts américains.
Rester visible quand le monde regarde ailleurs. C’est la tâche diplomatique la plus difficile de Zelensky depuis le début de ce conflit.
La dimension pétrolière : analyse des chiffres
Chaque point de prix du brut compte pour Moscou
Les économistes spécialisés dans l’économie de guerre russe ont calculé l’effet de chaque variation des prix du pétrole sur les finances de l’État russe. En simplifiant : chaque augmentation de 10 dollars par baril génère environ 15 milliards de dollars de revenus supplémentaires par an pour le Trésor russe. Si la guerre en Iran a provoqué une hausse de 20 à 30 dollars par baril par rapport aux niveaux d’avant-conflit, l’enrichissement annuel de la Russie se chiffre en dizaines de milliards de dollars.
Mis en perspective : l’aide militaire américaine à l’Ukraine pour l’année 2025 représentait environ 61 milliards de dollars. La hausse des prix pétroliers liée à la guerre en Iran compense une fraction significative de ce soutien. Poutine n’a pas à gagner sur le champ de bataille pour tenir. Il lui suffit de tenir jusqu’à ce que les ressources de ses adversaires s’épuisent ou se détournent.
La stratégie de l’épuisement économique russe
Moscou a toujours parié sur l’épuisement. Épuisement militaire de l’Ukraine. Épuisement politique de l’Europe. Épuisement financier des États-Unis. La guerre en Iran accélère chacun de ces épuisements simultanément. L’Europe voit ses factures énergétiques augmenter à nouveau. Les États-Unis financent deux guerres au lieu d’une. L’Ukraine reçoit moins de matériel que nécessaire. Poutine attend. Il peut se le permettre, avec ses revenus pétroliers en hausse et ses dépenses militaires qui restent soutenables.
La stratégie de Poutine n’est pas de gagner. C’est de faire durer jusqu’à ce que les autres abandonnent. Et il a maintenant les moyens financiers pour le faire.
L'Ukraine entre deux guerres qu'elle n'a pas choisies
Un conflit ukrainien qui perd sa centralité symbolique
En février 2022, l’invasion russe avait concentré l’attention mondiale comme peu d’événements depuis la Seconde Guerre mondiale. Les images de Boutcha, les colonnes de réfugiés, la résistance héroïque de Marioupol : l’Ukraine était au centre de l’écran. Quatre ans plus tard, la guerre ukrainienne est une réalité chronique, douloureuse mais familière. Et le conflit en Iran, plus récent, plus explosif dans ses effets immédiats sur les prix mondiaux et sur la sécurité des bases américaines, a pris sa place sur cet écran.
Zelensky le sait. Il le dit dans des termes directs à ses interlocuteurs. La compétition pour l’attention est aussi réelle que la compétition pour les munitions. Et dans les deux cas, l’Ukraine est en train de perdre du terrain.
Une solidarité européenne qui s’érode sous la pression économique
L’Europe subit les effets directs de la flambée pétrolière liée à la guerre en Iran. Les factures d’énergie augmentent pour les ménages et les entreprises. Les partis populistes qui prônaient depuis 2022 la réduction de l’aide à l’Ukraine utilisent maintenant les difficultés économiques liées au pétrole cher pour alimenter leur rhétorique. La solidarité européenne envers Kyiv, qui avait tenu malgré tout depuis 2022, commence à montrer des fissures dans plusieurs pays.
La solidarité européenne envers l’Ukraine a résisté à trois hivers difficiles. Le quatrième, avec le pétrole cher et l’Iran en feu, est peut-être le plus dur.
Ce que les alliés refusent d'entendre
La thèse de la connexion russo-iranienne reste contestée dans certaines capitales
Toutes les capitales alliées ne partagent pas l’analyse de Zelensky sur la profondeur de la coopération russo-iranienne. Certains gouvernements maintiennent que les deux conflits sont distincts, que la Russie aide l’Iran marginalement mais pas stratégiquement. Cette vision confortable permet d’éviter les conséquences politiques d’une reconnaissance de la connexion : si l’Iran et la Russie sont alliés stratégiques, alors aider l’Ukraine c’est aussi affaiblir l’Iran, et vice versa. Cette logique réclame une cohérence de politique étrangère que toutes les chancelleries ne sont pas prêtes à assumer.
Zelensky pousse dans cette direction. Il veut que ses alliés reconnaissent que la guerre en Ukraine et la guerre en Iran ne sont pas deux conflits séparés. Qu’elles sont deux fronts d’un même affrontement entre un bloc autoritaire — Russie, Iran, Corée du Nord, Chine en soutien logistique — et les démocraties. Ce cadrage est puissant. Il est aussi politiquement difficile à assumer pour des gouvernements qui préfèrent traiter chaque crise séparément.
Trump entre pragmatisme russe et pression iranienne
Pour l’administration Trump, la connexion russo-iranienne crée un dilemme particulier. Le président américain cherche simultanément un accord de paix en Ukraine — qui nécessite la coopération russe — et une résolution du conflit iranien — qui bénéficie aussi de l’influence russe sur Téhéran. Critiquer publiquement la Russie pour son aide à l’Iran compromettrait les deux négociations. La discrétion a été choisie. Ce choix, note Zelensky, profite à Moscou.
Trump veut deux accords avec la Russie comme intermédiaire. Et la Russie se fait payer deux fois pour jouer ce rôle.
La mécanique du bénéfice russe : synthèse
Cinq avantages simultanés que Moscou tire de la guerre en Iran
Zelensky a listé les bénéfices russes du conflit iranien avec la précision d’un analyste. Premièrement : distraction de l’attention américaine de l’Ukraine. Deuxièmement : hausse des prix pétroliers qui financent le budget de guerre russe. Troisièmement : levée partielle des sanctions sur le pétrole dans le cadre des arrangements liés au conflit. Quatrièmement : pénurie d’intercepteurs aériens pour l’Ukraine, détournés vers le Moyen-Orient. Cinquièmement : affaiblissement de la cohésion alliée en Europe sous l’effet des difficultés économiques liées à l’énergie chère.
Chacun de ces avantages est réel. Ensemble, ils forment une modification structurelle de l’environnement stratégique au bénéfice de la Russie. Zelensky demande à ses alliés de voir cette mécanique. Pas de l’accepter. De la voir, pour commencer à la contrer.
Ce que la Russie n’a pas prévu
Mais la guerre en Iran n’est pas que des bonnes nouvelles pour Moscou. Elle a aussi créé des complications. La rupture russo-israélienne, provoquée par le soutien russe à Téhéran, a coûté à Moscou un canal diplomatique précieux. Plusieurs pays arabes qui maintenaient des liens économiques avec la Russie ont pris leurs distances, ne voulant pas être associés au soutien iranien. Et la démonstration publique de la coopération militaire russo-iranienne a convaincu plusieurs gouvernements hésitants d’augmenter leur aide à l’Ukraine, précisément parce qu’ils comprennent maintenant que les deux conflits sont liés.
La Russie a maximisé ses bénéfices à court terme. Elle a peut-être fragilisé ses positions à long terme. L’histoire jugera lequel de ces deux effets aura pesé plus lourd.
L'Ukraine face à un contexte stratégique inédit
Tenir sans être le centre de l’attention
L’armée ukrainienne doit maintenant tenir ses lignes dans un contexte où l’attention mondiale est partiellement détournée, où les livraisons d’armes sont sous pression, et où l’économie de guerre russe se porte mieux qu’en 2024. C’est la configuration la plus difficile depuis le début du conflit. Pas la plus meurtrière — l’hiver 2022-2023 a été plus brutal. Mais la plus stratégiquement périlleuse, parce que les conditions structurelles se dégradent sur plusieurs axes simultanément.
L’armée ukrainienne répond avec ce qu’elle a : ses propres drones produits massivement, ses frappes sur les infrastructures pétrolières et logistiques russes, son industrie de défense qui monte en puissance. Elle ne peut pas contrôler les prix du pétrole mondial ou l’attention médiatique américaine. Elle peut contrôler la qualité de ses combattants et la précision de ses frappes.
La résistance comme argument diplomatique
Chaque jour que l’Ukraine tient ses lignes est un argument diplomatique. Il démontre que l’investissement allié n’est pas perdu. Il maintient Moscou dans une guerre coûteuse en hommes et en matériel. Il préserve la possibilité d’une position de force pour des négociations futures. Zelensky le sait : sa capacité à parler à Axios, à transmettre des renseignements à Netanyahou, à rencontrer des dirigeants du Golfe, repose sur le fait que son armée tient. Le jour où elle ne tient plus, il n’y a plus de diplomatie. Il n’y a que la capitulation.
La résistance militaire comme condition de la diplomatie. Sans l’une, l’autre n’existe pas.
L'avenir des relations russo-iraniennes après le conflit
Une alliance opportuniste ou structurelle ?
Les analystes divergent sur la nature profonde de l’alliance russo-iranienne. Pour les optimistes, c’est une alliance de circonstance, née de l’isolement commun, qui se fragmentera dès que les intérêts divergeront. Pour les pessimistes, c’est le début d’une recomposition profonde de l’ordre mondial, avec un axe autoritaire durable opposé aux démocraties. La réalité est probablement intermédiaire : une alliance fonctionnelle dans la crise, fragile sur le long terme, mais suffisamment solide pour changer l’équilibre des forces à court et moyen terme.
Ce qui est certain : la guerre en Ukraine a créé cette alliance. Sans elle, Téhéran et Moscou seraient restés des partenaires limités. Le conflit a transformé une relation d’opportunités en dépendance mutuelle. C’est peut-être l’une des conséquences géopolitiques durables de l’invasion russe de 2022.
Ce que Zelensky espère encore
Zelensky n’est pas défaitiste. Dans cette interview avec Axios, il ne demande pas la pitié. Il pose un diagnostic et réclame une réponse proportionnée. Il dit : nous voyons le mécanisme, nous comprenons comment Moscou profite de la situation, et nous vous demandons de ne pas le laisser faire. Le maintien du soutien militaire. La résistance aux pressions de levée des sanctions. La reconnaissance publique de la coopération russo-iranienne et de ses implications.
Zelensky ne demande pas de miracle. Il demande de la cohérence. C’est souvent plus difficile à obtenir.
Conclusion
La thèse de Zelensky est rigoureuse et vérifiable : la guerre en Iran bénéficie à la Russie. Le pétrole cher finance Poutine. Les intercepteurs alloués au Moyen-Orient manquent à Kyiv. L’attention américaine se détourne. Les sanctions s’allègent. Cette mécanique n’est pas une théorie. C’est une réalité arithmétique que les chiffres confirment mois après mois.
Et pourtant, les capitales alliées continuent de traiter les deux conflits comme indépendants. Elles maintiennent la fiction de deux guerres séparées parce que les reconnaître comme liées implique des conséquences politiques qu’elles ne sont pas prêtes à assumer. Zelensky, lui, n’a pas ce luxe. Pour lui, tout est lié. Et il le répète, inlassablement, dans chaque interview, chaque sommet, chaque appel téléphonique. En espérant que quelqu’un, quelque part, finira par vraiment l’entendre.
Signé Maxime Marquette
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